La cheffe caquiste Christine Fréchette n’ose pas pencher du côté de l’Union des producteurs agricoles (UPA) dans son opposition au projet Alto, le controversé TGV que veut bâtir le gouvernement fédéral notamment sur des terres agricoles dans le secteur de Mirabel et des Basses-Laurentides.
En visite au siège de l’UPA à Longueuil mercredi, Mme Fréchette, qui appuie le projet Alto, a été interpellée par le président régional de l’UPA Outaouais-Laurentides, Stéphane Alarie.
«Moi, à la base, je trouve que c’est un projet quand même de grande ampleur, avec beaucoup d’impact sur le plan économique et il faut le voir sous cet angle-là», a-t-elle répondu en mêlée de presse après la rencontre.
«Ce n’est pas forcément un bon projet et une bonne priorité pour le Québec», a affirmé M. Alarie, qui a fait valoir qu’il décourage des jeunes de se lancer en agriculture.
Des projets d’investissements sont même retardés, a-t-il ajouté.
«Les gens ne sont pas au courant que c’est qu’un train à haute vitesse et de ce qu’il peut amener dans notre réalité, la déstructuration de notre réalité. Ce projet-là, il manque de transparence.»
La cheffe de la CAQ a demandé à ce que les discussions assidues et répétées se poursuivent entre Alto et le milieu agricole.
Elle a tenté de se montrer rassurante en rappelant que le tracé actuel n’est pas définitif.
«Il faut s’assurer que le développement du tracé tienne compte des gens du milieu agricole qui ont des réserves importantes à l’égard de ce projet», a-t-elle conclu.
Mme Fréchette a souligné que les habitants de Mirabel ont déjà été particulièrement marqués dans leur Histoire par l’expropriation menée par le fédéral pour la construction de l’aéroport de Mirabel.
Le projet Alto est cher au gouvernement fédéral de Mark Carney, avec lequel le gouvernement Fréchette entretient de bonnes relations, ce qui pourrait expliquer la réserve dont elle fait preuve et la position délicate dans laquelle elle se trouve.

