Ce n’est pas l’heure des «bonbons» électoraux ni des baisses d’impôts «séduisantes», clame Charles Milliard. Le chef libéral a présenté dimanche son cadre financier dans lequel il propose un retour au «réalisme économique».
Les promesses libérales sont évaluées à 12 milliards $ et l’atteinte à l’équilibre budgétaire est fixée à 2029-2030.
Les libéraux sont conscients du trou de 6 milliards $ dans les finances publiques. On assure être capable de le combler et de payer les promesses en réformant l’État, en recentrant certains crédits d’impôt, et en encadrant le jeu en ligne illégal, notamment.
On prévoit aussi une augmentation de 4,36 milliards $ des transferts fédéraux d’ici 2030-2031.
«Ce n’est pas le temps des dépenses électorales bonbons ou des baisses d’impôts, certes séduisantes, mais peu réalistes dans le contexte actuel.»
— Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec
Rappelons que Charles Milliard s’est engagé à couper 12 000 fonctionnaires. Il a réitéré que les services à la population en santé, en éducation et en culture ne seront pas affectés.
Pas peur de l’austérité
Pour les cinq prochaines années, les dépenses des ministères augmenteront de seulement 2,4 % en moyenne. Charles Milliard a assuré que ce n’était pas de l’austérité.
«Je n’ai pas peur du tout du mot austérité parce que ce n’est pas de l’austérité qu’on propose. C’est un retour à un réalisme économique», a-t-il indiqué.
Il accuse la CAQ d’avoir «plombé les finances publiques dans les huit dernières années».
Le cadre prévoit des provisions pour éventualités de 4 milliards $ en raison de l’imprévisibilité liée à la guerre tarifaire de Donald Trump.
Les libéraux veulent aussi mettre fin au remboursement de la taxe de bienvenue et au congé de taxe pour certains aliments – des mesures mises en place par la CAQ. On croit pouvoir récupérer plus de 980 millions $ sur 5 ans.
Le Parti libéral du Québec s’est engagé à rehausser le Programme québécois d’infrastructures (PQI) à 195 milliards $ sur 10 ans à partir de 2027. Pour le ministre des Finances caquiste, Eric Girard, c’est trop.
«Il faut respecter la capacité de payer des Québécois et le niveau d’endettement», a-t-il affirmé en mêlée de presse.
Eric Girard a toutefois félicité les libéraux pour s’être engagés à consacrer 75 % du PQI au maintien des actifs.
«Je remarque que leur cadre financier est inspiré du nôtre dans sa taille et ses sources de revenus», a-t-il noté.
Québec solidaire compte aussi abolir le remboursement de la taxe de bienvenue. Le parti de gauche propose plutôt d’offrir un prêt pouvant aller jusqu’à 50 000 $ aux premiers acheteurs pour qu’ils puissent rembourser leur mise de fonds.
Le Parti québécois (PQ) va révéler ses intentions sur cette taxe lors du dévoilement de son cadre financier mardi. Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a tout de même affirmé que le cadre financier du PLQ était «plus crédible» que ceux des autres partis.
Charles Milliard se montre
L’autobus libéral s’est d’ailleurs refait une beauté dimanche. Le visage de Charles Milliard, absent au début de la campagne, a été ajouté sur la caravane du parti.
«Je pense que les Québécois veulent connaître les personnes qui aspirent à la fonction de premier ministre. Donc, je reconnais qu’être sur l’autobus, qui est un outil de publicité incroyable, c’était la décision à prendre», a-t-il dit.
Au jour 1 de la campagne, Charles Milliard avait affirmé que «le culte du chef» ne devait pas être l’enjeu de la campagne. Il misait plutôt sur «le culte de l’équipe».
Correction
La Presse Canadienne écrivait que Québec solidaire compte aussi abolir la taxe de bienvenue. En fait, Québec solidaire compte abolir le remboursement de la taxe de bienvenue. Le parti de gauche propose plutôt d'offrir un prêt pouvant aller jusqu'à 50 000 $ aux premiers acheteurs pour qu'ils puissent rembourser leur mise de fonds.
