Le chef libéral Charles Milliard sent qu’il a les mains liées quant aux promesses électorales qui impliqueraient de nouvelles dépenses en raison de la situation des finances publiques actuelles.
«Je ne vais pas délier les cordons de la bourse si les pièces d’or en tombent. (...) L’état des finances publiques en ce moment rend impossible, pour tous les partis politiques sensés, d’avoir 150 pages de promesses dans cette campagne électorale», a-t-il affirmé en point de presse lundi à Belœil.
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Selon le chef libéral, les Québécois sont «prêts à se faire dire la vérité» et «ne souhaitent pas être dans un monde de licornes et d’arc-en-ciel».
«On a une situation économique difficile. On a une guerre tarifaire qui pèse sur nous. On a des enjeux de main-d’œuvre», a ajouté Charles Milliard.
Rappelons que le gouvernement caquiste a cumulé les déficits durant ses années au pouvoir.
Le cadre financier présenté par la Coalition avenir Québec (CAQ) dimanche prévoit plus de 9 milliards $ de promesses et un trou de près de 6 milliards $ à résorber. Malgré tout, la cheffe caquiste Christine Fréchette a assuré qu’elle gardait le cap sur le retour à l’équilibre budgétaire pour 2029-2030.
Pour l’instant, les coûts des engagements électoraux des libéraux ne sont pas encore connus. Le chef libéral assure que tout sera dévoilé dans son cadre financier qui sera présenté durant la campagne électorale.
«On fait des annonces, qu’on a chiffrées, et on va arriver avec un cadre financier qui, bien sûr, va tenir compte de toutes ces réalités-là», a-t-il expliqué.
Selon la vérificatrice générale, Christine Roy, près de 70 % des efforts budgétaires à fournir tomberont dans la cour du prochain gouvernement. Deux milliards de dollars seront nécessaires dès l’an prochain.
«Je trouve ça dangereux»
Le chef libéral a poursuivi sa cinquième journée de campagne avec une rencontre avec la présidente de la FTQ, Magali Picard.
Cette dernière a lancé un avertissement aux partis politiques en affirmant que si le prochain gouvernement choisissait la voie de «l’austérité», ce serait une «catastrophe».
«Nous sommes en guerre et la dernière chose qu’il faut faire, c’est de commencer à parler d’équilibre budgétaire et d’austérité. (...) Des politiciens qui nous font croire qu’ils vont être capables de réduire les taxes, de couper dans l’État québécois et dans les services publics, je trouve ça dangereux de tenir ce genre de discours là», a-t-elle affirmé en mêlée de presse juste avant la rencontre.
«On va proposer un plan de retour à l’équilibre budgétaire dans les prochains jours et Mme Picard est bien avisée que la primauté du service public et la protection des travailleurs, c’est très important», a dit le chef libéral au sortir de sa rencontre avec la présidente de la FTQ.
Crise du logement
Charles Milliard a aussi fait une annonce sur le logement lundi. Pour enrayer la crise dans ce secteur et atteindre son objectif de construire 100 000 nouveaux logements annuellement, le chef libéral veut miser sur le préfabriqué.
Les libéraux proposent d’«établir une cible de 50 % des logements construits avec du financement provenant de la Société d’habitation du Québec (SHQ) réalisés grâce au préfabriqué».
On veut aussi mettre sur pied un programme de prêts sans intérêt par le biais d’Investissement Québec pour que les entreprises qui font de la construction préfabriquée se modernisent.
Charles Milliard compte aussi donner des «leviers financiers supplémentaires» aux municipalités qui accordent des permis de construction résidentiels rapidement. Un gouvernement libéral accompagnerait celles qui sont plus lentes afin qu’elles accélèrent le pas.
«Il faut arrêter de perdre du temps. Il y a des entrepreneurs qui veulent construire. Il y a des municipalités qui veulent développer. Il y a des projets qui sont prêts à avancer. Tout le monde attend et ça suffit!» a lancé le chef libéral après une visite des locaux des Industries Bonneville qui font des maisons préfabriquées.
Le Parti libéral du Québec (PLQ) propose aussi de reporter le paiement de l’impôt sur les gains en capital des investisseurs immobiliers québécois «lorsqu’ils réinvestissent leurs bénéfices dans la construction de nouveaux logements».
«Le report sera permis jusqu’à concurrence d’un million de dollars», indique le communiqué du parti.
Les libéraux veulent aussi former davantage de main-d’œuvre dans le domaine de la construction.
Le chef libéral souhaite s’associer avec le milieu universitaire afin de créer «un observatoire québécois de l’habitation» qui aura pour objectif de colliger des données sur le logement.
Charles Milliard a profité de son annonce pour écorcher sa rivale caquiste.
«Christine Fréchette voudrait nous convaincre que cette crise-là est derrière nous. On ne règle pas une crise simplement en décrétant qu’elle n’existe plus, on la règle en agissant», a-t-il raillé.
Charles Milliard a terminé sa journée par une visite de l’Aéroport métropolitain de Montréal.

