L’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) est encore une fois décriée alors que les conseils de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et celle de Québec (CMQuébec) font front commun pour réclamer une clause de droits acquis pour les personnes immigrantes déjà établies dans le Grand Montréal et la grande région de Québec.
Signe que le sujet est important: c’est la première fois de leur histoire que les deux communautés adoptent une résolution commune.
«En abolissant le PEQ sans mesures transitoires, le gouvernement du Québec renie l’engagement qu’il a pris auprès de dizaines de milliers de personnes.»
— Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal et présidente de la CMM
La CMM et la CMQuébec sont d’avis que la disparition du PEQ aura des conséquences majeures sur le dynamisme et l’attractivité économique de Montréal et de Québec, «à l’heure même où la guerre commerciale déclenchée par l’administration américaine cause beaucoup d’incertitude économique et une chute des exportations».
«Le rayonnement international, la planification de la main-d’œuvre et la rétention des talents au sein du Grand Montréal et de la grande région de Québec sont aussi durement touchés par l’abandon du PEQ», soulignent jeudi les deux communautés dans un communiqué.
La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et la Communauté métropolitaine de Québec (CMQuébec) sont ainsi unies dans leur volonté de garder les travailleuses et les travailleurs arrivés au Québec grâce au PEQ.
«Ces personnes sont scolarisées, formées localement, déjà logées, parlent français et contribuent activement à la vie sociale et économique des régions métropolitaines de Montréal et de Québec», plaident les communautés.
«Leurs départs auraient des répercussions importantes sur nos services publics, sur nos entreprises et sur l’économie du Québec en entier, en particulier dans le contexte démographique actuel [...]», a affirmé Bruno Marchand, maire de Québec et président de la Communauté métropolitaine de Québec.
La CMM et la CMQuébec demandent au gouvernement du Québec de revoir sa décision et réclament l’instauration d’une clause de droits acquis pour les personnes ayant entrepris des démarches ou étant déjà établies au Québec au moment de l’annonce de la fin du PEQ.
Les communautés exigent également que Québec maintienne des mécanismes efficaces de transition vers la résidence permanente qui reconnaissent la valeur de l’expérience québécoise.
«Le Grand Montréal accueille une grande part de la main-d’œuvre immigrante du Québec et la majorité de la population étudiante étrangère. Sans une immigration soutenue, le Grand Montréal ne pourra pas maintenir la croissance de sa démographie ni de son économie [...] », a plaidé dans un communiqué Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal et présidente de la Communauté métropolitaine de Montréal.
Plusieurs mécontents
Le gouvernement du Québec a aboli le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) en novembre dernier.
Lancé en 2010 ce programme offrait aux étudiants étrangers et aux travailleurs étrangers temporaires une voie rapide vers la résidence permanente tout en respectant certaines conditions.
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Selon diverses sources, le gouvernement aurait mis fin au PEQ «afin de contrôler le nombre de candidats acceptés».
Depuis, divers intervenants - venant autant de la des gens bénéficiant du PEQ que de la population en générale en passant par les milieux communautaires, le monde des affaires et diverses instances politiques, notamment des villes - demandent au gouvernement d’accorder une clause de droits acquis aux personnes qui répondaient aux critères du PEQ et qui ont déjà construit leur vie au Québec.
Il y a quelques jours, le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, à annoncer que son ministère va «évaluer différents scénarios» pour permettre une «période de transition» entre deux programmes d’immigration: le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).
Avec des informations de Jean-François Poudrier pour Noovo info, de CTV News et de La Presse canadienne.

