Le premier ministre élu du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, et la première ministre sortante, Christine Fréchette, ont discuté économie, emploi et entente hydroélectrique de Churchill Fall avec Terre-Neuve-et-Labrador, mardi, dans le cadre d’un entretien pour effectuer la transition.
Comme convenu, la rencontre a eu lieu au ministère du Conseil exécutif, dans l’édifice Honoré-Mercier, à Québec, au bureau de la première ministre, et a duré un peu moins d’une cinquantaine de minutes.
À la sortie, ils ont tous deux formulé une déclaration, sans répondre aux questions.
«On a touché à toutes sortes de sujets urgents et sensibles», a affirmé M. St-Pierre Plamondon.
«C’est l’économie, les relations avec les États-Unis, les données sur certaines entreprises, le chômage, et Churchill Falls», a-t-il précisé.
«Je sors de cette rencontre très satisfait, a-t-il conclu en remerciant l’équipe de Mme Fréchette. On est devant un scénario de transition qui est ordonné, sous le signe de la collaboration.»
«C’est important d’assurer une transition coordonnée, adéquate, a pour sa part déclaré Mme Fréchette. Nos équipes vont échanger des informations pour la suite des choses.»
L’équipe de M. St-Pierre Plamondon ne pourra pas emménager officiellement dans Honoré-Mercier avant que le nouveau premier ministre prête serment avec son cabinet le 21 octobre.
Mais, d’ici là, ce sera d’abord au tour des députés péquistes de prononcer le serment envers le peuple du Québec à l’Assemblée nationale, jeudi.
Rappelons que le 5 octobre dernier, le Parti québécois a fait élire 59 députés sur 127 sièges, le groupe parlementaire le plus imposant en Chambre, ce qui fait qu’il formera le prochain gouvernement, mais minoritaire.
Avec 40 députés, le Parti libéral formera l’opposition officielle. Les autres banquettes de l’Assemblée nationale seront occupées par 19 députés du Parti conservateur et 9 élus de Québec solidaire.
La Coalition avenir Québec (CAQ), qui formait le gouvernement depuis 2018, a été complètement rayée de la carte. Pendant la soirée électorale, Mme Fréchette a dit prendre «l’entière responsabilité» de la défaite subie par son parti. Le lendemain, elle a annoncé sa démission à titre de cheffe de la CAQ.
Engagements des 100 jours
À la fin de la campagne, M. St-Pierre Plamondon avait déjà établi ses priorités pour les 100 premiers jours d’un gouvernement péquiste.
Il avait alors fait savoir qu’il allait d’abord débloquer un budget spécial pour l’itinérance, avant l’arrivée du temps froid, en phase avec son engagement d’ajouter 1 milliard $ sur quatre ans dans la lutte à l’itinérance.
Il voulait aussi bouger rapidement pour retirer la TVQ sur les biens d’occasion, de même que pour baisser la taxe sur l’essence, qui équivaut à une réduction de sept cents par litre.
Il entendait aussi investir 100 millions $ pour contrer l’insécurité alimentaire.
M. St-Pierre Plamondon voulait en outre mettre sur pied un secrétariat à l’efficacité gouvernementale pour réduire la bureaucratie et lancer un audit sur les projets informatiques du gouvernement.
Il prévoyait également déposer une nouvelle planification sur l’immigration pour «reprendre le contrôle» et entreprendre des États généraux sur l’éducation.
Churchill Falls
Concernant l’entente sur l’accroissement de la capacité hydroélectrique du fleuve Churchill conclue avec Terre-Neuve-et-Labrador, un engagement de 50 ans pour le Québec, la CAQ de Mme Fréchette avait accusé M. St-Pierre Plamondon de vouloir la déchirer, mais il avait démenti en campagne électorale.
Il avait plutôt laissé entendre qu’il souhaitait procéder avec diligence et «vérifier chaque détail pour être certain que ce soit bel et bien l’intérêt du Québec qui a été servi, mais, dans la mesure où l’entente est bonne, nous, on n’a pas intérêt à la déchirer pour la déchirer».
Cela contrastait avec sa réaction lors de la signature par le premier ministre François Legault du premier protocole d’entente avec le gouvernement terre-neuvien, en décembre 2024, ayant mené par la suite à l’entente finale.
M. St-Pierre Plamondon avait alors affirmé que c’était «humiliant pour le Québec».
L’accord garantit au Québec un approvisionnement de 10 000 mégawatts sur 50 ans, soit jusqu’en 2077.
Hydro-Québec investirait 45 milliards $ pour le développement d’une nouvelle centrale hydroélectrique à Gull Island (2700 mégawatts), l’augmentation de la puissance de la centrale actuelle de Churchill Falls (1275 mégawatts), ainsi que le transport de l’électricité.
