Paul St-Pierre Plamondon a annoncé que le conseil des ministres serait annoncé le 21 octobre prochain. Cela lui laisse encore un peu de temps pour résoudre son casse-tête, car oui, composer un conseil des ministres n’a rien de simple.
Voici quelques considérations lorsque vient le temps de concevoir le Cabinet.
Les bonnes compétences aux bons endroits
La priorité devrait d’abord de mettre des gens compétents dans les bons postes afin de s’assurer de politiques publiques de qualité. Cela prend non seulement la formation et l’expérience professionnelle adéquates, mais aussi un sens politique pour naviguer à travers les embûches sur le chemin de l’atteinte des objectifs que l’on s’est fixés.
Parfois, le CV est impressionnant, mais les qualités humaines, politiques ou communicationnelles sont moins présentes. Ou alors ça ne clique pas beaucoup avec le chef… ce qui finira par créer des frictions contre-productives. C’est tout ceci qui est mis dans la balance lorsqu’un général évalue ses soldats.
PSPP n’est pas parvenu à faire élire tous ses candidats, et, parmi les défaits, il y en avait certains qui étaient presque certains de se retrouver parmi les ministres : René Branchaud (Champlain), Alex Boissonneault (Arthabaska-L’Érable), et Pascal Paradis (Jean-Talon), par exemple.
Représentativité régionale
Parlant de Pascal Paradis…
Le conseil des ministres doit idéalement représenter toutes les régions. Il arrive néanmoins que le parti qui gagne n’ait pas de députés partout. Dans ce cas, on nomme un ministre régional le plus proche possible. La région de la Capitale-Nationale n’a fait élire aucun député péquiste, le premier ministre n’a pas caché son embêtement la semaine dernière lorsque questionné sur cet enjeu. Depuis, les spéculations vont bon train.
Mais qu’advient-il quand vous avez des élus dans les régions, mais que vous ne souhaitez pas nommer aucun de ces élus au conseil des ministres ? Vous vous rappelez quand François Legault n’avait pas nommé de ministre en Abitibi-Témiscamingue ? La pilule avait très mal passé. Gageons que St-Pierre Plamondon ne souhaite pas répéter cette erreur…
La parité
On s’attend bien sûr à ce que les conseils des ministres soient désormais dans la zone paritaire. Selon les victoires et les défaites et les autres considérations énumérées ci-haut, ça peut parfois constituer un défi.
Le PQ a fait élire 28 femmes sur 59 députés, le premier ministre aura donc une banque paritaire de députés dans laquelle piger.
Récompenser les loyaux
Qui était là quand c’était plus difficile ? Qui a pris le risque de se présenter quand les sondages étaient au plus bas, par exemple lors de l’Élection de 2022 ? Paul St-Pierre Plamondon doit aussi démontrer à ses fidèles qu’il ne les jette pas comme de vieilles guenilles pour des candidats qui se sont joints dans les jours plus lumineux.
En coulisse
Le conseil des ministres fait l’objet d’une opération de communication très visible, mais il y a des gestes importants qui paraissent moins, mais qui auront un impact important sur la bonne marche du gouvernement.
Lors de la nomination des ministres, quand les députés arrivent à pied et repartent en voiture de fonction, on leur attribue un directeur ou une directrice de cabinet. Le nouveau premier ministre doit ainsi trouver un gestionnaire efficace parmi les troupes péquistes pour gérer des cabinets. Il n’est pas rare que plusieurs des premières nominations s’avèrent temporaires… les mouvements sont souvent à prévoir dans les cabinets dans les premiers mois.
Certains candidats défaits le 5 octobre occuperont sans doute certains de ces postes de direction.
Le défi de trouver des employés politiques efficaces est encore plus grand en contexte de gouvernement minoritaire. Plusieurs personnes compétentes peuvent être plus hésitantes à lâcher un emploi intéressant pour quelques mois.
Puis d’autres mouvements seront à prévoir, cette fois dans l’appareil administratif. En effet, on peut s’attendre à des changements et des nominations du côté des sous-ministres et autres hauts fonctionnaires afin de compléter les troupes qui mettront en œuvre le programme du Parti Québécois.
En fin de semaine, j’ai fait mon pool de conseil des ministres pour le plaisir. Laissez-moi vous dire que ça n’a pas été facile ! Alors, je souhaite la meilleure des chances à Paul St-Pierre Plamondon. Et vous, vos prédictions ?
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