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Réinvestissement en santé: Carney demande des gains de productivité

La proportion du financement fédéral en santé décroît d’année en année alors que les besoins ne cessent d’augmenter.

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Le premier ministre Mark Carney s'exprime lors d'une conférence de presse à Charlottetown, le jeudi 23 juillet 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Darren Calabrese Le premier ministre Mark Carney s'exprime lors d'une conférence de presse à Charlottetown, le jeudi 23 juillet 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Darren Calabrese (Darren Calabrese/La Presse canadienne)

Le premier ministre Mark Carney exige des gains de productivité avant de réinjecter des fonds fédéraux dans le système de santé des provinces.

Il a ainsi répondu jeudi à ses homologues provinciaux qui réclament à grands cris un réinvestissement majeur d’Ottawa.

La proportion du financement fédéral en santé décroît d’année en année alors que les besoins ne cessent d’augmenter, ce qui soumet les gouvernements des provinces à «des pressions financières insoutenables», ont plaidé les premiers ministres provinciaux d’une seule voix.

Alors qu’Ottawa a déjà assumé la moitié des coûts du système de santé au pays, le Transfert canadien en matière de santé (TCS) versé par le fédéral ne couvre plus que 20,8 % des dépenses publiques en santé en 2026-2027, selon le plus récent budget du gouvernement Fréchette.

En conférence de presse à Charlottetown au terme d’une séance de travail d’une journée avec les premiers ministres des provinces, M. Carney a fait valoir qu’il reste du temps pour négocier des ententes avec les provinces et que les ministres des Finances et de la Santé de la fédération se mettront à l’oeuvre.

«Il faut chercher des occasions pour augmenter la productivité dans le secteur de la santé et prendre les décisions avec toute l’information requise», a-t-il fait valoir au côté de ses collègues des provinces, sur une estrade au palais des congrès de la capitale de l’Île-du-Prince-Édouard.

M. Carney a tenu à indiquer que la santé est dans les champs de compétence des provinces, omettant toutefois de rappeler que le fédéral verse du financement en fonction du respect des critères de sa propre Loi canadienne sur la santé (universalité, accessibilité, transférabilité, intégralité, gestion publique).

Les premiers ministres des provinces n’ont pas fixé explicitement à quelle proportion ils souhaitaient voir le financement fédéral s’établir pour les prochaines années, par exemple 25 % ou 35 %.

M. Carney ne s’est pas risqué non plus à évoquer quelque engagement que ce soit en prévision de son prochain budget qui sera déposé à l’automne.

Mais mercredi, la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, avait rappelé sur le ton de la récrimination qu’autrefois, Ottawa finançait la moitié des coûts du système de santé.

De même, le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, avait évoqué son espoir de retourner à 50 % idéalement (de financement fédéral) comme c’était le cas historiquement.

La semaine dernière, lors d’une rencontre avec ses homologues provinciaux et fédéraux qui s’est tenue aussi à Charlottetown, le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, a milité pour l’augmentation de l’enveloppe du TCS et son vis-à-vis fédéral, François-Philippe Champagne, s’était montré «très ouvert», selon les renseignements fournis par une porte-parole à La Presse Canadienne.

Ottawa avait consenti lors de la dernière entente 2016-2017 à une hausse d’environ 4 % du TCS. Dans son budget de 2023, le fédéral a garanti une hausse de 5 % du TCS pour les cinq années suivantes.

M. Girard a demandé à ce que certaines enveloppes fédérales dédiées particulièrement à la santé mentale et aux soins à domicile soient reconduites, puisqu’Ottawa n’a pas manifesté clairement son intention de renouveler ces engagements financiers.

Autre objet de préoccupation pour le Québec: une entente asymétrique en santé signée en 2017 par le Québec qui a permis d’obtenir 2,5 milliards $ du fédéral sur 10 ans sans conditions vient à échéance l’an prochain.

En 2016-2017, le précédent gouvernement Couillard réclamait au moins un plancher de financement fédéral de 25 % en santé, mais en vain, puisque la proportion a glissé à 23 % et devrait être réduite à autour de 20 %.

Dans son budget 2026-2027 déposé au printemps dernier, le gouvernement caquiste avait établi un constat clair et fait valoir ses récriminations.

«Le Québec demande une augmentation plus importante du TCS, peut-on lire. Les sommes annoncées en santé par le gouvernement fédéral en février 2023 sont nettement insuffisantes. Or, le budget fédéral présenté le 4 novembre 2025 ne contenait aucun rehaussement du TCS.»

Le budget de M. Girard rappelait que «la part du TCS dans les dépenses de santé des provinces et territoires s’établira à 20,8 % en 2026-2027, alors qu’elle était de 23,2 % en 2016-2017. Qui plus est, cette part ira en diminuant à compter de 2028-2029, et ce, en raison du fait que l’augmentation annuelle minimale du TCS diminuera de 5 % à 3 % à compter de 2028-2029».

Le document rappelait que le gouvernement demande formellement une hausse minimale du TCS à 5 % par an au delà de 2027-2028.

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste