Le chef conservateur Pierre Poilievre a refusé, mercredi, de dire s’il considère que le seuil pour remporter un référendum sur la souveraineté est de 50 % plus un, après que le premier ministre Mark Carney a jugé la veille que ce n’était pas le cas.
La question était pourtant claire. «Pourriez-vous nous dire si, du point de vue des conservateurs, la majorité dans un référendum sur la séparation c’est seulement et uniquement de 50 % plus un?» s’est-il fait demander lors d’un point de presse dans le foyer de la Chambre des communes.
Réponse: «Nous supportons l’unité canadienne. Et on va travailler pour unir le pays».
Interrompu pour lui demander de «répondre clairement» à la question, M. Poilievre a plutôt répété que les conservateurs comptent unir les Canadiens. Et il a ignoré une troisième question quant à la majorité de «50 % plus un».
Quelques minutes plus tôt, le chef du Nouveau Parti démocratique, Avi Lewis, cachait lui aussi mal son malaise.
«Je ne crois pas qu’il y aura un référendum sur l’indépendance. (...) Et la question de la marge de victoire dans un référendum, ça n’importe pas. (...) Maintenant, ça n’importe pas», a-t-il dit.
Chose certaine, ça importait pour les députés élus l’Assemblée nationale du Québec, si bien qu’après avoir déchiré leur chemise en journée, ils ont adopté à l’unanimité une motion affirmant que les Québécois ont le droit de décider de leur avenir «à la majorité absolue des voix, soit 50 % des votes déclarés valides plus un vote».
La controverse a éclaté, mardi, lorsque le premier ministre Carney a précisé, alors que personne ne lui demandait pourtant de se prononcer sur cela, qu’en vertu de la loi sur la clarté référendaire, une majorité claire, «ce n’est pas 50 % plus un».
Lors de la période des questions à Ottawa, mercredi, le Bloc québécois ne s’est pas gêné pour reprocher au premier ministre ses propos.
Déjà, avant de se rendre dans l’arène, le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, se demandait si le gouvernement Carney – qui ne tient qu’à un fil – est lui-même majoritaire si la majorité n’est pas de 50 % plus un.
«Il y a des gens qui sont pour la souveraineté. Il y en a qui disent “peut-être”, il y a des gens qui disent “plus tard”, il y a des gens qui disent “non”. Mais tous les Québécois sont convaincus qu’ils ont le droit de prendre leurs propres décisions», a-t-il ensuite déclaré dans la Chambre des communes.
Or, selon le ministre Dominic LeBlanc, qui a été désigné pour lui donner la réplique, les propos tenus par M. Blanchet démontrent que «le Bloc sont des experts à chercher la chicane, la division, des controverses, là où elles n’existent pas».
Quant aux libéraux, ils sont «tournés sur des enjeux qui sont importants pour les Québécois et tous les Canadiens», a-t-il ajouté.

