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Poilievre souhaite que Carney soit plus transparent dans ses demandes commerciales

«Si l’énergie et les minéraux ne vont pas servir de levier pour le Canada dans ces négociations, de quel levier M. Carney prétend-il disposer?»

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Le chef conservateur Pierre Poilievre parle à des journalistes à l'extérieur du Parlement canadien, le 29 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang Le chef conservateur Pierre Poilievre parle à des journalistes à l'extérieur du Parlement canadien, le 29 avril 2026. (Justin Tang/La Presse Canadienne)

Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, estime que le premier ministre Mark Carney doit expliquer aux Canadiens de quel moyen de pression dispose le pays face aux États-Unis dans le cadre des prochaines négociations commerciales.

Dans une interview accordée vendredi à la Presse canadienne, M. Carney avait rejeté l’idée selon laquelle l’énergie et les minéraux essentiels constitueraient un «moyen de pression» dans les négociations visant à renouveler l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

Mais M. Poilievre estime que M. Carney devrait exposer précisément les leviers de négociation dont dispose Ottawa et indiquer les exigences que le premier ministre formulera, alors que le Canada cherche à obtenir la suppression des droits de douane et le renouvellement de l’accord commercial.

«Si l’énergie et les minéraux ne vont pas servir de levier pour le Canada dans ces négociations, de quel levier M. Carney prétend-il disposer?», a demandé M. Poilievre lors d’une conférence de presse à Toronto, dimanche.

«Il est incapable de nous dire de quels leviers nous disposons, quelles demandes il formule, quels droits de douane il souhaite voir supprimés, ni même s’il parviendra à conclure un accord et quand.»

—  Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur du Canada

M. Carney affirme qu’il considère simplement ces secteurs comme de futures occasions commerciales avec les États-Unis — ou avec d’autres partenaires commerciaux.

«Je rejette cette interprétation selon laquelle il s’agirait d’un moyen de pression. Il s’agit plutôt de déterminer s’il est dans notre intérêt mutuel d’intensifier nos échanges commerciaux. Est-ce le cas ? Et si ce n’est pas le cas, nous avons d’autres options», a expliqué M. Carney vendredi lors de sa première entrevue avec La Presse Canadienne

Le premier ministre a déclaré que le Canada n’était pas sur le point de mettre fin à ce type d’échanges avec les États-Unis, mais a laissé entendre que la poursuite de l’intégration dans ces secteurs restait incertaine dans le contexte de la guerre commerciale en cours.

«Devrions-nous intégrer davantage nos marchés énergétiques à ceux des États-Unis à un moment où ils considèrent cela comme, je cite, un “moyen de pression”?» s’est-il interrogé.

Plus tôt dans la semaine, le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a averti un groupe de politiciens canadiens qu’Ottawa ne devrait pas tenter d’utiliser l’énergie comme levier dans les négociations commerciales.

Des sources ayant assisté à cette réunion ont déclaré à La Presse Canadienne que M. Greer avait affirmé qu’une collaboration accrue dans le domaine de l’énergie ne devait pas être subordonnée à des concessions de la part des États-Unis. M. Greer a également précisé que l’administration Trump ne cherchait pas à perturber les relations énergétiques entre les deux pays.

Le ministre des Ressources naturelles, Tim Hodgson, a déclaré il y a environ une semaine que l’énergie et les ressources naturelles du Canada constituaient «les atouts les plus solides du Canada» dans la renégociation de l’accord commercial.

M. Poilievre a déclaré que la stratégie conservatrice consisterait à «constituer une réserve stratégique massive de nos ressources énergiques et de nos minéraux et à l’utiliser comme levier pour obtenir un accès en franchise de droits à l’économie américaine».

Les négociations entre le Canada et les États-Unis visant à supprimer les droits de douane américains sur les secteurs canadiens de l’acier, de l’aluminium, de l’automobile et de la foresterie sont au point mort depuis l’automne dernier.

L’accord de libre-échange entre le Canada, le Mexique et les États-Unis (ACEUM) doit faire l’objet d’un examen obligatoire, qui doit s’amorcer d’ici le début de l’été.

Le pacte commercial continental approche quant à lui d’un examen obligatoire, qui devrait débuter d’ici cet été.

M. Greer a déclaré qu’il était peu probable que les États-Unis approuvent l’accord sans discussion en juillet, laissant entendre que des négociations plus longues étaient à prévoir.

M. Carney a déclaré le mois dernier que les droits de douane sectoriels américains restaient le principal «point d’irritation» commercial que le Canada devait éliminer.