Le ministre canadien du Commerce a déclaré que le gouvernement fédéral prévoyait de signer trois accords commerciaux majeurs avant la fin de l’année — avec le Mercosur, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est et l’Inde.
Le ministre du Commerce international, Maninder Sidhu, indique que le Canada envoie des équipes de négociateurs dans différentes régions du monde presque chaque semaine.
Il précise qu’une équipe s’est rendue la semaine dernière au Brésil pour négocier un accord de libre-échange avec le Mercosur, un bloc commercial sud-américain comprenant l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.
M. Sidhu espère que cet accord et ceux avec l’Inde et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est seront finalisés cette année.
Le premier ministre Mark Carney s’est entretenu vendredi avec le président argentin Javier Milei. Selon le compte rendu publié par le cabinet du premier ministre, les deux hommes ont salué les progrès réalisés dans les négociations menées en vue de conclure un accord de libre-échange entre le Canada et le Mercosur.
M. Carney aurait souligné le rôle du Canada en tant qu’investisseur de premier plan dans le secteur minier en Argentine, tout en mettant en avant les possibilités de consolider ce partenariat dans les domaines du commerce, des minéraux critiques, de l’énergie et des investissements.
Les libéraux visent à doubler les exportations hors des États-Unis au cours de la prochaine décennie.
La mise à jour économique du printemps du gouvernement indique que les exportations de biens et de services hors États-Unis auront augmenté de 33 milliards $ en 2025 par rapport à 2024, ce que M. Sidhu qualifie de «très prometteur».
M. Carney s’est rendu dans 25 pays au cours de 17 voyages à l’étranger depuis son arrivée au poste de premier ministre, en mars 2025. Il s’est notamment rendu en Chine et en Inde, deux pays qui ont entretenu des relations tendues avec le Canada au cours des dernières années.
Le ministre indien du Commerce, Piyush Goyal, viendra au Canada à la fin du mois de mai avec «l’une des plus importantes délégations», mentionne M. Sidhu en ajoutant que le premier ministre indien Narendra Modi n’en ferait pas partie.
Il dit que cette visite faisait suite à la récente mission commerciale du Canada en Inde.
«Ils souhaitent désormais venir au Canada pour explorer ces occasions», souligne M. Sidhu.
Le ministre canadien ne peut dire si un accord pourrait être signé avec l’Inde le mois prochain.
«Cela va prendre un certain temps, avance M. Sidhu. Nous venons tout juste de commencer les négociations. Je suis ambitieux quant à leur issue, surtout avec un pays aussi important que l’Inde. Toutefois, [au sujet des négociations à venir en mai], il s’agit davantage d’explorer les occasions.»
M. Sidhu dit que des entreprises indiennes sont intéressées par des investissements dans des projets énergétiques et miniers canadiens.
«L’Inde cherche à se procurer davantage d’énergie. En fait, elle aura besoin de 70 % d’énergie en plus d’ici 2040 et nous avons cette capacité, fait valoir le ministre. Il y a un réel appétit là-bas, surtout à cause de ce qui se passe au Moyen-Orient. Nous pouvons combler cet appétit.»
Il signale aussi que l’Inde a aussi besoin de plus d’uranium et plus de potasse.
Comme l’Inde a récemment signé des accords commerciaux avec l’Union européenne, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande, il faut s’assurer que les entreprises canadiennes restent concurrentielles, affirme M. Sidhu.
«Nous ne pouvons pas laisser passer cette chance. Nous devons nous assurer que nos entreprises bénéficient d’un accès préférentiel tout aussi important que celui dont jouissent certains de nos partenaires, ajoute-t-il. Pour rester concurrentiels, nous devons continuer à explorer la possibilité d’un accord de libre-échange avec l’Inde. Nous devons continuer à faire voyager ces délégations dans les deux sens pour vraiment faire progresser nos échanges commerciaux.»
M. Sidhu maintient que l’objectif est d’obtenir les meilleures conditions pour les Canadiens, et non de signer des accords «juste pour le plaisir de signer».
«Il faut s’assurer que nous obtenions de réels avantages.»

