Les premiers ministres du Canada et des pays nordiques ont convenu de poursuivre leurs efforts pour défendre la souveraineté dans l’Arctique et élargir les relations bilatérales en matière de commerce et d’investissement dans un monde où les moyens technologiques et le commerce sont de plus en plus utilisés comme «outils de coercition».
Le premier ministre Mark Carney a conclu dimanche sa première visite officielle en Norvège en participant à un sommet Canada-pays nordiques, réunissant également la Suède, la Finlande, le Danemark et l’Islande.
«À une époque marquée par des tensions géopolitiques accrues, des guerres et une multitude de crises, nous sommes unis dans la conviction que la coopération internationale, fondée sur le droit international et sur des valeurs et des intérêts communs, reste le meilleur moyen de renforcer notre sécurité et notre prospérité communes», peut-on lire dans la déclaration commune des dirigeants publiée après la réunion.
La déclaration commune des six dirigeants exprime leur engagement à accroître la coopération «afin d’assurer la sécurité et la souveraineté de nos populations et de bâtir les économies prospères et vertes de demain».
Ordre mondial
Lors d’une conférence de presse après la réunion, la première ministre danoise Mette Frederiksen a déclaré que l’ancien ordre mondial avait probablement disparu pour de bon.
«Nous devons donc construire quelque chose de nouveau: un ordre mondial fondé sur les valeurs que nous défendons», a-t-elle lancé.
Au cours de la conférence de presse des six dirigeants, les journalistes ont demandé s’ils étaient prêts à se mobiliser pour défendre le Groenland et le Danemark si un autre allié de l’OTAN tentait de s’emparer du territoire — une référence aux déclarations américaines sur la nécessité de prendre le contrôle de l’île pour des raisons de sécurité nationale.
M. Carney a rappelé que la souveraineté territoriale devait être respectée et que l’avenir du Groenland dépendait de son peuple et du Danemark.
«Nous soutiendrons cela par les mesures nécessaires, en tant que partenaire», a dit M. Carney. L’Union européenne et d’autres pays ont été clairs sur ces principes fondamentaux. Le principe de solidarité a contribué à créer un espace qui aurait toujours dû exister, pour être clair, afin de mettre en place un meilleur parapluie de sécurité dans l’Arctique. Nous sommes donc clairs sur notre position et nous continuerons à soutenir le Danemark et le Groenland.»
Le premier ministre norvégien Jonas Gahr Store et les autres dirigeants ont tous dit qu’ils soutenaient également le Groenland.
«Il s’agit des principes fondamentaux du droit international, de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale, qui ne sont pas simplement des concepts théoriques. Ce sont des réalités concrètes qui déterminent la manière dont nous préservons la liberté et la démocratie», a déclaré M. Store.
Ces réalités concrètes incluent les menaces militaires croissantes dans l’Arctique. M. Carney a déclaré que la Russie représentait la plus grande menace pour la sécurité physique, mais qu’il existait d’autres menaces «à plusieurs niveaux».
L’OTAN mène actuellement ses exercices d’entraînement biennaux «Cold Response», au cours desquels 32 000 soldats issus de 14 pays, dont les États-Unis, mènent une série d’exercices militaires dans le nord de la Norvège et de la Finlande.
«Nous devons comprendre que la Russie est notre plus grande menace, et qu’elle restera une menace pour les pays nordiques et arctiques. C’est pourquoi nous devons aller de l’avant pour renforcer ensemble la sécurité dans l’Arctique», a souligné le premier ministre finlandais Petteri Orpo.
M. Carney a été interrogé sur l’état d’avancement d’une offre conjointe germano-norvégienne visant à fournir des sous-marins au Canada, ainsi que sur la possibilité d’acheter des avions de chasse suédois Saab, et sur la question de savoir si ces sujets avaient été abordés lors de la réunion.
Le premier ministre canadien a répondu que les offres concernant les sous-marins — l’entreprise coréenne Hanwha étant l’autre concurrent — étaient actuellement à l’étude et a rappelé qu’il s’agissait d’un processus indépendant dans lequel il ne s’impliquerait pas.
M. Store a déclaré qu’il respectait le processus mis en place au Canada.
Avant la réunion avec les dirigeants nordiques, M. Carney a rencontré le ministre des Finances norvégien et le PDG de la Norges Bank.
Départ pour Londres
M. Carney a quitté la Norvège dimanche pour Londres, où il doit rencontrer le premier ministre Keir Starmer lundi.
Le cabinet du premier ministre a indiqué dimanche que M. Carney s’était entretenu avec M. Starmer en amont de la réunion de lundi.
Dans un communiqué, il est précisé que M. Starmer avait souhaité la bienvenue à M. Carney au Royaume-Uni et que les deux hommes avaient discuté du conflit au Moyen-Orient, «notamment de la crise humanitaire qui s’aggrave au Liban».
Une porte-parole de Downing Street a affirmé que les deux dirigeants avaient parlé de l’impact de la fermeture du détroit d’Ormuz sur la navigation internationale.
Les deux communiqués indiquent que les premiers ministres aborderont des questions bilatérales lors de leur rencontre de lundi.
Il s’agira de la septième rencontre entre les deux dirigeants en un peu plus d’un an.
M. Carney doit également rencontrer le roi Charles.
Après cela, le premier ministre restera en Europe pour ses vacances tandis que le reste de la délégation rentrera au Canada lundi. Il a souligné jeudi qu’il resterait en contact étroit avec son équipe tout au long de son congé.

