Le premier ministre Mark Carney affirme que les pays exportateurs comme le Canada n’ont pas besoin de disposer de réserves, à la suite de l’annonce faite par son ministre de l’Énergie selon laquelle le pays , fournirait 23,6 millions de barils de pétrole dans le cadre du plan de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) visant à soutenir les marchés énergétiques mis à mal par la guerre en Iran.
L’AIE, dont le Canada est l’un des 32 pays membres, a annoncé cette semaine qu’elle mettrait 400 millions de barils de pétrole à la disposition du marché mondial. Il s’agit de la plus importante libération de pétrole de l’histoire de l’agence établie à Paris, soit plus du double des quelque 183 millions de barils débloqués après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 — un record à l’époque.
«La règle veut que les importateurs disposent de réserves pour au moins 90 jours. Ce que nous faisons, c’est fournir du pétrole au marché mondial. Nous continuerons à le faire, car nous sommes un exportateur sûr, à faible risque, à faible coût et de plus en plus sobre en carbone», a déclaré M. Carney lors d’un point presse au Holmenkollen Skifestival, samedi.
M. Carney a précisé que cette contribution exigerait que le Canada augmente sa production de pétrole.
M. Carney s’est rendu à Holmenkollen, au nord d’Oslo, où il rencontrera des athlètes canadiens, notamment les olympiens Alison Mackie et Xavier McKeever, qui participent à la Coupe du monde de ski nordique de la Fédération internationale de ski (FIS).
Les médias canadiens ont été informés que M. Carney avait également rencontré le roi et la reine de Norvège, mais il s’agissait d’un événement privé.
Avant d’assister à la compétition de ski, M. Carney a tenu des réunions privées avec deux entreprises du secteur de l’énergie et un géant du transport maritime.
Un porte-parole de M. Carney a indiqué qu’il avait rencontré Equinor, une entreprise norvégienne spécialisée dans les énergies conventionnelles et propres, pour discuter du projet pétrolier Bay du Nord au large des côtes de Terre-Neuve.
«Cela permettra de fournir, non pas à court terme mais à moyen terme, du pétrole à très faible empreinte carbone en termes de production et de transport, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles ce projet est attractif», a déclaré M. Carney.
Equinor estime son investissement initial dans le projet Bay du Nord à 14 milliards $.
Un porte-parole du premier ministre a également indiqué que M. Carney avait rencontré des dirigeants de Landsvirkjun, la compagnie nationale d’énergie islandaise.
M. Carney a également rencontré Maersk, une compagnie maritime internationale responsable d’environ 15 % du trafic mondial de conteneurs, a précisé le porte-parole.
Le Canada a enregistré une perte de 84 000 emplois en février.
Interrogé à ce sujet, M. Carney a rétorqué que le pays avait créé 84 000 emplois nets au cours de l’année dernière.
«Deuxièmement, chaque mois, les salaires ont augmenté plus rapidement que l’inflation. En fait, vous avez constaté le mois dernier une croissance des salaires supérieure à 4 % Les Canadiens vont de l’avant. Il faudra plus de temps pour que cela se concrétise pleinement», s’est défendu M. Carney, soulignant que l’inflation avait «beaucoup» augmenté ces deux dernières années.
M. Carney a mentionné que le gouvernement allait de l’avant avec divers projets d’envergure, citant notamment les nouvelles bases militaires et la construction prochaine de l’autoroute de la vallée du Mackenzie, récemment annoncée à Yellowknife.
Le premier ministre a également vanté la création du Bureau des grands projets afin d’accélérer les autorisations pour les projets de développement national, mais un haut fonctionnaire s’adressant aux journalistes lors du voyage — à condition de rester anonyme — a déclaré que le bureau n’avait encore délivré aucune autorisation, mais que plusieurs projets étaient à l’étude
Après avoir encouragé les athlètes canadiens, M. Carney est ensuite retourné à Oslo pour une réunion de travail avec son homologue norvégien, Jonas Gahr Store. Au terme de celle-ci, les deux hommes ont publié un communiqué dans lequel ils s’engagent à collaborer étroitement sur divers sujets, comme les minéraux critiques, la sécurité dans l’espace et l’appui à l’Ukraine.
Ils ont aussi annoncé que le Canada et la Norvège, en collaboration avec l’Ukraine, organiseraient une conférence ministérielle à Toronto les 28 et 29 septembre 2026 pour assurer le retour des enfants ukrainiens déportés illégalement ou transférés de force par la Russie ainsi que des prisonniers de guerre et des civils détenus illégalement.
De hauts responsables gouvernementaux, s’adressant à la presse avant le voyage, ont indiqué que la réunion porterait sur les investissements étrangers, les énergies propres, les minéraux critiques, l’aérospatiale et l’intelligence artificielle.
Les deux dirigeants devraient également aborder la question de la sécurité énergétique mondiale, alors que la guerre en Iran continue de perturber les chaînes d’approvisionnement.
«Cette convergence de vues repose véritablement sur des fondements économiques clés», a déclaré M. Store lors du point de presse. Le premier ministre Carney a, cette année, donné un véritable nouvel élan à cette relation transatlantique. Et nous qualifions parfois le Canada de pays nordique honoraire.»
MM. Carney et Store doivent rencontrer dimanche les dirigeants de quatre autres pays nordiques.

