Le premier ministre suédois Ulf Kristersson a plaisanté en disant qu’il y aurait peut-être une place pour le Canada au sein de l’Union européenne, où il pourrait rejoindre des nations «partageant les mêmes valeurs» en tant que « pays le plus nordique au monde en dehors des pays nordiques».
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«L’Union européenne est évidemment une question de géographie, comme son nom l’indique», a affirmé M. Kristersson à Vassy Kapelos, animatrice de l’émission CTV Question Period, lorsqu’on lui a demandé son avis sur les commentaires d’autres dirigeants mondiaux selon lesquels le Canada devrait rejoindre l’UE.
«Mais c’est aussi une question de valeurs, et une question de savoir avec quels pays on aimerait s’intégrer sur différents plans», a-t-il ajouté en riant.
«Ce n’est donc pas à moi de le dire, mais l’Union européenne est un club très accueillant pour ceux qui partagent les mêmes valeurs.»
— Ulf Kristersson, premier ministre de la Suède
Le président finlandais Alexander Stubb a fait les manchettes le mois dernier lorsqu’il a évoqué la possibilité d’une adhésion du Canada à l’UE. Interrogé par Mme Kapelos à ce sujet lors d’une entrevue à l’émission CTV Question Period à l’époque, M. Stubb a précisé qu’il n’était pas à l’origine de cette idée, mais qu’il espérait que le Canada et l’UE puissent «être aussi proches que possible».
«Je vous accueillerais à bras ouverts, car je pense que vous êtes formidables, et vous vous intégreriez au système comme jamais auparavant», a dit le président finlandais à propos de ce scénario hypothétique.
Cette semaine, le premier ministre Mark Carney a annoncé son intention d’entamer des négociations en vue d’acquérir le GlobalEye, une plateforme de surveillance suédoise équipée d’avions Bombardier.
M. Kristersson a expliqué à Mme Kapelos que la capacité du constructeur Saab à convaincre le Canada d’utiliser des composants canadiens était «très importante», et a qualifié le projet d’achat du GlobalEye d’«effort conjoint entre le Canada et la Suède».
«Je pense que les deux entreprises sont extrêmement satisfaites de cette coopération approfondie, et nous voyons maintenant un très, très bon potentiel pour la renforcer», a-t-il déclaré. «Nous partageons les mêmes idées à bien des égards, je pense donc que nous avons de nombreuses bonnes raisons de coopérer encore davantage.»
Interrogé sur ce que cela révèle, selon lui, de l’état actuel des relations entre le Canada et la Suède, Kristersson a répondu que les pays ayant « des points de vue et des valeurs très similaires » doivent travailler ensemble dans « un monde turbulent ».
«C’est une blague qu’on fait en Suède: on dit que le Canada est le pays le plus nordique au monde en dehors des pays nordiques. Je ne sais pas si vous êtes d’accord avec ça, mais pour nous, c’est vraiment une façon de dire qu’on apprécie le Canada parce qu’on pense avoir tellement de points communs», a-t-il également ajouté.
GlobalEye: une «grande opportunité» pour accroître les exportations, selon Stephen Fuhr
Dans une entrevue avec l’émission CTV Question Period diffusée dimanche, le secrétaire d’État canadien chargé de l’approvisionnement en matière de défense, Stephen Fuhr, a indiqué que l’un des objectifs du Canada était d’accroître ses exportations dans le domaine de la défense, et que les négociations autour du système GlobalEye constituaient une «opportunité d’exportation assez importante».
«En fait, nous pourrions, nous verrons bien, exporter des appareils GlobalEye finis du Canada vers nos alliés avant même d’être prêts à utiliser cette capacité nous-mêmes», a dit M. Fuhr, qualifiant cela de «situation idéale».
«C’est une bonne décision à bien des égards », a également exprimé M. Fuhr au sujet des négociations sur le GlobalEye. «On avait identifié une capacité dont on avait besoin. Ce système répond à ce besoin. Et nous avons une stratégie industrielle de défense qui vise à fabriquer davantage ici au Canada, à soutenir les entreprises canadiennes, à soutenir les petites et moyennes entreprises ; nous mettons donc tout cela en œuvre dans le cadre de cet achat particulier.»
Le chef conservateur Pierre Poilievre a toutefois critiqué cette annonce. Lors d’une conférence de presse sur la Colline du Parlement cette semaine, on lui a demandé s’il craignait de perdre du terrain face à Carney auprès de l’aile conservatrice progressiste de son parti en matière d’engagements de défense.
«Ce que nous avons vu, ce sont beaucoup de promesses vaines de la part de Mark Carney, beaucoup de dépenses consacrées à la bureaucratie, aux achats et aux consultants», a indiqué M. Poilievre. «Beaucoup de grandes entreprises vont s’enrichir considérablement. Le problème, c’est que l’argent ne se traduit pas par de l’équipement entre les mains des soldats.»
«Nous appuyons à 100 % une augmentation des dépenses militaires, mais nous voulons que ces dépenses se traduisent par un meilleur équipement et de meilleurs résultats pour nos soldats, et non par une bureaucratie plus coûteuse, des marchés publics plus confus et davantage de profits pour les entrepreneurs multinationaux du secteur de la défense», a-t-il ajouté.
Le Canada, quant à lui, examine toujours une offre du fabricant suédois Saab visant l’achat de ses avions de chasse Gripen, alors que l’examen de l’achat des F-35 américains concurrents se poursuit.
Malgré l’échéance que s’était fixée l’ancien ministre de la Défense Bill Blair pour conclure cet examen d’ici la fin de l’été dernier, le premier ministre n’a toujours pas pris de décision, et M. Fuhr n’avait pas de calendrier actualisé.

