Politique

Le pays ne marchera pas si le gouvernement fédéral favorise les séparatistes, dit Eby

M. Eby a indiqué que c’est le message qu’il transmettra au premier ministre Mark Carney lors de leur rencontre mercredi.

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Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, s'exprime lors d'une conférence de presse devant le terrain de la Coupe du monde de la FIFA à Vancouver, en Colombie-Britannique, le mardi 12 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Ethan Cairns Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, s'exprime lors d'une conférence de presse devant le terrain de la Coupe du monde de la FIFA à Vancouver, en Colombie-Britannique, le mardi 12 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Ethan Cairns)

«Le Canada ne peut pas fonctionner si les premiers ministres séparatistes accaparent toute l’attention du gouvernement fédéral», a déclaré mardi le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby.

M. Eby a indiqué que c’est le message qu’il transmettra au premier ministre Mark Carney lors de leur rencontre mercredi, après que M. Carney a rencontré la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, la semaine dernière. Rencontre au cours de laquelle il a annoncé des promesses concernant un pipeline vers la côte ouest et une réduction de la taxe sur le carbone pour l’Alberta.

«La réalité, c’est qu’il existe une menace très réelle et actuelle de référendum sur le séparatisme en Alberta, alimentée par les décisions prises par le gouvernement albertain, a indiqué M. Eby, interrogé sur la mesure dans laquelle ses propos concernant les premiers ministres séparatistes visaient Mme Smith. Je crois que c’est en partie pourquoi le gouvernement fédéral adopte une attitude différente envers l’Alberta qu’envers les autres premiers ministres provinciaux.»

M. Eby a fait cette déclaration lors d’une conférence de presse sans lien avec le sujet, tenue devant l’Assemblée législative à Victoria, alors qu’il se prépare à rencontrer le premier ministre à Vancouver.

Mark Carney et la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, ont signé la semaine dernière un accord qui pourrait permettre le lancement de la construction d’un nouvel oléoduc vers la côte de la Colombie-Britannique dès l’an prochain et ont annoncé une baisse du prix du carbone pour la province, à 130 $ la tonne, d’ici 2040.

L’annonce faite vendredi par M. Carney et Mme Smith ne précisait pas le tracé, et on ignore encore si le prix du carbone annoncé s’appliquera également aux autres provinces.

Carney veut désigner le pipeline albertain comme étant d’intérêt national Le gouvernement de Mark Carney s’engage à faire des démarches pour qu’un projet de pipeline qui n’est pas encore soumis par le gouvernement de l’Alberta soit désigné, d’ici à octobre prochain, comme étant un projet d’intérêt national.

M. Eby a dit ne pas comprendre comment l’accord sur le carbone conclu entre Ottawa et l’Alberta sera mis en œuvre à l’échelle du Canada, car les politiques nationales doivent être négociées avec tous les premiers ministres provinciaux, et non avec un seul.

«Le premier ministre doit expliquer sa décision, a commenté M. Eby. Je ne l’approuve pas.»

David Eby a ajouté que les projets en cours en Colombie-Britannique sont favorables au Canada, mais qu’ils sont exclus des discussions. «Franchement, on ne peut pas laisser de mauvais comportements décider avec qui le gouvernement fédéral s’engage, a souligné M. Eby. Nous devons défendre le Canada et nous assurer de soutenir chaque province et territoire avec le même respect. C’est ce qui permettra de bâtir un pays uni.»

M. Eby a profité de la conférence de presse de mardi pour vanter les mérites de divers projets provinciaux nécessitant un soutien fédéral.

«Nous avons 88 milliards de dollars en projets, 34 grands projets différents, dont 40 % sont au bureau des grands projets — des projets concrets avec des promoteurs et des tracés, prêts à démarrer», a-t-il affirmé.

La Colombie-Britannique, a-t-il ajouté, a simplement besoin du même niveau de soutien que celui accordé à l’Alberta par M. Carney.

«Nous devons travailler ensemble et le gouvernement fédéral doit faire preuve d’au moins autant d’enthousiasme pour les projets de la Colombie-Britannique que pour ceux de l’Alberta», a-t-il commenté.

Trevor Halford, chef intérimaire du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, a déclaré que les propos de M. Eby visaient à améliorer sa popularité.

«En fin de compte, il devrait apprendre à être plus coopératif et moins obstructionniste, a dit M. Halford aux journalistes à l’Assemblée législative. Malheureusement, il y a un manque de communication entre le premier ministre et le premier ministre de la Colombie-Britannique, et, de toute évidence, ce dernier va tenter d’en tirer profit, comme il l’a fait aujourd’hui.»

Mardi, à l’Assemblée législative, les conservateurs de la Colombie-Britannique ont accusé M. Eby de s’opposer au projet d’oléoduc au détriment de la Colombie-Britannique.

David Eby et d’autres membres du Nouveau Parti démocratique ont rétorqué que les conservateurs défendaient l’Alberta tout en s’opposant à des projets comme la phase 2 de LNG Canada à Terrace, en Colombie-Britannique.

L’une des plus virulentes interpellatrices de M. Eby était la conservatrice Claire Rattee, députée de la circonscription de Terrace.

Le président de l’Assemblée, Raj Chouhan, a demandé à Mme Rattee de quitter la Chambre après deux avertissements directs. Mme Rattee a présenté ses excuses à M. Chouhan pour avoir manqué de respect à son autorité, mais a ensuite soulevé un point d’ordre, affirmant que M. Eby avait sciemment induit le public en erreur quant au bilan de son parti sur le gaz naturel liquéfié (GNL).

M. Chouhan a répondu qu’il examinerait le rappel au règlement de Mme Rattee, sans toutefois préciser quand il rendrait sa décision.

Mme Rattee a ensuite déclaré aux journalistes qu’elle avait été expulsée de la Chambre pour avoir contesté les propos du président.

«Personnellement, je suis prête à défendre cette cause jusqu’au bout, a-t-elle affirmé. Être expulsée de la Chambre ne me pose aucun problème si cela signifie que je dis la vérité. Ce que le premier ministre a fait aujourd’hui, c’est essentiellement dénigrer l’ensemble de notre caucus et prétendre que nous ne soutenions pas LNG Canada.»