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Itinérance: Montréal déploiera plusieurs haltes-chaleur et demande au PQ de garantir le financement

Ledit plan permettra à Montréal d’atteindre près de 3000 places en ressources d’hébergement d’urgence et transitoire.

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Une femme a perdu la vie lors d'un incendie qui s'est déclaré dans un campement de personnes en situation d'itinérance à Montréal-Nord, mercredi 7 octobre 2026. Une femme a perdu la vie lors d'un incendie qui s'est déclaré dans un campement de personnes en situation d'itinérance à Montréal-Nord, mercredi 7 octobre 2026. (Noovo Info)

La Ville de Montréal dit prendre le «leadership» en matière d’itinérance. Dévoilant son plan chaleur en vue de l’hiver 2026-2027, l’administration Martinez Ferrada a annoncé l’aménagement de neuf nouvelles haltes-chaleur sur son territoire.

La mairesse de la métropole, Soraya Martinez Ferrada, dit avoir été ébranlée cette semaine par la mort d’une femme en situation d’itinérance, décédée dans un campement de Montréal-Nord. Elle espère que les engagements du premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, permettront à la Ville d’éviter une autre tragédie.

La mairesse demande alors au nouveau gouvernement péquiste de garantir son Plan chaleur pour les trois prochaines années, évalué à 20 M$ par an.

«J’espère sincèrement que c’est la dernière fois que nous aurons à attendre le financement pour le plan des haltes-chaleur, parce que l’inaction, ça coûte cher», a déclaré Mme Martinez Ferrada jeudi en point de presse.

Ledit plan permettra à Montréal d’atteindre près de 3000 places en ressources d’hébergement d’urgence et transitoire, «dont près de 500 places supplémentaires saisonnières dès novembre pour répondre aux besoins criants», indique-t-on par voie de communiqué.

«Personne ne devrait vivre et mourir dans la rue.»

—  Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal

Pour y parvenir, la Ville a également annoncé la création d’un groupe tactique d’intervention en itinérance et des investissements de 2 M$ afin que les haltes-chaleur soient ouvertes 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

«On va travailler avec le gouvernement pour que les budgets d’urgence permettent de déployer rapidement les services», a assuré Mme Martinez Ferrada.

Cependant, l’argent n’est présentement pas au rendez-vous afin que les haltes-chaleur soient disponibles 24 heures sur 24, indique la mairesse. Il faudra un financement du provincial pour que le tout se concrétise.

Lors de l’annonce, la mairesse était accompagnée du président du comité exécutif et responsable de l’itinérance, Claude Pinard, et du responsable du développement social et de la cohabitation au comité exécutif, Benoit Langevin.

Tôt mercredi matin, les services d’urgence sont intervenus concernant un feu dans un campement situé près de la rue de Charleroi et du boulevard Lacordaire. Sur place, ils ont retrouvé une femme inconsciente. Elle a été transportée à l’hôpital dans un état critique et a succombé à ses blessures.

La cause exacte du décès de la femme n’a pas été dévoilée dans l’immédiat, tout comme la cause de l’incendie. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a ouvert une enquête pour faire toute la lumière sur le drame.

Une femme meurt après un incendie dans un campement montréalais Une femme âgée de la cinquantaine est décédée mercredi matin à Montréal à la suite d’un incendie qui s’est déclenché dans un campement de personnes en situation d’itinérance.

En réaction au décès, la mairesse Soraya Martinez Ferrada l’avait qualifiée de «tragédie». «Cela nous rappelle l’importance de nous assurer que les personnes, nos citoyens dans la rue, ont accès à des logements sécuritaires où elles peuvent vivre dans la dignité», avait-elle dit lors d’une rencontre avec le comité exécutif mercredi matin.

Elle avait d’ailleurs parlé de son annonce à venir du plan de chaleur en disant qu’il était prêt. «On va s’adresser au nouveau gouvernement du Québec pour assurer sa mise en œuvre», avait-elle confirmé.

«Le premier ministre s’est engagé à agir rapidement», a ajouté l’élue. «On partage cette volonté et on est prêts à travailler avec lui.»

Avec ce plan chaleur, Mme Martinez Ferrada espère pouvoir protéger les personnes vulnérables et toute la population avec des «gestes concrets» durant le «prochain hiver» et «tous les hivers».

En campagne électorale, au terme de laquelle il a été porté à la tête d’un gouvernement péquiste minoritaire, M. St-Pierre Plamondon s’est engagé à réduire de moitié le nombre d’itinérants en quatre ans et à investir un milliard de dollars pour y arriver.

Dans les 100 premiers jours de son mandat, il souhaite débloquer un budget spécial pour l’itinérance, avant l’arrivée du temps froid.

Sur X, mercredi, M. St-Pierre Plamondon avait réitéré qu’il fera de la lutte à l’itinérance «une affaire personnelle». «Ce sera notre priorité comme gouvernement d’intervenir», avait-il écrit.

Il avait indiqué que des budgets d’urgence seraient débloqués à court terme pour financer, entre autres, des centres d’hébergement d’urgence.

«L’hiver est à nos portes et on doit être prêt», avait-il ajouté. «Ces ressources devront notamment servir à de l’hébergement d’urgence et à des refuges pour l’hiver. On va agir résolument pour éviter que ce genre d’événement tragique ne se reproduise.»

Toujours sur X, M. Plamondon avait également promis de trouver des solutions pour le logement à long terme.

Une personne en situation d’itinérance coûte 95 000 $ par année Les coûts associés à une personne qui vit dans la rue ont littéralement explosé, depuis trois ans, selon une nouvelle étude.

Plus tôt cette année, le Bureau du coroner avait déclenché une enquête publique sur les décès de personnes en situation d’itinérance survenus à Montréal dans les derniers mois.

Le gouvernement du Québec a estimé qu’un peu plus de 12 000 personnes vivaient dans la rue en 2025, ce qui représente une augmentation significative au cours de la dernière décennie. Les estimations provinciales indiquent que ce nombre a augmenté de 44 % entre 2018 et 2022, suivi d’une hausse supplémentaire de 19 % au cours des trois années suivantes.

Le gouvernement a estimé qu’environ 42 % de la population sans domicile fixe de la province vivait à Montréal en 2025.

Avec des informations de Lili Mercure pour Noovo Info et de La Presse canadienne