Société

Doit-on craindre de voir plus en plus de mères et de familles dans les campements?

«Les familles se précarisent davantage...»

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Bébé retrouvé dans un campement: les réactions affluent La nouvelle qu'un bébé âgé de un an a été retrouvé dans un campement d'itinérants à Montréal a continué de faire réagir jeudi.

La découverte d’un bébé dans un campement de Montréal cette semaine a augmenté l’inquiétude face à l’enjeu de l’itinérance. Des organismes communautaires et des chercheurs invitent les décideurs à réfléchir sérieusement à une solution pour contrer la crise, alors que plusieurs s’inquiètent de voir de plus en plus de mères et de familles à la rue.

Face à l’ampleur du problème, Médecins du Monde a fait une sortie médiatique vendredi en publiant une lettre ouverte. Le constat est sans appel: il y a de plus en plus d’itinérance et le risque de voir des familles atterrir dans la rue augmente.

«Les familles se précarisent davantage. Il va falloir que les partis s’intéressent à la crise de l’itinérance. Ce n’est pas juste à coups de millions qu’on va sortir les gens de la rue», a indiqué Pénélope Boudreault, directrice des opérations nationales de l’organisme.

Myriam Daigneault, experte de périnatalité et itinérance, propose d’ailleurs des recommandations au prochain gouvernement, notamment de reconnaître les expériences périnatales dans les prochaines orientations en itinérance, santé mentale et dépendances.

«On est surpris en ce moment, mais ça fait des années que ça existe et il y a des reportages qui ont été faits. Chaque fois on revient comme si c’était une surprise», dit celle s’intéresse aux problématiques des femmes enceintes qui vivent de l’itinérance.

Elle espère que ses recommandations seront prises en compte par le prochain gouvernement.

«Je pense qu’il faut sortir du paradigme de la mauvaise mère. Il faut voir que ces femmes-là évoluent dans un contexte qui est complètement alarmant», déplore-t-elle.

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a souligné que le temps presse et que la Ville ne peut plus «attendre après le gouvernement» quand des enfants se retrouvent dans un campement.

Elle explorait d’ailleurs des options légales vendredi.

De son côté, Ericka Alneus, cheffe de l’opposition officielle, demande à la Ville de Montréal de livrer 30 habitations modulaires qui ont été achetées par son administration lors du dernier mandat et qui sont toujours inutilisées.

«Présentement, elles sont entreposées, elles dorment dans des entrepôts, alors qu’on pourrait les mettre à disposition en priorité pour des familles et des femmes enceintes», soutient Mme Alneus.

Les autres municipalités du Québec interpellent elles aussi le gouvernement.

«La crise, elle est partout et elle est énorme. On est au premier front et ce qu’on dit aux gouvernements depuis les dernières années: agissez!», a lancé la mairesse de Granby, Julie Bourdon, lors du Sommet électoral de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

Notons que d’après un récent rapport de l’UMQ, une personne en situation d’itinérance coûte 95 000 $ par année à l’État. Un chiffre qui a explosé dans les trois dernières années.