Société

Une personne en situation d’itinérance coûte près de 100 000 $ par année

Les coûts ont explosé dans les trois dernières années.

Publié le 

Une personne en situation d’itinérance coûte 95 000 $ par année Les coûts associés à une personne qui vit dans la rue ont littéralement explosé, depuis trois ans, selon une nouvelle étude.

Alors que tous les chefs des partis politiques de la province sont d’accord pour dire que l’itinérance est un enjeu prioritaire, les promesses tardent. Pourtant une étude de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), publiée lundi, démontre que l’inaction des gouvernements coûte plus cher que de prendre le taureau par les cornes.

Selon les résultats du rapport de l’UMQ, les coûts associés à une personne qui vit dans la rue ont littéralement explosé en trois ans. On note qu’en 2023, les coûts pour une seule personne en situation d’itinérance par année s’élevaient à 72 000 $. En 2026, on parle maintenant de plus de 95 000 $.

Par exemple, pour les services liés au logement, comme les programmes de transition, les coûts s’élèvent à 49 000 $ par personne par année. Pour la santé, on compte 25 000 $ par personne et pour la sécurité, 15 000 $ par personne.

Pour la mairesse de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette, il y a pourtant des solutions simples.

«Nous à Gatineau, on a fait le premier projet de conteneurs résidentiels pour sortir les gens de la rue. Il en coûte par année, par personne en situation d’itinérance, 22 000 $. C’est donc près de quatre fois moins que le coût de laisser une personne dans la rue s’installer dans une tente», a-t-elle indiqué en entrevue avec Noovo Info.

conteneurs itinérance Une photo du projet de conteneurs résidentiels de Gatineau.

Mme Marquis-Bissonnette souligne que les conteneurs résidentiels sont chauffés, éclairés et climatisés durant l’été. Les personnes en situation d’itinérance qui y habitent ont aussi du soutien communautaire pour les aider à se sortir de la rue.

De son côté, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez-Ferrada, attend toujours des promesses électorales claires.

«Est-ce qu’on parle assez de Montréal? La réponse c’est non», a-t-elle lancé.

Elle souhaite des actions concrètes du gouvernement et du financement qui permettait à la Ville de Montréal de planifier sur plusieurs années.

«Je les vois les organismes communautaires qu’on finance, avec qui on travaille. C’est sûr qu’ils sont écœurés de parler de sommets. On peut-tu juste agir et donner l’argent? Ce n’est pas normal que moi, à Montréal, mon plan halte chaleur de cet hiver, est déjà prêt il me manque juste l’argent», déplore Mme Martinez-Ferrada.

Soraya Martinez-Ferrada La mairesse de Montréal, Soraya Martinez-Ferrada, en entrevue avec Noovo Info le lundi 14 septembre 2026.

«L’hiver arrive chaque année. Je peux-tu avoir de l’argent au moins pour trois ans, comme ça on arrête d’en parler», conclut-elle.

Le maire de Québec, Bruno Marchand, martèle quant à lui qu’il faut absolument que cet enjeu soit placé en priorité.

«Ça passe par le premier ou la première ministre pour donner une impulsion. Ensuite, les statistiques annuelles. On n’a pas de chiffres aux années. […] On parle de 1,1 milliard par année», a-t-il lancé lors d’un entretien avec Noovo Info.

«Ce qu’on ne fera pas cette année va s’ajouter à l’an prochain», rappelle-t-il.

Les auteurs de l’étude de l’UMP rappellent que le gouvernement s’est engagé en 2025-2026 à investir 488 millions de dollars dans la lutte pour l’itinérance, alors que les dépenses devraient s’élever à 1,3 milliard de dollars en 2027, selon l’étude.