Québec solidaire (QS) est revenu à la charge mercredi concernant l’interdiction de vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans et presse le gouvernement du Québec d’agir.
Le député de Saint-Henri-Sainte-Anne, Guillaume Cliche-Rivard, a confirmé qu’une pétition de plus de 35 000 noms a été déposée mercredi à l’Assemblée nationale.
Les signataires militent pour l’interdiction de la vente et de la distribution de boissons énergisantes caféinées chez les moins de 16 ans et ultimement chez les moins de 18 ans.
«C’est un dossier sensible, mais important en matière de santé publique», a mentionné M. Cliche-Rivard en point de presse à l’Assemblée nationale.
Une motion a aussi été déposée mercredi à l’Assemblée nationale. Adoptée par tous, elle propose d’agir pour encadrer la vente des boissons énergisantes au Québec.
«Il est temps que toute la mobilisation autour de ce sujet se concrétise en loi, qu’on adopte enfin le projet de loi Zachary Miron, on est rendu-là», a souligné Guillaume Cliche-Rivard.
Les parents de Zachary Miron, cet adolescent de 15 ans décédé en 2024 après avoir consommé une boisson énergisante étaient aux côtés de M. Cliche-Rivard mercredi. Le mélange entre son médicament pour le TDAH et la boisson énergisante a causé une arythmie qui a entraîné sa mort subite.
«Le décès de Zach ne doit pas être une tragédie, il ne doit pas être une statistique, il doit provoquer un point de bascule [...]. On n’a besoin d’une loi», a souligné Veronica Martinez, la mère de Zachary.
Une levée de boucliers
QS est loin d’être seul dans sa bataille pour contrer l’accès trop facile aux boissons énergisantes.
Le réseau Familiprix a annoncé mercredi qu’il retirerait complètement les boissons énergisantes de ses tablettes, à tout le moins jusqu’à ce que «les autorités publiques établissent des paramètres d’accès plus encadrés pour ces produits».
«Les pharmaciens propriétaires affiliés à Familiprix sont très attentifs aux risques potentiels associés à la consommation de boissons énergisantes, notamment en raison des interactions possibles avec certains médicaments», a expliqué Familiprix inc. dans un communiqué.
En avril dernier, une dizaine d’organisations sportives du Québec ont fait une sortie publique pour réclamer l’interdiction des boissons énergisantes aux moins de 16 ans. Elles emboîtaient alors le pas à une vingtaine d’organisations scolaires, publiques et privées qui s’étaient manifestées un peu plus tôt.
Ce printemps, la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, s’est dite ouverte à la possibilité d’interdire les boissons énergisantes aux mineurs.
L’industrie s’oppose
Dans un communiqué publié mercredi, l’Association canadienne des boissons (ACB) a mentionné prendre acte de la pétition déposée par Québec solidaire tout en réitérant son opposition aux restrictions proposées sur la vente de boissons énergisantes.
«Celles-ci [les restrictions] ne reposent pas sur des bases solides d’un point de vue scientifique ou de politique publique», a-t-on partagé.
L’Association canadienne des boissons insiste pour dire que la fabrication de boissons énergisantes est encadrée et que l’industrie doit répondre à une réglementation stricte, notamment à ce qui a trait à la teneur en caféine.
«Le cadre de Santé Canada limite la teneur en caféine des boissons énergisantes à un maximum de 180 mg par portion de 500 ml — proportionnellement moins que ce que l’on trouve généralement dans un café torréfié moyen servi au café du coin», a soutenu l’ACB.
«Les boissons énergisantes ont une longue histoire de consommation sécuritaire tant au Canada qu’à l’échelle mondiale et sont strictement réglementées par Santé Canada. […] Une communication claire et l’éducation du public demeurent les outils les plus efficaces pour garantir une consommation de caféine sécuritaire et éclairée pour tous les consommateurs, quel que soit leur âge», a fait savoir Krista Scaldwell, présidente de l’Association canadienne des boissons.
L’ACB rappelle par ailleurs que ces membres ont pris l’engagement, via le Code de commercialisation des boissons énergisantes, de ne pas cibler les enfants dans la publicité pour ce type de boissons et d’en interdire la vente dans les écoles.
Avec de l’information d’Émile Bérupé-Lupien de Noovo Info et de La Presse canadienne
