Le réseau Familiprix a annoncé mercredi qu’il retirerait complètement les boissons énergisantes de ses tablettes, à tout le moins jusqu’à ce que «les autorités publiques établissent des paramètres d’accès plus encadrés pour ces produits».
La chaîne répondait à la recommandation de l’Ordre des pharmaciens du Québec émise la même journée.
«Les pharmaciens propriétaires affiliés à Familiprix sont très attentifs aux risques potentiels associés à la consommation de boissons énergisantes, notamment en raison des interactions possibles avec certains médicaments», a expliqué Familiprix inc. dans un communiqué.
«Vendre ces boissons dans des lieux adjacents à ceux où ces jeunes viennent chercher leur médication représente une incohérence que nous ne pouvons ignorer», a lancé de son côté l’Ordre des pharmaciens du Québec.
Familiprix compte d’ailleurs afficher dans ses succursales un message aux comptoirs de consultation des pharmacies afin d’encourager les patients à déclarer toute consommation de boissons énergisantes à leur pharmacien.
Depuis plusieurs mois, on assiste à une véritable levée de boucliers contre l’accès trop facile aux boissons énergisantes, surtout pour les jeunes.
Le combat est notamment mené par les parents du jeune Zachary Miron, décédé en 2024 à l’âge de 15 ans. Le mélange entre son médicament pour le TDAH et la boisson énergisante a causé une arythmie qui a entraîné sa mort subite.
Plus de 35 000 Québécois ont signé une pétition en faveur de l’interdiction de la vente et de la distribution de boissons énergisantes caféinées chez les mineurs à l’Assemblée nationale.
En avril dernier, une dizaine d’organisations sportives du Québec comptant environ 1 million de jeunes membres à l’échelle de la province ont fait une sortie publique pour réclamer l’interdiction des boissons énergisantes aux moins de 16 ans.
Elles emboîtaient alors le pas à une vingtaine d’organisations scolaires, publiques et privées qui s’étaient manifestées un peu plus tôt.
Québec ouvert à légiférer
Ce printemps, la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, s’est dite ouverte à la possibilité d’interdire les boissons énergisantes aux mineurs.
«On va enclencher des travaux», avait-elle déclaré. «Je rencontre notamment l’association des pharmaciens dans quelques jours à ce sujet-là et je travaille avec la directrice nationale de la santé publique, la Dre Caroline Quach Thanh.»
«On va faire le maximum pour avoir un ensemble d’actions. Au niveau législatif, on a des discussions à avoir. (...) On va examiner, vraiment, cet élément d’interdire carrément les boissons énergisantes aux moins de 16 ans, et même aux moins de 18 ans.»
— Sonia Bélanger, ministre de la Santé
«Actuellement, il y a comme deux courants, les 16 ans, les 18 ans. Je vais examiner ça. Sur l’âge, je suis certaine qu’il faut qu’on fasse quelque chose, mais on aura le temps d’y revenir», avait-elle expliqué.
Avec de l’information de La Presse canadienne

