Des membres du Parti libéral du Québec (PLQ) réclament dans une lettre écrite la démission du chef Pablo Rodriguez en raison de la crise qui perdure au sein de la formation politique.
Alors que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a annoncé mercredi ouvrir une enquête criminelle sur la course à la chefferie de M. Rodriguez, ces membres estiment que le PLQ ne représente pas une «alternative crédible» au Parti québécois et à la Coalition avenir Québec (CAQ).
«Au lieu de parler d’économie, de finances publiques et de la menace d’un troisième référendum, nous répondons depuis des semaines à des questions en lien avec notre gestion de crise. Ce n’est pas ce qu’un leader d’un parti prêt à gouverner devrait vivre à dix mois d’une élection», peut-on lire dans un extrait de la lettre qui a été obtenue par Noovo Info.
«Le chef actuel peut-il mener le PLQ dans une période aussi critique? A-t-il le leadership nécessaire pour mener une campagne victorieuse? Force est de constater que les derniers mois nous ont démontré que non.»
— Extrait de la lettre des membres du PLQ
Course à la chefferie controversée, saga avec Marwah Rizqy, etc. Les membres déplorent que, depuis l’arrivée de Pablo Rodriguez sur la scène provinciale, ce dernier a plongé le Parti libéral dans un marasme «qui nuit au recrutement des candidats, découragé les membres qui étaient pourtant très mobilisés durant la course à la direction et retarde la conception de plateforme».
On ajoute qu’un nouveau chef se doit de rassembler. Or, on croit qu’il a plutôt fait l’inverse.
C’est pourquoi les membres souhaitent la venue d’un nouveau chef qui saura «bien s’entourer, travailler en équipe, écouter, gérer les situations complexes et rassembler des milieux différents» tout en ayant une compréhension des enjeux du Québec et de ses régions.
«Enfin, quelqu’un qui connaît profondément le PLQ — ses structures, ses militants, son histoire, ses défis et sa culture — pour pouvoir agir rapidement et efficacement.»
À la suite de l’annonce de l’UPAC, M. Rodriguez a réitéré son souhait à vouloir «aller au bout des choses».
«Si quelqu’un a commis un geste illégal, la vérité doit sortir et comme chef je vais agir sans hésiter», a-t-il déclaré.
Le 26 novembre dernier, l’UPAC disait envisager déclencher une enquête et vouloir valider des informations concernant les allégations pesant sur le PLQ.
Cette annonce survenait à la suite des propos du chef libéral Pablo Rodriguez, qui confirmait que le député libéral fédéral Fayçal El-Khoury avait sollicité des dons pour sa chefferie.
Or, M. El-Khoury nie avoir quelconque rapport avec la course.
«Il avait un certificat de sollicitations, ce qui est public d’ailleurs. Ça veut dire qu’il ramassait des sous comme beaucoup de monde», a indiqué Pablo Rodriguez à la fin novembre en point de presse à l’Assemblée nationale.
La Presse rapportait également qu’une discussion entre Fayçal El-Khoury et la députée libérale Marwah Rizqy le 14 novembre dernier retient l’attention d’Élections Québec en raison d’un lien possible avec la chefferie de Pablo Rodriguez.
«Je souhaite ardemment que l’UPAC fasse toute la lumière sur cette affaire et, s’il y a lieu, dépose les accusations qui s’imposent. Je rappelle que j’ai demandé qu’une enquête indépendante aille au fond des choses. Et je m’engage à rendre public son rapport», écrivait alors Pablo Rodriguez à ce sujet sur le réseau social X.

