Politique

«Des limites au show de boucane»: Milliard sceptique du renouveau que Fréchette apportera

«Je ne crois pas que de rebrasser les mêmes cartes va [apporter] une donne qui est très différente.»

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«Il n’y a pas de renouveau qui se pointe en ce moment» à la CAQ, affirme Charles Milliard Au lendemain de l’assermentation de la première ministre Christine Fréchette, le chef du Parti libéral du Québec Charles Milliard dit que son arrivée n’est pas un signe de renouveau à la CAQ. Le chef du PLQ a aussi soulevé des questions sur la possibilité d’amener un non-élu au conseil des ministres, une décision qui enverrait un mauvais signal, selon lui.

S’il a salué jeudi l’entrée en poste officielle de la nouvelle première ministre Christine Fréchette, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, n’a pas tardé à exprimer certains doutes sur le vent de renouveau qu’elle fera souffler sur la province.

«Il y a des limites à la magie et au show de boucane: il n’y a pas de renouveau qui se présente à la Coalition avenir Québec», a-t-il clamé lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale tenu au lendemain de l’assermentation de Mme Fréchette.

M. Milliard considère que dans ses huit années au pouvoir, François Legault et son parti ont «mis à mal» trois choses au Québec: l’économie, les services publics et le vivre-ensemble. Et il n’a guère confiance en la successeure du fondateur de la CAQ pour redresser la barque.

«Je ne crois pas que de de rebrasser les mêmes cartes va [apporter] une donne qui est très différente», a-t-il exprimé.

Le chef du PLQ a également saisi l’occasion pour dénoncer une «mode» qu’il juge inquiétante: la possibilité qu’a laissé planer Mme Fréchette d’inclure un ou des non-élus à son conseil des ministres. Selon M. Milliard, si cette éventualité en venait à se concrétiser, il s’agirait d’un désaveu de la première ministre envers la qualité de ses collègues.

«90 députés de la CAQ ont été élus en 2022. Est-ce qu’on est en train de me dire qu’il n’y a pas 22, 23, 24 personnes assez compétentes pour prendre les rênes de nos différents ministères? Ça envoie un très mauvais signal!», a-t-il dénoncé.

D’après M. Milliard, agir de la sorte ne «respecterait pas les choix» de la population. «Les Québécois votent, élisent des gens. Et là, on dit qu’on va prendre d’autres personnes qui ne sont pas élues?», s’est-il demandé.

Tout en reconnaissant la légitimité de l’exercice, M. Milliard a aussi relevé que Mme Fréchette avait été choisie par une infime proportion de la population québécoise.

«La Coalition avenir Québec a élu sa nouvelle cheffe avec 15 000 Québécois qui ont participé au processus. Elle a eu 9000 votes, donc 9000 personnes ont décidé de notre 33e première ministre», a-t-il souligné, tout en affirmant qu’il était «grand temps» que les électeurs québécois se présentent aux urnes lors des élections prévues en octobre.

Rappelons que Charles Milliard avait de son côté été élu par acclamation à la tête du PLQ en février dernier, puisqu’il avait présenté la seule candidature jugée recevable lors de la course à la chefferie.

Questionné à savoir s’il n’était donc pas ironique de tenir de tels propos sur l’arrivée au pouvoir de Mme Fréchette et sur les non-élus à des postes de ministres, M. Milliard a exprimé son désaccord.

«Je ne suis pas ministre [...] On choisit des élus pour diriger des ministères. [Mme Fréchette] pourrait nommer ma mère comme non-élue ministre, je ne serais pas plus d’accord. Je crois que c’est un déni de démocratie», a-t-il lancé.

Le PQ veut «donner la chance au coureur»

De son côté, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a dit être prêt à donner le bénéfice du doute à Christine Fréchette.

«Elle a le droit d’avoir sa chance. On donne la chance au coureur. Ça va donner lieu à de nouveaux échanges différents en Chambre. Il y a un beau chapitre intéressant en politique qui s’en vient devant nous dans les prochains mois», a-t-il mentionné lors d’un point de presse organisé à Montréal.