Politique

Christine Fréchette devient officiellement première ministre pour «redonner confiance» aux Québécois

La députée de Sanguinet a été officiellement assermentée mercredi à l’Assemblée nationale.

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Christine Fréchette préside son premier caucus Après son assermentation en tant que première ministre du Québec mercredi, Christine Fréchette a présidé son premier caucus. Les détails avec Jean-François Poudrier.

Christine Fréchette a prêté serment mercredi en tant que première ministre du Québec, à moins de six mois des élections provinciales.

Dans son premier discours officiel en tant que première ministre, Mme Fréchette a voulu faire preuve d’optimisme, bien que la dignitaire de 55 ans a amorcé son allocution en dressant un parallèle entre sa génération «sacrifiée» et celles des jeunes d’aujourd’hui.

«Je fais partie de la Génération X», a-t-elle statué, faisant ensuite un lien avec la guerre commerciale avec les États-Unis, le conflit au Moyen-Orient, l’inflation et la difficulté de l’accès à la propriété en 2026. «Je vois beaucoup de parallèles entre ma génération et ce qu’on vit présentement. À l’époque, on avait la Guerre froide, la Guerre du Golfe, l’inflation était vraiment très élevée. Les jeunes avaient vraiment de la misère à se trouver un emploi et à devenir propriétaires.»

La nouvelle première ministre a poursuivi son discours en enjoignant les Québécois à faire comme elle «le choix d’avancer» malgré les incertitudes poignant à l’horizon.

«La raison pour laquelle je me suis lancée en politique, c’est parce que je veux faire briller le Québec, parce que je veux redonner confiance en l’avenir aux Québécois», a-t-elle lancé.

«Je ne veux plus jamais qu’une génération ait le sentiment d’avoir été sacrifiée.»

—  Christine Fréchette, première ministre

Mme Fréchette a battu Bernard Drainville dans la course pour succéder à François Legault, qui a fondé la Coalition Avenir Québec en 2011 et occupait le poste de premier ministre depuis 2018.

Mme Fréchette est devenue la deuxième femme à occuper le poste de première ministre de la province, après Pauline Marois, du Parti québécois, qui a occupé cette fonction de 2012 à 2014.

Mme Fréchette a indiqué qu’elle nommerait son cabinet la semaine prochaine et qu’elle comptait faire au moins une annonce dans les prochains jours concernant le coût de la vie. En entrevue mardi au 98,5 FM, elle a indiqué qu’elle ferait une place aux pro-Drainville et qu’elle n’écartait pas de faire entrer un non-élu.

Élue pour la première fois en 2022 dans la circonscription de Sanguinet, sur la Rive-Sud de Montréal, Mme Fréchette occupait les portefeuilles de l’économie et de l’immigration au sein du cabinet de M. Legault.

Elle doit désormais relever le défi de redresser la situation de la Coalition Avenir Québec, qui se trouve en retard dans les sondages derrière les libéraux, le Parti québécois et les conservateurs à l’approche des élections du 5 octobre.

Le camp Drainville se rallie, mais des doutes subsistent

Les élus caquistes se sont ensuite réunis en caucus, en début de soirée.

Si les réactions au discours de Mme Fréchette étaient généralement positives, une poignée d’élus qui appuyaient Bernard Drainville dans la course ont émis certains doutes.

La première ministre Christine Fréchette et son rival dans la course Bernard Drainville se tiennent la main en signe d'unité lors d'un caucus des députés qui s'est tenu à l'Assemblée nationale le 15 avril 2026. La PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot La première ministre Christine Fréchette et son rival dans la course Bernard Drainville se tiennent la main en signe d'unité lors d'un caucus des députés qui s'est tenu à l'Assemblée nationale le 15 avril 2026. (Jacques Boissinot/La Presse canadienne)

Le député dans Vanier-Les Rivières, Mario Asselin, a dit en mêlée de presse craindre que la nouvelle première ministre ne soit pas assez nationaliste. «C’est une chose que je surveille, (...) c’est important pour moi. Ça me préoccupe», a-t-il admis.

Sa collègue dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Kariane Bourassa, s’inquiète pour sa part du sort qui sera réservé au projet de troisième lien routier Québec-Lévis.

«Le troisième lien, c’est très important pour mes électeurs. (...) Je ne connais pas le projet qu’elle veut proposer ni l’endroit où elle veut le proposer, donc ce sont des discussions que je vais devoir avoir avec elle», a-t-elle fait savoir.

«Il y en a qui sont encore en transition, a reconnu M. Drainville. Mais les gens réalisent que la seule façon de relancer, c’est de se regrouper et de se rassembler. Alors, moi je suis confiant que le ralliement est en train de se faire.»

De son côté, le ministre Samuel Poulin, qui a été l’un des premiers appuis à Bernard Drainville, s’est dit «impressionné» par le discours de la nouvelle première ministre.

«J’ai trouvé que c’était un discours qui était rassembleur, mais en même temps très directif sur l’identité québécoise et sur ce qu’on doit faire pour les Québécois dans les prochaines semaines», a-t-il affirmé.

L’ex-ministre Lionel Carmant, qui a appuyé Christine Fréchette, comprend que la défaite a pu être difficile pour l’autre camp. «Mais déjà on sent que le vent tourne, on sent que l’équipe se rassemble», a-t-il assuré.

Avec de l’information de La Presse canadienne