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Démission de François Legault: ce qu’il faut savoir

Voici tout ce qu’il faut savoir sur le départ du premier ministre.

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François Legault démissionne: les détails Le premier ministre démissionne au lendemain d’un sondage Pallas Data–Qc125–L’actualité qui plaçait la Coalition avenir Québec (CAQ) au quatrième rang des intentions de vote chez les Québécois, à égalité avec Québec solidaire (QS).

C’est la fin pour François Legau

lt. Le premier ministre a annoncé sa démission mercredi, au lendemain d’un sondage plaçant la Coalition avenir Québec (CAQ) au quatrième rang des intentions de vote chez les Québécois.

Voici tout ce qu’il faut savoir sur le départ du premier ministre:

En conférence de presse, il a reconnu que la population avait soif de changement et a décidé de laisser sa place «pour le bien» de son parti et du Québec.

Il a toutefois précisé qu’il resterait en poste jusqu’à ce qu’on lui trouve un ou une successeur.

Pourquoi quitte-t-il le navire?

François Legault est confronté à des intentions de vote faméliques depuis des mois, alors que son gouvernement est affecté par plusieurs controverses, notamment sur les dossiers Northvolt et SAAQclic et, plus récemment, sur la réforme de rémunération des médecins.

Il a d’ailleurs perdu deux ministres importants de son gouvernement dans la foulée de cette réforme: l’ex-ministre des Services sociaux Lionel Carmant et l’ex-ministre de la Santé, Christian Dubé.

«Il était clairement impopulaire et tout pointait sur le fait qu’il n’allait pas réussir à regagner le cœur des Québécois comme ç’a été le cas en 2018 ou en 2022», soutient le professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke et chroniqueur de Noovo Info Jean-François Daoust.

Il soutient toutefois que la démission du premier ministre est surprenante, notamment en raison des négociations avec les médecins.

«C’est très étonnant parce qu’il a essentiellement mis le feu dans le dialogue avec les médecins pendant plusieurs mois pour utilement finir par céder à près de toutes les demandes des médecins et finalement démissionner», rappelle M. Daoust.

François Legault avait également assuré plusieurs fois qu’il serait sur les rangs pour les prochaines élections québécoises, prévues en octobre. Il a d’ailleurs affirmé en entrevue avec Noovo Info en décembre dernier qu’il comptait se présenter aux élections.

«Il voulait probablement essayer une dernière fois après le congé du temps des Fêtes pour essayer de voir s’il y a moyen de faire quelque chose avec sa popularité», croit M. Daoust.

Le déclin de la popularité de la CAQ remonte 2024, voire à 2023, selon le chroniqueur de Noovo Info.

«Au tout début de 2024, on voyait des signaux et la partielle dans Jean-Talon est un premier craquement, qui était en octobre 2023», note-t-il.

C’est après sa défaite dans la région de Québec que le premier ministre démissionnaire avait annoncé son intention de ramener le projet de troisième lien sur la table.

«Ç’a été le premier craquement en termes de crédibilité pour de grands projets structurants de François Legault», soutient M. Daoust.

Un nouveau chef à la CAQ sauvera-t-il la donne?

La démission de François Legault et l’élection d’un nouveau chef pourraient faire remonter la CAQ dans les sondages, selon le chroniqueur de Noovo Info.

L’arrivée d’un nouveau chef de parti amène de la nouveauté, qui vient souvent «brasser les cartes» sur les intentions de vote.

«Le simple fait que cette personne-là amène de la nouveauté ça bénéficie d’au moins quelques points au parti», soutient M. Daoust.

Il prend en exemple la démission de Justin Trudeau l’an dernier et l’élection de Mark Carney comme chef du Parti libéral du Canada (PLC), qui ont permis au parti de reprendre l’avance dans les sondages.

Mais M. Daoust ne s’attend toutefois pas à ce que de nouveaux candidats se joignent à la CAQ. Selon lui, des membres du parti déjà en place comme Simon Jolin-Barrette, Bernard Drainville ou encore Geneviève Guilbault seront probablement de la course à la chefferie.

«Je m’attends à ce que ça aide la CAQ d’avoir un nouveau chef par l’effet lune de miel, mais aussi parce que c’est quand même difficile de voir la CAQ descendre plus bas», soutient le professeur à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke.

«Merci à un grand premier ministre»

Les réactions ont été nombreuses, particulièrement dans la sphère politique, à la suite du départ de François Legault.

Jean-François Roberge, ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, a écrit sur X qu’il avait «le coeur gros» et que de travailler avec François Legault a été «un privilège extraordinaire».

«Aujourd’hui, le Québec dit merci à un grand premier ministre.»

—  —  Jean-François Roberge, ministre de l’Immigration de la Francisation et de l’Intégration

Le chef du Parti québécois (PQ) Paul St-Pierre Plamondon a tenu à souligner sur X «l’engagement sincère» du premier ministre François Legault envers le Québec et envers les Québécois pendant plus de 25 ans, dont 7 ans «dans la très exigeante fonction de premier ministre».

Rubal Ghazal, députée de Mercier et co-porte-parole de Québec solidaire (QS) a notamment mentionné sur X qu’elle tenait à souligner l’engagement de François Legault envers le Québec et le travail qu’il a accompli au fil des ans, et ce, «peu importe nos différences politiques».

Le chef par intérim du Parti libéral du Québec (PLQ), Marc Tanguay, a pour sa part réagi en disant que s’il avait eu l’occasion de critiquer le travail du premier ministre François Legault au cours des dernières années, il tenait à souligner aujourd’hui «son engagement sincère envers le Québec [...]».

Candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard a salué l’engagement politique constant de François Legault au cours des 25 dernières années.

«Premier ministre depuis 2018, il aura occupé l’une des plus grandes fonctions au service des Québécois, notamment pendant la pandémie de la COVID-19», a-t-il écrit.

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, est d’avis pour sa part que «personne n’est vraiment surpris aujourd’hui de la démission de François Legault».

«Cela étant dit, il a réussi quelque chose de non négligeable en politique québécoise: nous sortir des divisions entre souverainistes et fédéralistes dans lesquelles le PQ et le PLQ rêvent de nous replonger», a-t-il mentionné.

Longue carrière politique

François Legault a été élu premier ministre en 2018 pour la première fois, mettant fin à l’alternance historique entre le Parti libéral du Québec et le Parti québécois.

Après avoir affronté la pandémie de coronavirus en 2020, il a été réélu avec les coudées franches, en 2022, avec 90 députés sur 125.

Le second mandat de M. Legault aura toutefois été marqué par plusieurs controverses, notamment sur les dossiers Northvolt et SAAQclic et, plus récemment, sur la réforme de rémunération des médecins.

Dans la foulée de ces controverses, il a été confronté à des intentions de vote faméliques.

François Legault a fait ses débuts en politique en 1998, année où il a été recruté par l’ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard pour faire partie de son cabinet

Avec des informations d’Émile Bérubé-Lupien et de Jennifer Gravel pour Noovo Info et de La Presse canadienne