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«Merci à un grand premier ministre»: les réactions au départ de François Legault

La démission «surprise» du premier ministre fait grand bruit au Québec: les réactions politiques sont nombreuses.

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Les réactions politiques au départ de François Legault De Charles Milliard à Éric Duhaime, Sabrina Rivet vous présente les réactions à l'annonce de la démission du premier ministre.

La démission de François Legault au poste de premier ministre du Québec fait évidemment grand bruit alors que les réactions sont nombreuses, particulièrement dans la sphère politique.

Les messages sur les réseaux sociaux concernant la démission de François Legault sont nombreux.

«Le coeur gros»

Jean-François Roberge, député caquiste de Chambly et ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, a écrit mercredi sur X qu’il avait «le coeur gros» et que de travailler avec François Legault a été «un privilège extraordinaire».

«Le Québec doit énormément à François Legault», croit M. Roberge. «Sous sa gouverne, le Québec a traversé avec brio la pandémie, réformé de belle manière le réseau scolaire, délégué beaucoup d’actes médicaux à un grand nombre de professionnels, accru la richesse des Québécois et défendu de manière extraordinaire la langue, l’identité, la nation québécoise. »

«Aujourd’hui, le Québec dit merci à un grand premier ministre.»

—  Jean-François Roberge, ministre de l’Immigration de la Francisation et de l’Intégration

Le député caquiste de Papineau et ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, a aussi mentionné sur les réseaux sociaux avoir «le coeur gros».

«Je veux remercier notre premier ministre, François Legault, pour tout ce qu’il a donné au Québec. C’est lui qui m’a donné la chance de faire de la politique en 2018. C’est lui qui m’a fait confiance en me nommant ministre à seulement 30 ans», a-t-il notamment écrit sur Facebook.

«Un engagement sincère»

Le chef du Parti québécois (PQ) Paul St-Pierre Plamondon a tenu à souligner sur X «l’engagement sincère» du premier ministre François Legault envers le Québec et envers les Québécois pendant plus de 25 ans, dont 7 ans «dans la très exigeante fonction de premier ministre».

«Malgré nos désaccords profonds sur les causes de nos difficultés collectives actuelles et sur l’avenir du Québec, François Legault aura toujours été sincère dans sa volonté d’améliorer le sort de la nation québécoise.»

—  Paul St-Pierre Plamondon, chef du PQ

Rubal Ghazal, députée de Mercier et co-porte-parole de Québec solidaire (QS) a notamment mentionné sur X qu’elle tenait à souligner l’engagement de François Legault envers le Québec et le travail qu’il a accompli au fil des ans, et ce, «peu importe nos différences politiques».

«Nous avons souvent été en désaccord au fil de nos échanges, mais je lui souhaite la meilleure des suites», a-t-elle ajouté.

Le chef par intérim du Parti libéral du Québec (PLQ), Marc Tanguay, a pour sa part réagi en disant que s’il avait eu l’occasion de critiquer le travail du premier ministre François Legault au cours des dernières années, il tenait à souligner aujourd’hui «son engagement sincère envers le Québec [...]».

« [...] C’est un dévouement qui mérite tout notre respect. Peu importe nos divergences d’opinions, la politique comporte son lot de sacrifices, particulièrement pour la famille», a-t-il partagé.

Candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard a salué l’engagement politique constant de François Legault au cours des 25 dernières années.

«Premier ministre depuis 2018, il aura occupé l’une des plus grandes fonctions au service des Québécois, notamment pendant la pandémie de la COVID-19», a-t-il écrit.

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, est d’avis pour sa part que «personne n’est vraiment surpris aujourd’hui de la démission de François Legault».

«Cela étant dit, il a réussi quelque chose de non négligeable en politique québécoise: nous sortir des divisions entre souverainistes et fédéralistes dans lesquelles le PQ et le PLQ rêvent de nous replonger», a-t-il mentionné.

«Comme de très nombreux Québécois, j’ai cru le François Legault de l’opposition qui voulait réduire la taille de l’état, remettre de l’argent dans les poches des contribuables, éliminer le déficit, additionner le privé en santé, exploiter nos hydrocarbures, redonner du pouvoir aux régions et défendre l’autonomie québécoise. Force est de constater, après plus de sept ans au pouvoir, qu’il n’a clairement pas atteint ses objectifs», a-t-il ajouté en mentionnant au passage que «l’engagement politique est très dur sur le plan personnel et professionnel».

La démission de François Legault a eu des échos jusqu’à Ottawa alors que le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet a tenu, lui aussi, à saluer «l’engagement de nombreuses années de François Legault au service du Québec», citant sa contribution pour «un nationalisme économique, linguistique et pour le respect de notre différence».

Le premier ministre fédéral, Mark Carney, a également réagit à l’annonce.

«Pendant plusieurs décennies, au service public et dans le monde des affaires, le premier ministre François Legault s’est consacré à la prospérité du Québec. De ses débuts en affaires à ses premières expériences en politique, François Legault a démontré l’importance de voir grand, de prendre des risques et de travailler avec acharnement. François, ce fut un plaisir de collaborer avec toi à bâtir une économie forte en cette période de bouleversements mondiaux sans précédent. Je vous souhaite, à Isabelle et toi, beaucoup de succès et de bonheur», a-t-il écrit.

Réactions du monde des affaires et syndical

Sur les réseaux sociaux, l’homme d’affaires Olivier Primeau a tenu à souligner que, selon lui, François Legault quitte une fonction parmi les plus exigeantes qui soient.

«Aujourd’hui, au-delà des opinions politiques, c’est le moment de reconnaître l’engagement, le travail et la charge immense qu’implique la tête du Québec», a-t-il notamment écrit.

Du côté de la CSN, l’organisation syndicale partage une réaction au départ de François Legault à la tête du Québec avec de moins beaux mots jugeant qu’il a pris «la bonne décision en démissionnant».

«Il était devenu évident qu’il n’était plus l’homme de la situation. Mais au-delà de la personne, ce sont les politiques de la CAQ qui ne fonctionnent pas. La déconnexion de ce gouvernement face aux besoins criants de la population demeure entière», a partagé Carole Senneville, présidente de la CSN.

«Avis au successeur de M. Legault : persister dans la même veine de confrontation avec les organisations syndicales et autres contre-pouvoirs ne sera jamais payant.»

—  Caroline Senneville, présidente de la CSN

À la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), on estime que la démission de François Legault est le résultat «de l’échec des politiques de la CAQ».

«Le virage à droite toute et les politiques populistes de division et d’affrontement de la CAQ ne pouvaient qu’aboutir au départ de celui qui passait les commandes. La population du Québec n’aime pas les chicanes et le chaos. Nous l’avons dit et répété à plusieurs reprises, le bilan des dernières années du gouvernement est catastrophique pour le Québec», a déclaré dans un communiqué la présidente de la FTQ, Magali Picard.

Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Éric Gingras, croit aussi que François Legault a pris «la bonne décision» en démission.

«En raison du bris du dialogue social et du tumulte des derniers mois, le premier ministre a visiblement perdu la confiance des Québécoises et des Québécois. Pour la CSQ, ce gouvernement n’avait déjà plus la légitimité d’aller de l’avant avec des projets de loi qui musèlent les contre-pouvoirs au Québec et entraînent des transformations majeures de l’État de droit», a-t-il partagé dans un communiqué.

François Legault a annoncé en point de presse mercredi qu’il démissionnait, une décision qui survient au lendemain d’un sondage Pallas Data–Qc125–L’Actualité qui plaçait la Coalition avenir Québec (CAQ) au quatrième rang des intentions de vote chez les Québécois, à égalité avec Québec solidaire.