Politique

Churchill Falls: une entente qui peut changer avec le résultat des élections?

«Qui que ce soit qui voudrait déchirer cette entente devra se lever tôt pour se dire pourquoi on se priverait d’autant d’énergie à si bon prix.»

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Churchill Falls: une entente qui peut changer avec le résultat des élections? Le ministre canadien des Travaux publics et de l’Approvisionnement, Joël Lightbound, discute de l’entente énergétique de Churchill Falls.

L’accord concernant l’exploitation du complexe de Churchill Falls a été annoncé en grande pompe lundi. Mais alors que l’entente a notamment été négociée par l’équipe de Christine Fréchette et que l’avenir politique de celle-ci n’est pas assuré en marge des élections provinciales de cet automne, est-ce vraiment la fin de cette saga énergétique?

Le ministre canadien des Travaux publics et de l’Approvisionnement, Joël Lightbound, du moins ne s’inquiète pas du dénouement du scrutin.

«Le matin, je me lève en me demandant ce que je peux faire avec le premier ministre, M. Carney, pour construire le pays, pour bâtir une économie plus forte, plus résiliente. Je ne me lève pas en supposant ou en faisant des hypothèses sur le résultat des élections provinciales», a-t-il assuré en entrevue à Noovo Info, lundi.

L’entente de principe de 2024 prévoyait que le Québec bénéficierait de 7200 mégawatts (MW). Notons que la capacité totale de production d’Hydro-Québec via l’hydroélectricité est actuellement de 37 200 MW.

On prévoit désormais que le Québec pourra retirer 10 000 MW lorsque les projets seront complétés. Le total de la production à Churchill Falls pourra atteindre 14 000 MW.

L’entente de 2024 prévoyait que le coût de la production prévue au-delà de 2035 est de 17 cents/kWh, mais avec la nouvelle entente, Québec a pourra s’approvisionner jusqu’en 2077 «au coût avantageux» de 6 cents/kWh.

«[L’accord], c’est sécuriser notre avenir énergétique pour les décennies à venir. Qui que ce soit qui voudrait déchirer cette entente devra se lever tôt pour se dire pourquoi on se priverait d’autant d’énergie à si bon prix», a fait valoir M. Lightbound.

L’annonce sur Churchill Falls a néanmoins mené à une prise de bec entre Christine Fréchette et le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, au cours de l’après-midi.

La première ministre a envoyé une flèche à son adversaire politique du Parti québécois en laissant entendre qu’un gain de la formation souverainiste aux prochaines élections mettrait en péril le déploiement du projet.

«Je constate que le Parti québécois souhaite annuler cette entente. Il ne veut pas la mettre en œuvre», a lancé Mme Fréchette.

«Alors, que propose-t-il aux Québécois si ce n’est pas cette entente? Où trouvera-t-il les 10 000 mégawatts que nous apportons au Québec?», a-t-elle demandé, assurant que son gouvernement était déterminé à aller de l’avant en raison des besoins énergétiques grandissants du Québec.

La réponse du chef du PQ n’a pas tardé.

Sur le réseau X, Paul Saint-Pierre Plamondon a qualifié la sortie de Mme Fréchette de «fausseté». «La réalité est que personne n’a lu l’entente et que si l’entente est positive pour le Québec, évidement qu’un gouvernement du Parti Québécois aura intérêt à maintenir cette entente», a-t-il écrit.

«Tenter de faire croire aux Québécois que nous avons besoin d’un autre 4 ans de CAQ, car il s’agirait de la seule manière de faire vivre une entente dont on ne sait rien à ce jour est évidemment une manœuvre électorale grossière. L’élection qui vient portera sur le bilan de la CAQ et leur manie de travailler les dossiers sur un coin de table sans aucune transparence», a souligné le souverainiste.

Avec de l’information de Julien Denis pour Noovo Info