Signe que la campagne électorale approche à grands pas, on a pu assister ce lundi à un accrochage entre la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti québécois (PQ) concernant le futur de l’entente sur le mégaprojet énergétique qui doit voir le jour à Churchill Falls au cours des prochaines années.
Lundi la première ministre du Québec Christine Fréchette a accepté l’invitation de son homologue de Terre-Neuve-Labrador, Tony Wakeham, de se déplacer à Saint John’s afin de dévoiler les grandes lignes de l’entente entre les deux provinces sur le développement de Churchill Fall. Le premier ministre du Canada, Mark Carney, était également de la partie.
Lors de la période de questions, Mme Fréchette a admis que l’entente finale serait signée en décembre 2026, confirmant qu’un nouveau gouvernement autre que le sien pourrait être porté au pouvoir d’ici là.
La première ministre a profité de l’occasion pour envoyer une flèche à son adversaire politique du PQ en laissant entendre qu’un gain de la formation souverainiste aux prochaines élections mettrait en péril le déploiement du projet.
«Je constate que le Parti québécois souhaite annuler cette entente. Il ne veut pas la mettre en œuvre», a lancé Mme Fréchette.
«Alors, que propose-t-il aux Québécois si ce n’est pas cette entente? Où trouvera-t-il les 10 000 mégawatts que nous apportons au Québec?», a-t-elle demandé, assurant que son gouvernement était déterminé à aller de l’avant en raison des besoins énergétiques grandissants du Québec.
La réponse du chef du PQ n’a pas tardé.
Sur le réseau X, Paul Saint-Pierre Plamondon a qualifié la sortie de Mme Fréchette de «fausseté». «La réalité est que personne n’a lu l’entente et que si l’entente est positive pour le Québec, évidement qu’un gouvernement du Parti Québécois aura intérêt maintenir cette entente», a-t-il écrit.
«Tenter de faire croire aux Québécois que nous avons besoin d’un autre 4 ans de CAQ car il s’agirait la seule manière de faire vivre une entente dont on ne sait rien à ce jour est évidemment une manoeuvre électorale grossière. L’élection qui vient portera sur le bilan de la CAQ et leur manie de travailler les dossiers sur un coin de table sans aucune transparence», a souligné le souverainiste.
Que dit l’entente?
La nouvelle entente, qui sera valide pour 50 ans, prévoit que le Québec retire plus d’électricité qu’on avait initialement prévu dans l’accord de 2024. Ainsi, la province pourrait passer de 7200 mégawatts (MW) à 10 000.
Ce gain passerait par une amélioration de la centrale existante de Churchill Falls, mais aussi la construction d’une nouvelle centrale hydroélectrique.
On mise aussi sur le développement d’un grand projet d’éolienne.
Hydro-Québec doit investir pas moins de 45 milliards de dollars dans les différents projets.
