On sait maintenant qui a choisi Paul St-Pierre Plamondon pour former son premier conseil des ministres.
Le chef du nouveau gouvernement du Parti québécois (PQ) a opté pour un groupe réduit de 23 ministres. En comparaison, le dernier conseil des ministres dévoilé par François Legault comptait 30 membres.
Au total, 14 hommes et neuf femmes formeront le conseil des ministres de Paul St-Pierre Plamondon.
Voyez tout ce qu’il faut savoir sur le cabinet des ministres St-Pierre Plamondon présenté mercredi.
Finances, Trésor, Économie
Ministère des Finances
C’est un retour aux sources pour Nicolas Marceau, qui hérite du ministère des Finances. L’économiste de formation a occupé le poste sous Pauline Marois, entre 2012 et 2014.
Il avait ensuite survécu à la chute du gouvernement péquiste et avait été réélu pour un nouveau mandat en 2014, avant d’être défait en 2018. M. Marceau quitte ensuite la vie politique et enseignera notamment à l’Université du Québec à Montréal.
Nicolas Marceau succède à Eric Girard, qui a piloté le ministère pendant les deux mandats de la CAQ.
M. Marceau sera aussi ministre responsable des Infrastructures. En compagnie de l’ex-ministre des Finances libérale Monique Jérôme-Forget, il avait justement signé un rapport sur la fiscalité et les finances municipales plus tôt cette année.

Ministère du Développement économique
Stéphane Paquet, qui était auparavant à la tête de Montréal International, est le nouveau ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Énergie. Il succède à Christine Fréchette, qui avait elle-même pris la relève de Pierre Fitzgibbon en 2024. Le bilan économique de la CAQ a été rudement attaqué par ses rivaux lors de la campagne électorale, ceux-ci critiquant notamment sa gestion de la filière batterie (Northvolt, Lion Électrique, Recyclage Lithion, etc.)
M. Paquet, seul député élu à Montréal outre M. Plamondon, sera aussi ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal.
Conseil du trésor
Alain Therrien, qui a aussi de l’expérience comme député à Québec, est nommé ministre responsable de l’Administration gouvernementale et président du Conseil du trésor. M. Therrien a représenté la circonscription de Sanguinet de 2012 à 2018. L’économiste de formation avait fait le saut à Ottawa pour le Bloc québécois en 2019 avant d’être à nouveau élu député de Sanguinet lors des dernières élections générales. Il sera aussi ministre responsable de l’Action communautaire.
Christian Dubé, Sonia LeBel et France-Élaine Duranceau ont été à la tête du Conseil du trésor entre 2018 et 2026. Au fil des mandats de la CAQ, ils ont notamment été au cœur de négociations houleuses avec les enseignants et les médecins.
Santé, Éducation, Immigration, Transports, Justice, Habitation
Ministère de la Santé, de la Prévention et des Aînés
Marie-Karlynn Laflamme est la nouvelle ministre de la Santé, de la Prévention et des Aînés. Elle a œuvré pendant presque 11 ans au sein de l’Université du Québec à Chicoutimi, notamment comme vice-rectrice aux affaires administratives. Elle a également travaillé 10 ans au Centre de santé et de services sociaux de Lac-Saint-Jean-Est.
Mme Laflamme prend la place de Sonia Bélanger, qui avait elle-même succédé à Christian Dubé. Elle aura la lourde tâche de redresser le réseau de la santé. Pendant la campagne électorale, Paul St-Pierre Plamondon avait évoqué l’idée de démanteler Santé Québec pour remplacer la société d’État par une agence.
Ministère de l’Éducation nationale
Paul St-Pierre Plamondon récompense Joël Arseneau, un allié de la première heure, en lui octroyant les rênes du ministère de l’Éducation nationale. Jean-François Roberge, Bernard Drainville et Sonia LeBel se sont succédé à cette fonction.
M. Arseneau est député des Îles-de-la-Madeleine depuis 2018 et était auparavant maire de la région. Il était aux côtés de PSPP en 2022, lorsque le PQ avait enregistré le pire résultat de son histoire en faisant élire trois députés seulement.
Le troisième mousquetaire de l’époque, Pascal Bérubé, sera quant à lui ministre de la Culture, du Patrimoine, des Communications et de la Langue française.
Ministère de l’Immigration
Catherine Gentilcore est nommée ministre de l’Immigration et de l’Intégration. Elle a notamment occupé des fonctions de directrice communications marketing au Devoir, à l’Opéra de Montréal et C2 Montréal avant d’être présidente du Conseil exécutif national du PQ. Elle a remporté l’élection partielle dans Terrebonne en janvier 2025 avant d’être réélue aux dernières élections.
Pendant la campagne électorale, Paul St-Pierre Plamondon s’est engagé à fixer à 35 000 le seuil d’immigration permanente au Québec et à faire passer de 500 000 à environ 250 000 le nombre d’immigrants temporaires sur le territoire.
Ministère des Transports
Nicolas Girard est le nouveau ministre des Transports et de la Mobilité durable. C’est un retour pour lui à l’Assemblée nationale, alors qu’il a siégé dans l’opposition officielle péquiste à l’Assemblée nationale de 2004 à 2012. Il représentait alors la circonscription de Gouin. Depuis 2023, il agissait à titre de directeur général du Réseau de transport de la Capitale (RTC), à Québec.
M. Girard cumulera aussi les fonctions de ministre des Affaires municipales et de responsable de la région de la Capitale-Nationale.
Le PQ ne promet pas de troisième lien autoroutier pour la région, puisqu’il juge que l’infrastructure ne verrait pas le jour dans un premier mandat.
Le chef péquiste s’est plutôt engagé à réduire autrement la congestion routière dans la région de Québec. Le PQ se concentrerait ainsi à la réalisation du tramway et sur l’augmentation de la fréquence et du nombre d’autobus sur le territoire.
Ministère de la Justice
Marie-Claude Sarrazin succède à Simon Jolin-Barrette à la tête du ministère de la Justice. Membre du Barreau du Québec depuis près de 25 ans, Me Sarrazin a été procureure lors de la Commission Gallant sur la modernisation des systèmes informatiques de la Société d’assurance automobile du Québec.
Ses responsabilités ne s’arrêtent pas là. Elle sera aussi ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, des Relations avec les Québécois d’expression anglaise, de la Lutte contre le racisme, de la Lutte contre la discrimination envers les personnes LGBTQ+, de l’Accès à l’information et de la Protection des renseignements personnels et de la Laïcité.
Ministère de l’Habitation
De retour à l’Assemblée nationale, l’ex-analyste politique Elsie Lefebvre hérite du ministère de l’Habitation. Elle succède notamment à France-Élaine Duranceau, qui avait fait un passage remarqué au ministère en raison de déclarations controversées. Mme Lefebvre sera aussi ministre de l’Enseignement supérieur et responsable de la Condition féminine.

Pour contrer la crise du logement au Québec, le PQ mise notamment sur son plan d’accès à la propriété qui inclut trois volets : l’aide aux premiers acheteurs, l’augmentation de l’offre de logements et de maisons et la réduction des seuils d’immigration.
Paul St-Pierre Plamondon a affirmé pendant la campagne électorale qu’un gouvernement péquiste rembourserait la TVQ sur l’achat de maisons neuves ainsi que sur l’autoconstruction (jusqu’à 45 000$) et doublerait aussi le crédit d’impôt pour l’achat d’une première maison (de 1400$ à 3000$)
Le Parti québécois s’est également fixé une cible de 20 000 logements sociaux, dont 2000 logements dédiés aux personnes en situation d’itinérance.
Gentilcore, vice-première ministre et responsable de l’indépendance
En plus de ses responsabilités de ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Catherine Gentilcore assumera aussi les fonctions de vice-première ministre, de ministre responsable de l’Accession du Québec à l’Indépendance et de leader parlementaire.
Traditionnellement, la fonction de vice-premier ministre est assumée par une femme si le premier ministre est un homme et inversement. Catherine Gentilcore succède à Geneviève Guilbault.
Paul St-Pierre Plamondon s’est engagé à organiser un référendum sur l’indépendance dans un premier mandat du PQ. Celui-ci n’aurait cependant lieu qu’à partir du départ de Donald Trump de la Maison-Blanche.
Les nouveaux ministères
Paul St-Pierre Plamondon met sur pied un ministère de l’Intelligence artificielle et du Numérique et c’est Anne Nguyen qui en sera la ministre déléguée. Diplômée en analyse d’affaires à la prestigieuse université Harvard, elle a été nommée en 2024 directrice de l’intelligence artificielle au Conseil de l’innovation du Québec.
Sébastien D’Astous accède de son côté aux fonctions de ministre délégué à l’Efficacité gouvernementale et à l’Allégement réglementaire de l’État. Le PQ compte baisser les dépenses liées à la bureaucratie de 6,6 milliards $ en cinq ans, en réduisant notamment la masse salariale de l’État de 2,5 %.
Un ministère de la Lutte contre l’itinérance verra aussi le jour et sera chapeauté par M. St-Pierre Plamondon lui-même.
Ministre en titre, responsable et délégué
Une différence réside entre les postes de ministre en titre, de ministre responsable et de ministre délégué.
«L’appellation ministre ou ministre en titre est réservée à ceux qui sont à la tête d’un ministère. Le ministre responsable a la charge de l’application d’une loi ou d’une partie de loi alors que le ministre délégué agit généralement comme assistant d’un ministre en titre», peut-on lire sur le site Web de l’Assemblée nationale.
Avec de l’information de La Presse canadienne
