Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, était à Québec mercredi pour présenter son plan d’accès à la propriété.
Il a dénoncé «la pire crise de l’abordabilité (...) de notre histoire moderne»: le prix médian d’une maison unifamiliale est passé de 250 000 $ en 2018 à 491 500 $ aujourd’hui.
«On n’a jamais vu une telle flambée des prix, a-t-il déploré. Le résultat, c’est que nos jeunes, qui (...) travaillent fort, n’ont pas la même chance que leurs parents de devenir propriétaires.»
Pour corriger cette «injustice intergénérationnelle», le PQ propose un plan qui comporte trois volets:
- l’aide aux premiers acheteurs;
- l’augmentation de l’offre de logements et de maisons;
- la réduction des seuils d’immigration.
Un gouvernement péquiste rembourserait la TVQ sur l’achat de maisons neuves ainsi que sur l’autoconstruction (jusqu’à 45 000 $).
Cet engagement lui coûterait 75 millions $ par année.
Puis, il doublerait le crédit d’impôt pour l’achat d’une première maison (de 1400 $ à 3000 $), une mesure qu’il chiffre à 55 millions $.
Par ailleurs, le PQ croit qu’il pourra stimuler la construction de logements et de maisons notamment en allégeant le fardeau réglementaire des entreprises.
Il souhaite également lancer une «vaste opération» pour éliminer les programmes inefficaces du gouvernement, et harmoniser le Code du bâtiment à l’échelle du Québec.
Enfin, le plan du PQ repose en grande partie sur la réduction de l’immigration «afin d’équilibrer l’offre et la demande».
L’immigration est «évidemment liée à la crise de l’abordabilité», a soutenu M. St-Pierre Plamondon en point de presse mercredi.
Son parti compte réduire de moitié le nombre d’immigrants temporaires présentement au Québec. Il souhaite que leur nombre passe de 500 000 à environ 250 000.
«En 2023, le Québec a accueilli 225 000 nouvelles personnes sur son territoire. Et nous n’avons même pas construit 40 000 habitations», a souligné le chef péquiste.
«Donc évidemment que tout ça ensuite crée de la rareté des logements!»
Selon lui, le «rééquilibrage» du nombre de personnes en proportion du nombre de logements «va avoir également un effet sur les prix des maisons et des loyers».
«On ne parle pas de blâmer qui se soit, mais bien de blâmer de très mauvaises politiques sous la Coalition avenir Québec (CAQ)», a-t-il affirmé.
«Après huit ans de gouvernement Legault-Fréchette, le bilan de la CAQ en matière de logement et d’accessibilité à la propriété, il est indéfendable.»
En 2024, le PQ voulait s’inspirer du «Mon taux, mon toit» de Robert Bourassa et offrir un rabais sur le taux d’intérêt aux premiers acheteurs afin de garantir un taux avoisinant 3.5 %.
Or, cette proposition ne figure plus dans son plan.
«À la lumière de l’évolution de l’économie, ça n’aurait pas été, dans le contexte actuel, la meilleure manière de dépenser (...) pour rétablir une équité», a expliqué Paul St-Pierre Plamondon.
«Deux ans plus tard, si le marché change, on va toujours être en recalcul», a-t-il assuré.
