Politique

Carney n’a «aucun rival évident» parmi les conservateurs

Selon un sondage, 33% des répondants estiment qu’aucun conservateur ne peut battre le premier ministre.

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Le premier ministre Mark Carney s'exprime devant la résidence officielle du premier ministre du Canada, située au 24, promenade Sussex, à Ottawa, le vendredi 26 juin 2026. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Mark Carney s'exprime devant la résidence officielle du premier ministre du Canada, située au 24, promenade Sussex, à Ottawa, le vendredi 26 juin 2026. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE (Adrian Wyld)

Il n’y a «aucun rival évident» parmi les politiciens conservateurs du Canada face au premier ministre Mark Carney, selon un nouveau sondage de Nanos Research commandé par CTV News.

Ce sondage, mené de façon aléatoire auprès de Canadiens par téléphone et en ligne du 28 au 30 juillet, présentait une liste de politiciens conservateurs et demandait lesquels auraient une chance de battre Carney s’ils étaient à la tête du Parti conservateur du Canada.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Selon le sondage, 16% des répondants ont nommé l’ancien premier ministre Stephen Harper, tandis que l’actuel chef de l’opposition officielle, Pierre Poilievre, a recueilli 15% des voix. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, se situe quant à lui à 11%.

Cependant, 33% des Canadiens interrogés ont déclaré qu’«aucun ne peut battre» Carney.

D’autres conservateurs de premier plan, dont Peter MacKay, Rona Ambrose, Danielle Smith, Jean Charest et Lisa Raitt, ont chacun recueilli moins de 10% des voix, tandis que Jason Kenney, Mark Mulroney, Erin O’Toole, Andrew Scheer, Leslyn Lewis, Tim Houston, Jamil Jivani et Caroline Elliott ont chacun obtenu 5% ou moins.

S’adressant à CTV News, Nik Nanos, fondateur et chef des sciences de données chez Nanos Research, affirme que ce sondage contient à la fois «de bonnes et de mauvaises nouvelles» pour Pierre Poilievre.

«Seulement 15% des Canadiens pensent qu’il a une chance de battre Mark Carney; il n’est donc pas perçu comme un premier ministre potentiel ni comme un rival sérieux. C’est la mauvaise nouvelle», a-t-il expliqué. «La bonne nouvelle, c’est qu’il ne semble pas y avoir de candidat caché dans l’ombre ou dans les coulisses que les gens considèrent comme une véritable alternative à Pierre Poilievre.»

En juillet, M. Poilievre a attisé les querelles internes au sein du Parti conservateur après avoir qualifié l’équipe de Caroline Elliott, candidate malheureuse à la direction du Parti conservateur de la Colombie-Britannique, de «lobbyistes libéraux venus de l’Est».

Interrogé sur les raisons pour lesquelles aucune campagne publique en faveur d’un autre chef conservateur n’a été lancée malgré les résultats en baisse dans les sondages, M. Nanos a mis en avant les politiques «modérées» de M. Carney, telles que l’abolition de la taxe sur le carbone pour les consommateurs et la priorité accordée aux projets énergétiques comme un pipeline.

«Je pense que pour beaucoup d’électeurs modérés et peut-être pour des conservateurs un peu progressistes, Mark Carney présente en fait un grand attrait», a souligné M. Nanos.

Ce dernier sondage révèle également une tendance similaire en ce qui concerne la popularité personnelle de Carney auprès des Canadiens depuis sa victoire aux élections fédérales de 2025.

Le plus récent sondage de Nanos Research, publié le 28 juillet, montre que M. Carney demeure le premier ministre préféré, avec un appui de 54%, tandis que M. Poilievre recueille 18,2%.

Cependant, alors que l’intention de vote fédérale globale reste en faveur des libéraux au pouvoir, cet écart est moins important que celui observé dans les cotes de popularité des chefs de parti: les libéraux recueillent 44,7% d’appui et les conservateurs 29,5%, selon Nanos Research. Le NPD, quant à lui, recueille 12,7 % d’appui.

Selon le sondage, l’imprévisibilité du président américain Donald Trump a largement permis à Mark Carney de profiter d’une longue période de «lune de miel» auprès des Canadiens.

«Toutes les options sont sur la table» dans les négociations commerciales avec les États-Unis, dit Carney Voyez le compte-rendu de Lili Mercure.

«La confiance des consommateurs stagne. Il n’y a pas d’entente avec les Américains. Les gens s’inquiètent de ne pas pouvoir payer leurs factures, et ils sont de très mauvaise humeur», a dit M. Nanos. «Mais le fait est que, pour l’instant, il semble qu’ils n’en tiennent pas le gouvernement libéral ni Mark Carney pour responsables.»

L’expert a précisé à CTV News que l’automne pourrait constituer un test de taille pour le premier ministre, avec les élections au Québec et le référendum en Alberta qui approchent.

«Il a connu une lune de miel prolongée parce qu’il s’est montré très proactif et qu’il s’est beaucoup investi à l’extérieur pour tenter d’établir des relations commerciales et d’attirer des investissements au Canada», a-t-il mentionné. «C’est lui qui a dicté l’ordre du jour. Il n’aura pas autant de contrôle sur l’ordre du jour cet automne. Ce sera un test de taille pour lui et pour ce gouvernement.»

Méthodologie: Nanos Research, sondage aléatoire hybride par téléphone et en ligne à cadre double (RDD), du 28 au 30 juillet 2026, n = 1 104, marge d’erreur de ± 3,0 points de pourcentage, 19 fois sur 20.