Un agent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a été suspendu, a indiqué le corps de police à Noovo Info. Ses propres collègues auraient dénoncé des comportements dégradants à l’endroit d’une personne en situation d’itinérance.
Les informations d’abord rapportées par La Presse ont été confirmées par Noovo Info.
D’après le récit des évènements, le policier aurait uriné sur un sans-abri alors qu’il était sur ses heures de travail. Une enquête interne est en cours, a confirmé le SPVM à Noovo Info, sans toutefois confirmer la raison de la suspension.
«Sachez que le SPVM prend au sérieux toute allégation visant l’un de ses membres et que, quelle que soit la nature de l’enquête menée à l’interne, nous sommes déterminés à aller au fond des choses et à prendre les actions requises», s’est contenté d’écrire le module des relations de presse dans un courriel.
Les faits se seraient déroulés sur le territoire du poste 21 qui dessert les secteurs Centre-Sud, le Vieux-Montréal et le Ville-Marie, où l’itinérance a gagné du terrain au cours des dernières années.
Ce sont d’autres policiers choqués par la situation qui auraient interpelé la direction du SPVM après que l’agent ait été aperçu en train d’uriner sur une personne en situation d’itinérance.
Le policier soupçonné de comportements humiliants ne ferait face à aucune accusation.
Comportement humiliant: un autre agent suspendu
Ces allégations sont conjointes à une autre suspension dans le même poste de quartier – une suspension confirmée par le SPVM à Noovo Info.
Des images montrant un patrouilleur en train de poser avec un suspect dans une position humiliante auraient circulé, d’après La Presse.
Cet agent ne ferait face à aucune accusation, mais une enquête distincte aurait été ouverte, dit la police.
La mairesse de la métropole, Soraya Martinez Ferrada, a souhaité que toute la lumière soit faite sur les comportements allégués. «Les allégations concernant des agents du PDQ 21 sont très graves et heurtent cette dignité à laquelle tous ont droit. Je salue les policiers qui ont dénoncé cette situation. L’enquête doit maintenant suivre son cours», a-t-elle écrit.
Cette information paraît alors que se déroule vendredi la 37e édition de la Nuit des sans-abri, évènement qui vise à briser les préjugés entourant l’itinérance. De nombreux rassemblements sont prévus aux quatre coins du Québec.
Les allégations de comportements humiliants de la part de policier ont «révolté» l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal.
Dans un message qu’on a fait parvenir à Noovo Info, la Cheffe intérimaire de Projet Montréal, Ericka Alneus, a indiqué que l’on devait s’attendre à ce que «chaque personne soit traitée avec dignité et respect, particulièrement par celles et ceux qui ont la responsabilité de protéger la population».
Elle a ajouté que de «porter un uniforme ne place personne au-dessus des règles» et demande si le règlement contre l’incivilité «s’applique aussi aux agents en fonction».
La Fraternité des policiers et policières de Montréal n’a pas commenté directement les allégations concernant les policiers impliqués. Mais on a toutefois condamné «totalement et fermement tout atteinte à la dignité de quiconque, ainsi que tout comportement dérogatoire et contraire à ses valeurs et à celles des policiers et policières de Montréal.»
L’itinérance ne cesse de gagner du terrain au Québec. Une récente étude réalisée en 2025 indiquait qu’au moins 12 000 personnes se trouvaient en situation d’itinérance visible dans les 15 régions de la province.
Il s’agit d’une hausse de 1873 personnes en quatre ans.
C’est dans la région de Montréal où l’on dénombre le plus de personnes en situation d’itinérance, avec 5036 individus.
Nouvellement élu, le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon a promis lors de la campagne de faire de la lutte de l’itinérance l’une de ses grandes priorités.
