Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé que la dernière suspension d’un agent affecté dans l’arrondissement de Montréal-Nord était liée à un troisième incident d’inconduite présumé.
Le directeur du SPVM, Fady Dagher, avait annoncé en juin la dissolution et le désarmement d’une unité de patrouille composée de 16 agents, à la suite d’allégations de racisme, de fautes professionnelles et de comportement criminel.
La police avait suspendu trois de ces agents ce même mois, précisant qu’elle avait transmis les dossiers au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) tout en menant une enquête interne.
Dans un courriel, un porte-parole de la police a indiqué que deux agents avaient été suspendus à la suite d’un même incident, un troisième agent ayant ensuite été suspendu en lien avec un deuxième incident distinct.
La police a indiqué qu’un quatrième agent a été suspendu le 19 août, en lien avec un troisième incident.
Parmi les allégations rendues publiques en juin figuraient notamment des informations selon lesquelles des agents de cette unité de 16 membres auraient conservé les cheveux de citoyens issus de minorités ethniques comme des trophées.
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, M. Dagher et le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, ont tenu une conférence de presse le 21 août pour annoncer de nouvelles mesures visant à renforcer la confiance du public dans les forces de l’ordre, mais n’ont pas mentionné cette dernière suspension.
Le SPVM a refusé de préciser à quel moment M. Dagher avait été informé de la suspension d’un quatrième agent.
La nouvelle de cette suspension a conduit l’opposition officielle au sein du conseil municipal à réitérer son appel à une enquête publique indépendante sur ces allégations, alors que la campagne électorale provinciale doit démarrer jeudi.
«Une enquête indépendante doit être déclenchée pour faire la lumière sur l’ensemble des événements. La mairesse Soraya Martinez Ferrada n’a pas fermé la porte, mais qu’en est-il des candidats et candidates au poste de premier ou première ministre du Québec ? S’engagent-ils à déclencher une enquête indépendante après la campagne électorale ?», a questionné Ericka Alneus, cheffe par intérim de l’opposition officielle Projet Montréal, dans un communiqué de presse.
Elle a ajouté que ces allégations avaient «profondément ébranlé» la confiance du public envers les forces de police.
La police de Montréal mène actuellement une enquête interne. Le ministre québécois de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, a nommé une observatrice indépendante chargée de superviser cette enquête.
Le Commissaire à l’éthique et à la déontologie mène également une enquête sur ces événements à la demande de M. Lafrenière. Cette enquête est distincte de celle menée par les services de police.
La semaine dernière, Mme Martinez Ferrada et M. Dagher ont annoncé que la Ville souhaitait commencer à équiper les policiers de caméras corporelles d’ici un an afin de renforcer la sécurité publique et de rétablir la confiance.
Dans ses demandes adressées au prochain gouvernement du Québec, rendues publiques mercredi, Mme Martinez Ferrada a réclamé une augmentation du budget alloué à la police municipale, notamment pour l’acquisition de ces caméras. La Ville indique également vouloir recruter 225 policiers supplémentaires par an.
Un document rendu public lundi révèle que le SPVM devrait dépasser son budget de 67 millions $ cette année.
