Un quatrième policier du poste de quartier 39 à Montréal-Nord a été suspendu en lien avec les allégations de gestes racistes à l’endroit de citoyens, a annoncé mardi le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
Par voie de communiqué, le SPVM mentionne que ladite suspension est entrée en vigueur le 19 août dernier. «Les faits reprochés auraient eu lieu alors que le policier travaillait au sein du groupe ayant été dissout en juin dernier», indique-t-on.
«Compte tenu de l’enquête en cours, nous ne divulguerons aucun autre détail ni n’accorderons d’entrevue sur le sujet. Le SPVM continuera toutefois de tenir le public informé de l’évolution de cette enquête menée par la Division des normes professionnelles du SPVM», a déclaré le service de police.
À la mi-juin, le chef du SPVM, Fady Dagher, a dévoilé que des policiers ont été suspendus en raison d’actes racistes présumés à l’endroit des résidents de l’arrondissement de Montréal. D’autres policiers ont également été affectés à d’autres tâches.
Certains des 16 agents qui font l’objet d’une enquête auraient coupé les cheveux de citoyens issus de minorités ethniques pour les conserver comme «trophées», ont rapporté de nombreux médias.
«Le SPVM réitère que les comportements discriminatoires ou racistes sont inacceptables et ne seront pas tolérés, que ce soit au sein de son personnel ou à l’endroit des citoyennes et citoyens», a conclu le SPVM dans son communiqué.
La police a transmis certains éléments de preuve au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), tandis que sa division des normes professionnelles poursuit son enquête.
Le ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, a nommé en juin la professeure de droit Anne-Marie Boisvert en tant qu’observatrice indépendante chargée de suivre les enquêtes sur ces allégations.
Ces allégations ont suscité des appels de la part des habitants, d’associations locales et de la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, en faveur d’une enquête publique indépendante.
Elles ont également relancé l’examen minutieux des relations entre la police et les résidents de Montréal-Nord, où les défenseurs de la communauté s’inquiètent depuis des années du profilage racial et de pratiques policières discriminatoires.
Le chef du SPVM, Fady Dagher, a affirmé que la police n’avait reçu aucune plainte de la part de citoyens concernant les agissements présumés qui ont finalement conduit au démantèlement de l’unité.
Une nouvelle équipe a été déployée le 13 juillet pour remplacer l’unité de patrouille dissoute.

