Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a procédé au démantèlement d’une équipe de policiers du poste 39 de l’arrondissement de Montréal-Nord. Certains patrouilleurs de nuit sont soupçonnés d’avoir commis des actes «discriminatoires et racistes» à l’endroit de personnes interpellées.
C’est ce qu’a annoncé le chef du SPVM, Fady Dagher, après avoir convié les médias pour «une annonce importante» vendredi soir à 22h30.
Au moins deux policiers ont été suspendus, tandis que 14 autres ont été retirés de la patrouille de nuit et ont été assignés à d’autres tâches sans contact avec la population, alors qu’une enquête est toujours en cours.
«Choqué», le chef du SPVM dit avoir été mis au courant en mars de gestes «préoccupants» de la part de policiers. Des collègues policiers auraient dénoncé ces gestes.
Un dossier concernant une intervention policière a été transféré au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Des accusations pourraient être portées contre les policiers.
«Le racisme et tout acte répréhensible ne seront pas tolérés», a mentionné M. Dagher, ajoutant que ce point de presse était nécessaire afin de faire preuve de transparence à l’endroit de la population. «Je suis extrêmement déçu», a-t-il confié.
Plus tôt en soirée vendredi, La Presse et Radio-Canada avaient rapporté certaines informations, notamment que des policiers auraient coupé les cheveux de citoyens racisés afin d’en faire des «trophées». M. Dagher a indiqué en conférence de presse que cela faisait «partie des allégations».
Les policiers impliqués dans cette affaire auraient entre trois et quatre années d’expérience dans le métier. Deux femmes font partie du groupe de policiers, les autres étant des hommes.
Le SPVM a également tenu à rassurer les résidents de Montréal-Nord, martelant que les autorités sont là pour protéger avant tout.
«Inacceptable»
De son côté, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, dit avoir été mise au courant de la situation. Mme Martinez Ferrada affirme avoir immédiatement interpellé le ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière.
«Nous avons convenu de travailler ensemble pour accélérer l’implantation de caméras corporelles au sein du SPVM. Toute forme de profilage racial ou de violence est inacceptable.»
— Soraya Martinez Ferrada (@SorayaMartinezF) June 13, 2026
M. Lafrenière a réagi sur les réseaux sociaux vendredi soir et a qualifié que les gestes allégués «sont complètement inacceptables et choquants».
«Ce qui me rassure, c’est que ce sont des policiers eux-mêmes qui ont dénoncé ces gestes. J’ai confiance dans les enquêtes qui sont menées. Je vais suivre ce dossier de près et m’assurer que tout sera mis en place pour faire la lumière sur les événements. Avec la mairesse, je me suis engagé à poursuivre le travail pour l’implantation de caméras corporelles.»
Les gestes allégués sont complètement inacceptables et choquants. Les policiers sont là pour protéger et servir les citoyens. J’ai parlé avec la mairesse @SorayaMartinezF et le directeur du @SPVM ce soir, et j’ai offert notre soutien.
— Ian Lafrenière (@IanLafreniere) June 13, 2026
Ce qui me rassure, c’est que ce sont des…
Une «période difficile» à venir
Depuis son entrée en fonction comme directeur du SPVM en 2022, Fady Dagher a fait de la prévention du profilage racial l’une de ses priorités.
«Ça fait quand même 30 ans, pour moi, que c’est une cause le rapprochement avec les populations, et le rapprochement sain et non discriminatoire», a-t-il affirmé lors de la conférence de presse de vendredi.
«Je suis vraiment déçu ce soir, pas pour Fady, mais pour les autres policiers et policières. Je suis extrêmement déçu pour eux, parce qu’ils font un travail remarquable», a-t-il ajouté, rappelant que l’enquête sur les comportements discriminatoires allégués a débuté grâce à des renseignements d’employés à l’interne.
M. Dagher a dit s’attendre à ce que l’annonce effectuée vendredi soir engendre une «certaine méfiance» au sein de la population. Il a indiqué qu’il s’apprête à amorcer une tournée pour aller à la rencontre des partenaires du milieu communautaire.
«Ça va être une période difficile, je l’anticipe déjà», a-t-il déclaré.
«Le village va devoir prendre une décision, de voir est-ce qu’on reste sur le pont, puis on embarque ensemble, puis on va de l’avant, puis on travaille fort pour qu’on puisse rétablir le lien de confiance, ou alors est-ce qu’on laisse tomber?»
Toute personne ayant des informations concernant ces événements est invitée à contacter le département des normes professionnelles du SPVM, au 514-280-0200.


