Selon les informations de la Sûreté du Québec (SQ), les résultats des analyses du fameux baril «ancien», qui a mobilisé les forces de l’ordre à l’île aux Canards, une île de l’archipel de L’Isle-aux-Grues, pourraient être connus ce mardi 3 novembre.
Par Édouard Bérubé, Initiative de journalisme local
«En toute transparence, on attend potentiellement le retour des analyses, si on est optimiste, demain [mardi 3 novembre]», précise la sergente Audrey-Anne Bilodeau.
Des informations circulent présentement au sein de la population concernant le fait que le baril contiendrait effectivement de l’anthrax.
Or, la Sûreté du Québec a démenti ces informations, puisqu’elle ne connaît pas elle-même les résultats des analyses, qui sont présentement effectuées dans un laboratoire.
«Une chose est certaine, j’ai vérifié ce matin et on ne les a toujours pas reçus [les résultats]. Puis, on ne s’attend pas à les recevoir aujourd’hui non plus», ajoute-t-elle.
Noovo Info a appris que le baril pourrait contenir un produit neurotoxique dangereux.
Les échantillons sont dans les mains de laboratoires militaires canadiens spécialisés à Suffield, en Alberta, pour confirmer la nature de la substance. Des analyses préliminaires n’ont permis de tirer aucune conclusion.
D’après ce qu’a appris Noovo Info, le contenu de ce baril inquiète la Sûreté du Québec (SQ). La Gendarmerie royale du Canada (GRC) et les Forces armées canadiennes (FAC) ont refusé de commenter la situation auprès de Noovo Info.
Grosse-Île, le «Projet N» et la Seconde Guerre mondiale
Au cœur des inquiétudes: des inscriptions «US Army» et des dates trouvées sur le mystérieux baril, ce qui pourrait signifier qu’il daterait de la Seconde Guerre mondiale.
Des liens avec le «Projet N» ne sont donc pas impossibles.
Avec la création de la bombe atomique et le décryptage de la machine Enigma, le Projet N est cité par les journalistes d’enquête Yves Bernard et Vincent Frigon comme le «troisième secret» du conflit armé le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité.
Selon les recherches de Bernard et Frigon, qui ont signé le livre Le Projet N, des scientifiques canadiens, britanniques et américains se sont affairés entre 1942 et 1944 à la fabrication d’un demi-million de bombes à l’anthrax destinées à des attaques contre l’Allemagne hitlérienne.
«À la fin de l’opération, la quantité d’anthrax stockée sur l’île aurait suffi à exterminer trente fois la population mondiale», selon les découvertes de Bernard et Frigon parues cette année.
Le site de cette ancienne opération militaire de destruction massive bactériologique: Grosse-Île, petite île située en plein centre du fleuve, entre l’île d’Orléans et l’Isle-aux-Grues, le même secteur où est aujourd’hui découvert le baril suspect, plus de 80 ans plus tard.
La trouvaille sur la petite île aux Canards, qui fait partie de l’archipel de l’Isle-aux-Grues, est utilisée pour la chasse et appartient à une famille locale selon le journal L’oie blanche, a déclenché mardi dernier une opération policière d’envergure de la part de la SQ, avec le déploiement d’un hélicoptère et de drones.
