Patrouille

Le mystérieux baril ancien découvert dans le secteur de Montmagny pourrait contenir un produit neurotoxique dangereux

Des échantillons sont dans les mains de laboratoires militaires canadiens spécialisés à Suffield, en Alberta, pour confirmer la nature de la substance.

Publié le 

Découverte d’un mystérieux baril dans le fleuve Saint-Laurent Importante opération policière au large de Montmagny: un mystérieux baril découvert dans le fleuve suscite des inquiétudes.

Qu’est-ce qui se trouve dans ce vieux baril découvert par un citoyen sur une petite île du fleuve Saint-Laurent cette semaine, au large de Montmagny? Noovo Info a appris que des analyses d’échantillons sont en cours et que le baril pourrait contenir un produit neurotoxique dangereux.

Selon nos sources, les échantillons sont dans les mains de laboratoires militaires canadiens spécialisés à Suffield, en Alberta, pour confirmer la nature de la substance. Des analyses préliminaires n’ont permis de tirer aucune conclusion.

D’après ce qu’a appris Noovo Info, le contenu de ce baril inquiète la Sûreté du Québec (SQ). La Gendarmerie royale du Canada (GRC) et les Forces armées canadiennes (FAC) ont refusé de commenter la situation auprès de Noovo Info.

D’ici la réception des résultats des analyses, prévue la semaine prochaine, le baril a été sécurisé d’urgence et fait l’objet d’une surveillance rapprochée, 24 heures sur 24. Les autorités interdisent l’accès au baril.

Grosse-Île, le «Projet N» et la Seconde Guerre mondiale

Au cœur des inquiétudes: des inscriptions «US Army» et des dates trouvées sur le mystérieux baril, ce qui pourrait signifier qu’il daterait de la Seconde Guerre mondiale.

Des liens avec le «Projet N» ne sont donc pas impossibles.

Avec la création de la bombe atomique et le décryptage de la machine Enigma, le Projet N est cité par les journalistes d’enquête Yves Bernard et Vincent Frigon comme le «troisième secret» du conflit armé le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité.

Selon les recherches de Bernard et Frigon, qui ont signé le livre Le Projet N, des scientifiques canadiens, britanniques et américains se sont affairés entre 1942 et 1944 à la fabrication d’un demi-million de bombes à l’anthrax destinées à des attaques contre l’Allemagne hitlérienne.

«À la fin de l’opération, la quantité d’anthrax stockée sur l’île aurait suffi à exterminer trente fois la population mondiale», selon les découvertes de Bernard et Frigon parues cette année.

Le site de cette ancienne opération militaire de destruction massive bactériologique: Grosse-Île, petite île située en plein centre du fleuve, entre l’île d’Orléans et l’Isle-aux-Grues, le même secteur où est aujourd’hui découvert le baril suspect, plus de 80 ans plus tard.

Baril ancien Localisation de la découverte d'un baril suspect en octobre 2026, dans le secteur de Montmagny. (Noovo Info)

«Vous devenez un cadavre»

Selon les informations obtenues par Noovo Info, le baril pourrait ne pas contenir de l’anthrax en tant que tel, mais s’il s’agit bel et bien d’une substance neurotoxique, l’effet «puissant» d’entrer en contact avec un tel produit pourrait être tout aussi fatale, selon Rémi Landry.

«À l’intérieur de quelques minutes, […] vous devenez un cadavre», a commenté le lieutenant-colonel retraité des Forces armées canadiennes en entrevue avec Noovo Info, jeudi.

«Ce sont des produits qui sont très, très, très, très dangereux, qui sont illégaux.»

—  Rémi Landry, lieutenant-colonel retraité des Forces armées canadiennes

M. Landry se souvient que, pendant ses 34 années de service, il a dû s’entraîner dans l’éventualité d’un contact avec des agents toxiques de ce type. «Durant la Guerre froide, lors d’exercices en Allemagne, on avait des habits pour nous protéger», dit l’ex-militaire.

D’où l’importance, en cas de doute, de déterminer clairement la composition de la substance que contient le baril.

«Si c’est quelque chose qui date de la Deuxième Guerre, je suis pratiquement convaincu qu’on a déjà des moyens pour le contenir et éventuellement le transporter, puis le détruire dans un endroit approprié pour le faire», croit Rémi Landry.

Déploiement d’envergure

La trouvaille sur la petite île aux Canards, qui fait partie de l’archipel de l’Isle-aux-Grues, est utilisée pour la chasse et appartient à une famille locale selon le journal L’oie blanche, a déclenché mardi une opération policière d’envergure de la part de la SQ, avec le déploiement d’un hélicoptère et de drones.

Selon ce qu’indiquait la SQ aux médias mardi, la Ville de Montmagny et la Santé publique collaborent dans ce dossier explosif.

L’Île aux Canards est une petite île privée située entre la Grosse-Île et l’Isle-aux-Grues. Elle est principalement utilisée pour la chasse et appartient à la famille Lachance.

- Avec la collaboration de Guillaume Théroux pour Noovo Info