Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Fady Dagher, a été élu mardi à titre de président de l’Association canadienne des chefs de police (ACCP) pour un mandat de deux ans.
Il succède au commissaire Thomas Carrique, de la Police provinciale de l’Ontario, dont le mandat avait débuté en 2024.
«Je suis profondément touché par la confiance que les membres de l’ACCP m’ont accordée», a réagi le chef du SPVM par communiqué. «J’envisage avec enthousiasme l’occasion de travailler aux côtés des dirigeants policiers à travers le pays pour contribuer à façonner l’avenir de notre profession et continuer à faire progresser la sécurité publique pour tous les Canadiens.»
Dans le cadre de ses fonctions, M. Dagher contribuera à promouvoir un leadeurship policier novateur et inclusif, à soutenir les priorités en matière de sécurité publique et à faire entendre la voix des dirigeants policiers dans les grands débats nationaux à travers le pays, a-t-on indiqué par communiqué.
Son élection est survenue lors de la deuxième partie de l’Assemblée générale annuelle, qui a eu lieu lors du 121e Sommet annuel de l’ACCP à Edmonton, en Alberta.
«Le directeur Dagher s’est distingué par une approche de leadership fondée sur l’innovation, la collaboration et l’engagement communautaire», a-t-on expliqué par communiqué. «Il a défendu des initiatives visant à renforcer la confiance du public, à améliorer la sécurité communautaire et à favoriser des partenariats significatifs avec des communautés diversifiées.»
Fady Dagher a plus de 30 ans d’expérience dans le milieu policier. Il a occupé différents postes avant de devenir gestionnaire. De 2017 à 2022, il a été directeur du Service de police de l’agglomération de Longueuil. Il est entré en fonction à titre de directeur du SPVM en 2023.
Né en Côte d’Ivoire de parents d’origine libanaise, il est titulaire d’une maîtrise en administration des affaires pour cadres (EMBA) de l’Université McGill – HEC Montréal et a reçu plusieurs prix au cours de sa carrière.
Allégations de racisme au sein du SPVM
Rappelons que le SPVM est plongé au cœur d’un scandale avec le poste de quartier de Montréal-Nord concernant des allégations de racisme. Le chef de police avait fait une mise au point lors d’une assemblée publique sur l’avancée de son équipe sur l’enquête en cours, entamée le 12 juin dernier, devant la commission publique de sécurité de la Ville de Montréal.
Sur les seize policiers qui sont concernés, trois policiers ont été suspendus de leurs fonctions, trois ont été réaffectés à des tâches administratives et le reste de l’équipe de travail a été mutée. Tous les policiers de cette équipe, le groupe 1, ont été désarmés, avait rapporté M. Dagher.
Lors de l’audience publique, plusieurs citoyens ont témoigné sur la présence policière dans Montréal-Nord, dénonçant un racisme systémique qui perdure depuis de nombreuses années.
M. Dagher avait plaidé qu’il fallait faire un «changement de culture» au sein du corps de police.
«Ce changement de culture sera long et difficile. Nous sommes à mi-chemin de mon mandat, nous avons déjà accompli beaucoup. Le SPVM a avancé sur la lutte contre le racisme et les questions de discrimination, mais il reste beaucoup de chemin à faire», avait-il dit.
«On va s’asseoir avec eux, ça, c’est dans l’immédiat, dans les prochaines semaines et prochains mois pour monter ces recommandations et en faire un plan d’action, mais qui appartient aux deux et non pas au SPVM», avait confié M. Dagher à Noovo Info.
Un ensemble de mesures plus concrètes devrait d’ailleurs être annoncé à l’automne.
Le SPVM poursuit son enquête interne, à laquelle participe une observatrice indépendante nommée par le ministère de la Sécurité intérieure, l’avocate Anne-Marie Boisvert.
Avec des informations de La Presse canadienne et de Noovo Info

