Un «changement de culture» s’impose au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a admis Fady Dagher mardi.
C’est devant les élus municipaux que le chef du SPVM a martelé que le scandale survenu au poste 39 de Montréal-Nord est «inacceptable» et que des mesures devront être mises en place afin que des allégations d’inconduite et de racisme ne se reproduisent plus.
Or, un changement de culture ne se fait pas du jour au lendemain, a affirmé M. Dagher.
«Ce changement de culture sera long et difficile. Nous sommes à mi-chemin de mon mandat, nous avons déjà accompli beaucoup. Le SPVM a avancé sur la lutte contre le racisme et les questions de discrimination, mais il reste beaucoup de chemin à faire», a-t-il lancé.
Selon M. Dagher, un changement de culture se déroule sur une période de sept à dix ans, bien qu’il croit que le tout aurait dû commencer depuis des années, voire des décennies.
M. Dagher a fait une mise au point lors d’une assemblée publique sur l’avancée de son équipe sur l’enquête en cours, entamée le 12 juin dernier, devant la commission publique de sécurité de la Ville de Montréal.
M. Dagher indique que sur les seize qui sont concernés, trois policiers ont été suspendus de leurs fonctions, trois ont été réaffectés à des tâches administratives et le reste de l’équipe de travail a été mutée. Tous les policiers de cette équipe, le groupe 1, ont été désarmés.
Le SPVM poursuit son enquête interne, à laquelle participe une observatrice indépendante nommée par le ministère de la Sécurité intérieure, l’avocate Anne-Marie Boisvert.
Bien qu’il se dise ouvert à la tenue d’une commission publique sur l’existence de racisme systémique au sein des organisations policières québécoises, il estime qu’il ne s’agit pas de la voie la plus rapide pour la mise en place de mesures pouvant contrer ces comportements.
Une ligne téléphonique a été mise en place afin de recueillir les signalements de gestes et d’inconduites de la part de policiers.
Le SPVM suit son plan de lutte contre le racisme, qu’il avait déjà établi en avril, et reste à l’écoute des nombreux partenaires rencontrés au courant des dernières semaines, afin de coconstruire son plan de réponse.
Pour le moment, l’approche priorisée par l’organisation est une écoute et une présence sur le terrain, afin de maintenir un lien de confiance fragilisé par les évènements.
Un ensemble de mesures plus concrètes doit être annoncé à l’automne, souligne M. Dagher.
La présidente de la commission, Alba Stella Zuniga Ramos, a souligné la présence citoyenne importante, indiquant que deux salles sont nécessaires pour accueillir le nombre d’individus souhaitant poser leurs questions, incluant certaines qui n’ont pas été en mesure de rentrer.
Une période de 2 h est prévue, mais Mme Ramos pense que cela va déborder.