Ryan Friesen est en liberté au Canada pendant qu’il fait appel de sa condamnation au Mexique pour le féminicide de sa petite amie Kiara Agnew, âgée de 23 ans, survenu dans un complexe hôtelier «tout compris» en 2023.
Ce texte est une traduction d’une enquête en trois parties de W5 publiée via CTV News. Avertissement : contenu explicite.
Si un tribunal mexicain confirme cette condamnation, le Mexique pourrait demander au Canada d’extrader Friesen pour qu’il purge sa peine.
Le Mexique ne peut pas simplement ordonner au Canada de l’arrêter. Il devrait présenter une demande d’extradition officielle, ce qui déclencherait un long processus juridique ici.
Que se passerait-il si le Mexique demandait l’extradition de Ryan Friesen?
Une demande d’extradition d’un pays à un autre est confidentielle; il n’y aurait donc pas nécessairement d’annonce publique immédiate si le Mexique en faisait une.
«Le public ne saura pas quand l’État mexicain, ni même s’il le fait, présentera une demande au Canada», explique James Bray, avocat spécialisé en extradition à Toronto.
Si la demande était présentée, les autorités canadiennes demanderaient alors un mandat d’arrêt et placeraient Friesen en détention.
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Friesen pourrait demander à être libéré sous caution
Le fait d’être arrêté en vue d’une extradition ne signifie pas automatiquement que Friesen restera en prison au Canada pendant toute la durée de la procédure. Il pourrait demander à être libéré sous caution.
Mais Bray explique que la libération sous caution est souvent plus difficile à obtenir dans les affaires d’extradition que dans les affaires pénales ordinaires, surtout quand l’infraction en cause est grave.
«Les tribunaux ont tendance à prendre la libération sous caution encore plus au sérieux dans le cadre d’une extradition», a-t-il déclaré. «Les conditions sont généralement beaucoup plus contraignantes.»
Un juge canadien examinerait si la personne est susceptible de se présenter au tribunal, si elle représente un danger pour le public et si sa libération risquerait de nuire à la confiance du public dans l’administration de la justice.
Si la libération sous caution est accordée, les conditions peuvent inclure un suivi par GPS et l’assignation à résidence.

Le Canada ne rejugerait pas l’affaire mexicaine
La procédure d’extradition au Canada n’est pas un nouveau procès sur les éléments de preuve liés à la mort de Kiara.
Au lieu de ça, un juge canadien déterminerait si les conditions légales d’extradition sont remplies. L’affaire serait ensuite transmise au ministre fédéral de la Justice du Canada, qui prendrait la décision finale.
Les décisions d’extradition peuvent faire l’objet d’un recours jusqu’à la Cour suprême du Canada, mais ces recours aboutissent rarement.
«En général, il est assez difficile de s’opposer à une extradition», a expliqué Bray. «La présomption d’innocence ne s’applique pas.»
Pourquoi le Canada n’applique-t-il pas déjà la condamnation mexicaine ?
Le fait que Ryan Friesen ait été condamné au Mexique ne signifie pas que le Canada le traite comme quelqu’un qui a été condamné pour un crime commis au Canada.
Le Canada ne se contente pas d’appliquer le verdict pénal d’un autre pays.
«Ce qui se passe dans le système judiciaire mexicain est très différent de ce qui se passe au Canada», a affirmé Bray.
Et maintenant, qu’est-ce qui va se passer ?
On ne sait pas quand le tribunal mexicain rendra sa décision concernant l’appel de Ryan Friesen. Ça fait plus de quatre mois que le tribunal est saisi de l’affaire. Mais la décision pourrait encore prendre des mois, voire des années.
Si la condamnation est confirmée et que la procédure d’extradition est finalisée au Canada, Friesen serait transféré au Mexique pour une audience de détermination de la peine.
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Au Mexique, le crime de féminicide est passible d’une peine de prison de 50 à 80 ans.
Ryan Friesen n’a pas répondu aux demandes répétées de commentaires. Sa seule déclaration publique remonte à janvier 2026, quand, par l’intermédiaire de son avocat, il a clamé son innocence.

