Une immigrante sans statut qui a subi de la violence conjugale attend désespérément une réponse du ministère de l’Immigration du Canada pour rester au pays.
Arrivée au Québec en 2024, elle avait un permis de travail lié à son mari. Depuis leur divorce, elle n’a plus le droit de travailler.
Aujourd’hui, elle et sa fille, d’âge primaire, sont hébergées par des maisons d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale.
«J’ai vécu de la violence de la part de mon ex-mari. Quelqu’un m’a aidé à me sortir de cette situation. Depuis août 2024, je vis dans une maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, car je n’ai plus de travail», raconte la femme immigrante sous le couvert de l’anonymat pour sa sécurité et celle de sa fille.
L’immigrante n’est pas à l’abri de recevoir une lettre d’expulsion. Elle espère toutefois pouvoir rester au Canada. Pour elle, il est inconcevable de retourner dans son pays, car elle craint pour sa vie.
«C’est dangereux pour ma fille et moi de retourner dans mon pays. J’ai des menaces de la famille de mon ex-mari et de ma propre famille. Je ne peux pas retourner là-bas», explique-t-elle.
La porte-parole des maisons des femmes et enfants victimes de violence conjugale de Mégantic-L’Érable, Marie Therrien, confirme d’ailleurs que la dame a reçu des menaces concernant la garde de sa fille si elle retournait dans le pays d’où elle est native.
«Une femme divorcée peut avoir beaucoup de problèmes là-bas», mentionne la porte-parole en parlant de son pays d’origine qu’on ne peut pas nommer pour protéger l’identité de la dame.
L’immigrante a fait trois demandes pour un permis de séjour temporaire pour les victimes de violence familiale. Trois demandes qui ont toutes été refusées.
Le député impliqué dans le dossier, Luc Berthold, dénonce un manque de compassion dans ce dossier.
«Comment est-ce possible que des choses comme ça arrivent alors que la loi permet d’intervenir lorsque des familles ou enfants sont en danger?», déplore le député pour le Parti conservateur dans la circonscription Mégantic-L’Érable-Lotbinière.
Comme elle est sans statut, la femme vit avec une peur constante du renvoi. Cela lui cause de l’anxiété.
«Je suis tombé malade. J’ai arrêté de manger.»
L’immigrante garde toutefois espoir et espère que sa demande pour rester au pays sera analysée avec humanité.
Notons que selon le ministère de l’Immigration du Canada, les personnes faisant face à de telles situations peuvent avoir accès à certaines mesures prévues par la loi et les programmes d’IRCC. Il existe deux critères pour être éligible au permis de séjour temporaire pour les victimes de violence familiale. Le premier critère demande d’être en territoire canadien et être confronté à des violences conjugales pendant son séjour au pays. Pour le deuxième critère, il est pour les personnes qui souhaitent obtenir le statut de résident permanent et être actuellement dans une relation conjugale avec un époux ou un conjoint de fait dont dépend la démarche.
Selon le ministère, les demandes sont traitées avec beaucoup de sérieux et le plus rapidement possible. Le délai de traitement des demandes peut toutefois varier.
