Le meurtrier condamné au cœur d’une controverse à l’Université McGill est de nouveau en détention.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Alors que le Service correctionnel du Canada procède à une évaluation approfondie de son dossier, Jeffrey Ewert suivait des cours de droit à McGill depuis le début du semestre.
M. Ewert a été reconnu coupable de meurtre au deuxième degré et de tentative de meurtre pour des agressions commises en Colombie-Britannique en 1984, alors qu’il était dans la vingtaine.
Selon les dossiers judiciaires, il a étranglé et agressé sexuellement une jeune femme après lui avoir proposé de la raccompagner chez elle depuis un bar. Elle est décédée des suites de cette agression. Il a également roué de coups une adolescente de 15 ans, l’a étranglée, puis l’a jetée dans un fossé. Elle a été retrouvée le lendemain et a subi d’importants dommages cérébraux; elle est aujourd’hui aveugle et tétraplégique.
Sa présence sur le campus a suscité des divisions parmi les étudiants; une pétition demande qu’Ewert soit banni du campus, tandis qu’une autre réclame qu’on lui permette d’y revenir.
Le Service correctionnel du Canada (SCC) a indiqué qu’un mandat de suspension de la libération conditionnelle d’Ewert avait été émis et que «le délinquant a été remis en détention pendant qu’une évaluation plus approfondie de la situation est menée».
«Le SCC peut suspendre la libération conditionnelle d’un délinquant lorsqu’il existe des motifs raisonnables de croire que celui-ci a enfreint une condition de libération ou que le risque qu’il représente ne peut plus être géré en toute sécurité au sein de la collectivité», a affirmé Kevin Antonucci, porte-parole du Service.
«À la suite d’une suspension, le dossier est réexaminé conformément au processus décisionnel établi après la libération, ce qui peut inclure un examen plus approfondi par la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC).»
CTV News a communiqué avec l’avocate de M. Ewert, qui n’a fait aucun commentaire.
Le SCC a indiqué qu’il ne pouvait fournir d’autres renseignements concernant les circonstances précises ayant mené à la suspension, puisqu’il s’agit d’un dossier en cours.
«Le SCC évalue en permanence les renseignements obtenus tout au long de la période de surveillance communautaire d’un délinquant», a soutenu M. Antonucci. «
Lorsque des préoccupations surgissent concernant le comportement d’un délinquant, le respect des conditions de libération ou sa capacité à être pris en charge en toute sécurité au sein de la collectivité, le SCC prend les mesures qui s’imposent. Si le risque ne peut plus être géré en toute sécurité au sein de la collectivité, le SCC peut suspendre la libération du délinquant et le replacer en détention. Le SCC travaille en étroite collaboration avec ses partenaires afin de réagir rapidement lorsque les circonstances exigent une intervention.»

