Justice

Le meurtrier Benoit Desrosiers se voit refuser une demande de libération conditionnelle totale

La CLCC juge une telle libération «prématurée».

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Benoit Desrosiers se voit refuser une demande de libération conditionnelle totale Par Frédérica Fortin-Foster | Le meurtrier Benoit Desrosiers - qui a plaidé coupable en 1989 à Chicoutimi pour le meurtre d’une adolescente de 17 ans - s’est vu refuser mardi une demande de libération conditionnelle totale. La Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) a estimé qu’une libération conditionnelle totale serait «prématurée».

Le meurtrier Benoit Desrosiers - qui a plaidé coupable en 1989 à Chicoutimi pour le meurtre d’une adolescente de 17 ans - s’est vu refuser mardi une demande de libération conditionnelle totale.

La Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) a estimé qu’une libération conditionnelle totale serait «prématurée».

Dans son rapport sur la décision, transmis à Noovo Info vendredi, la CLCC reconnaît les progrès faits par Benoit Desrosiers au fil de son incarcération - notamment pour comprendre sa dynamique criminelle -, mais juge qu’il lui reste «un important travail à faire pour continuer à consolider ses acquis».

«Des permissions de sortie avec escorte doivent être privilégiées comme première étape de ce processus graduel, alors que vous êtes un homme fortement institutionnalisé», a souligné la CLCC dans son rapport.

Benoit Desrosiers pourra refaire une demande de libération conditionnelle dans 5 ans, soit en 2030.

Une grande criminalité

Surnommé à l’époque «le boucher de Chicoutimi», Benoit Desrosiers à plaidé coupable en 1989 d’avoir tué Virginie Pelletier, une adolescente de 17 ans de Saint-Fulgence au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Il purge depuis une peine à perpétuité.

Selon la version officielle du crime, détaillée dans le rapport de la CLCC, Benoit Desrosiers a usé d’un subterfuge pour attirer la victime sur son lieu de travail puis il a tenté d’avoir une relation sexuelle avec elle, mais il en a été incapable.

«Vous connaissiez les parents de la victime et, de peur qu’elle ne leur dénonce vos actes, vous l’avez assommée avec un marteau avant de la piquer à plusieurs reprises au cœur avec un tournevis. Quelques jours plus tard, vous avez débité le corps et avez dispersé les différentes parties dans divers endroits de la ville; certaines parties du corps n’ont jamais été retrouvées», relate la CLCC.

Desrosiers a été lié au meurtre plusieurs mois après les événements alors qu’il aurait tenté de répéter le même stratagème auprès d’une autre jeune fille.

Selon les écrits de la CLCC, Benoit Desrosiers aurait affirmé que son arrestation était la meilleure chose qui puisse lui arriver, «sinon il aurait pu devenir un meurtrier en série».

«Il est indiqué au dossier que vous avez avoué que le meurtre était prémédité, et que vous rêviez de tuer une femme depuis déjà plusieurs années. En effet, le meurtre représentait l’apogée d’une série de fantasmes particulièrement violents que vous entreteniez depuis l’enfance», indique-t-on.

Selon le rapport de la CLCC, Desrosiers aurait ainsi révélé une importante criminalité cachée en matière de délits à caractère sexuel, «incluant le voyeurisme, le frotteurisme et des introductions par effraction chez des femmes, notamment pendant qu’elles dormaient».

«Vous avez admis avoir épié plusieurs femmes et avoir volé des vêtements féminins. [...] Selon vos dires, vous auriez ainsi manipulé entre 30 et 50 femmes», a-t-on écrit.

Desrosiers a affirmé à la Commission des libérations conditionnelles du Canada qu’il reconnaissait pleinement ses délits et ses fantasmes déviants, mais qu’il n’avait plus ce type de pulsion.

Aujourd’hui âgé de 68 ans, Desrosiers est détenu dans un établissement à sécurité minimale depuis octobre 2024 et il réside dans une unité d’habitation.