Reconnu coupable de tentative de meurtre sur sa fille aînée, Kamaljit Arora écope d’une peine de huit ans de prison.
C’est la décision rendue lundi par le juge Alexandre Bien-Aimé Bastien au palais de justice de Laval.
La procureure de la Couronne Me Claudia Carbonneau réclamait une peine de 14 ans de prison alors que la suggestion de des avocates d’Arora, Me Élise Pinsonnault et Catherine Ranalli, était de deux à quatre ans.
La peine maximale pour le délit de tentative de meurtre est l’emprisonnement à perpétuité.

Kamaljit Arora a aussi reçu une peine de 12 mois d’emprisonnement pour avoir étranglé sa femme.
Dans ce cas, la Couronne avait suggéré une peine de deux ans d’emprisonnement et la défense 10 mois. La peine maximale pour l’infraction d’agression par strangulation est de 10 ans d’emprisonnement.
Facteurs aggravants et atténuants
Le juge Alexandre Bien-Aimé a considéré plusieurs facteurs aggravants pour le choix des peines de Kamaljit Arora notamment le fait que les gestes posés envers sa fille et sa femme constituaient des abus envers un partenaire intime et un membre de la famille.
Le juge a aussi pris en compte, entre autres, le degré de sophistication du plan d’Arora pour tuer sa fille aînée et les impacts des crimes sur les victimes.
Le juge a aussi considéré le fait que les crimes ont eu lieu dans la maison familiale comme un facteur aggravant.
«La maison familiale est un endroit où [la mère et la fille] auraient dû se sentir en sécurité. M. Arora leur a enlevé cela», a partagé le juge lors de la lecture de la sentence.
Comme facteurs atténuants, le juge Bien-Aimé a cité l’absence de condamnation antérieure et le fait que M. Arora avait un emploi stable au moment des faits, «suggérant un potentiel de réhabilitation».
Dans son compte-rendu de la sentence, le juge a par ailleurs souligné qu’il accordait peu de poids à l’expression de remords de l’accusé.
«Il a simplement déclaré qu’il se sentait désolé pour sa femme et sa fille survivante, mais a exprimé le même sentiment pour ses parents et amis qui l’ont soutenu tout au long du processus judiciaire. […] La Cour ne peut pas conclure que M. Arora ne ressent pas au moins un peu de regret pour ce qu’il a fait à sa femme et à sa fille survivante. Cependant, elle constate que sa principale source de détresse reste le fait qu’il n’a pas réussi à échapper aux conséquences de ses actions comme il l’avait initialement prévu», a-t-il partagé.
Notons que le tribunal a décliné l’invitation de la défense à considérer l’état mental de Kamaljit Arora au moment des faits comme étant un facteur atténuant.
Calcul de la détention préventive
Kamaljit Arora a purgé à ce jour 1323 jours de prison. Compte tenu du calcul de détention préventive, ce nombre est rehaussé par le tribunal à 1985 jours.
La peine nette d’Arora pour tentative de meurtre sur sa fille aînée est donc de 937 jours, soit 30 mois et 24 jours. La peine sera purgée concurremment avec les deux chefs d’accusation de meurtre prémédité dont a été reconnu coupable Arora.
Concernant la peine de 12 mois pour l’agression par strangulation, elle sera à purger en même temps que les autres chefs d’accusation.
En tenant compte de la détention préventive, l’accusé a toutefois déjà purgé sa peine.
«M.Arora a déjà purgé sa peine pour le chef d’accusation quatre [agression par strangulation]. Cependant, étant donné que la peine de temps purgé ne semble pas exister dans le droit canadien, une peine d’un jour d’emprisonnement sera imposée», a précisé le juge Bien-Aimé dans sa décision.
Le juge impose également à Arora une interdiction à vie de posséder des armes à feu, des arbalètes, des armes prohibées, des armes restreintes, des dispositifs prohibés, des munitions prohibées et des substances explosives.
Il lui est également interdit de communiquer directement ou indirectement avec sa fille aînée et son ex-femme ainsi qu’avec leurs proches.
Le Tribunal a finalement ordonné que l’ADN d’Arora soit prélevé.
La prison à vie pour le meurtre de deux enfants
Kamaljit Arora purge déjà une peine d’emprisonnement à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans, pour le meurtre prémédité de deux de ses enfants.
Le père de famille a empoisonné, ligoté puis noyé son fils de 11 ans et sa fille de 13 ans en octobre 2022 dans leur maison familiale du quartier Sainte-Dorothée à Laval.
Il aurait ensuite tenté de s’enlever la vie.
C’est la grande sœur des victimes qui a fait la macabre découverte. La mère de famille est arrivée sur les lieux peu de temps après le drame.
Arora aurait alors tenté de s’en prendre à elles.
Après plusieurs reports d’audience au palais de justice de Laval en octobre 2022, l’homme a dû subir une évaluation psychiatrique. Il aura finalement été jugé apte à comparaître devant la cour par l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel.
Si Arora a admis dans une déclaration écrite adressée au tribunal qu’il avait tué ses enfants, il indiquait aussi qu’il n’avait aucun souvenir des événements.
Son procès avait débuté en février dernier.

