Justice

La Couronne réclame 14 ans de prison pour Kamaljit Arora pour avoir tenté de tuer sa fille aînée

L’homme purge déjà une peine de 25 ans de prison pour le meurtre de son fils de 11 ans et de sa fille de 13 ans.

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Un véhicule de police devant une maison à Laval au Québec Kamaljit Arora a été reconnu coupable du meurtre au premier degré de sa fille de 13 ans et de son fils de 11 ans. Photo prise à Laval le mardi 18 octobre 2022. (Ryan Remiorz | La Presse canadienne)

La procureure de la Couronne au procès de Kamaljit Arora réclame une peine de 14 ans de prison pour tentative de meurtre sur sa fille aînée et une peine de deux ans d’emprisonnement pour avoir étranglé son épouse.

Les observations sur la peine ont eu lieu jeudi devant le juge Alexandre Bien-Aimé Bastien, au palais de justice de Laval.

La procureure a aussi demandé au juge d’imposer à Arora une ordonnance de prélèvement d’ADN et une interdiction de contact avec sa fille aînée, son ex-femme et les membres de leur famille élargie.

La procureure a mis de l’avant plusieurs éléments aggravants pour appuyer sa proposition de sentences, notamment le fait que le crime a été commis envers sa partenaire intime et sa fille.

La procureure a aussi soutenu que l’accusé avait abusé de sa position de confiance et d’autorité envers les victimes et que les impacts de ces gestes étaient importants, notamment sur sa fille qui était à peine majeure au moment des faits.

De son côté, la défense réclame quatre ans de prison pour la tentative de meurtre et 10 mois pour l’accusation d’étranglement.

Kamaljit Arora est détenu depuis le 17 octobre 2022, soit depuis un peu plus de trois ans et demi.

25 ans de prison pour le meurtre de deux de ses enfants

Kamaljit Arora a été reconnu coupable du meurtre prémédité de son fils de 11 ans et de sa fille de 13 ans en mars dernier. Il a écopé d’une peine d’emprisonnement à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Arora a ligoté et empoisonné ses enfants avant de les noyer. Le drame est survenu en octobre 2022 à l’intérieur de la maison familiale du quartier Sainte-Dorothée, à Laval.

C’est la grande sœur des victimes qui a fait la macabre découverte alors que la mère de famille est arrivée sur les lieux peu de temps après le drame.

«Un cauchemar»

La fille aînée d’Arora, qui a survécu à une tentative de meurtre, a pris la parole jeudi dans le cadre des observations pour la peine visant son père.

«Jamais je n’aurais imaginé devoir faire une chose pareille un jour, et être séparée d’eux [son frère et sa soeur] si tôt», a-t-elle exprimé devant le juge Bien-Aimé Bastien.

La jeune femme a raconté que même trois ans et demi après le drame, il lui arrivait de se réveiller en sursaut en raison de cauchemars ou encore d’avoir de la difficulté à se rendormir.

La jeune fille a beaucoup insisté sur le décès de son jeune frère et de sa jeune sœur.

«En tant que sœur, les trouver ainsi ce jour-là a été la chose la plus difficile que j’ai jamais eue à faire. Je déteste que ce soit moi qui aie dû les découvrir et appeler les secours. Le pire c’est qu’il était trop tard […]», a-t-elle témoigné.

C’est un véritable cauchemar à vivre. Non seulement pour moi, mais aussi pour ma mère et toute ma famille élargie. Ils vivent encore dans la détresse. [...] Ils étaient si innocents et ne méritaient rien de tout cela. [...] J’essaie d’aller de l’avant, mais la douleur est toujours là. Quoi qu’il en soit, je ne pense pas que tu aurais dû décider de qui vivait et qui mourait.

—  Extrait du témoignage de la fille aînée de Kamaljit Arora lors des représentations sur la peine au palais de justice de Laval

Kalmajit Arora a aussi pris la parole.

«Je meurs chaque jour. [...] Ces enfants étaient les miens et ceux de personne d’autre. Ils faisaient partie de mon coeur», a-t-il dit.

Kamaljit Arora a fait appel de son verdict de culpabilité. «Qui croit encore à mon innocence?», a-t-il lancé jeudi.

«Je n’ai jamais tué un cafard de ma vie et maintenant on m’accuse d’avoir tué mes propres enfants. [...] La peine de 25 ans ne représente rien pour moi comparée à ce que je vis actuellement», a-t-il souligné.

Le juge Alexandre Bien-Aimé Bastien rendra sa décision sur la sentence de Kamaljit Arora pour les chefs d’accusation de tentative de meurtre et d’étranglement le 1er juin prochain.