Justice

Homicide à l’Orange Julep: huit ans de prison pour celui qui a donné le coup de pied à la victime

Un juge condamne des actes «répugnants» commis lors d’une agression mortelle.

Publié le 

Orange Julep fight Un homme a été transporté à l'hôpital dans un état critique le 1er juin 2023 après avoir été roué de coups dans le stationnement de l'Orange Julep, à Montréal. Crédit image | Cosmo Santamaria/CTV News

Un homme de 26 ans a été condamné à huit ans de prison pour son rôle dans le passage à tabac mortel d’un père de deux enfants devant le restaurant Orange Julep, à Montréal.

Nedjem Eddine Khirat a été reconnu coupable d’homicide involontaire le mois dernier; il est le troisième homme à être condamné à la suite du décès d’Andrei Petuhov, âgé de 50 ans.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News

M. Petuhov est décédé des suites de ses blessures deux jours après avoir été violemment roué de coups dans le stationnement de l’Orange Julep, le 31 mai 2023, à la suite d’une altercation avec un groupe de jeunes hommes.

Mardi, le juge Dennis Galiatsatos, de la Cour supérieure, a affirmé que M. Khirat bénéficierait d’un crédit de détention préventive, ce qui signifie qu’il purgera une peine de sept ans et 11 mois de prison.

Andrei Petuhov Andrei Petuhov. (Courtoisie)

Il a prononcé sa sentence en présence des familles de l’accusé et de la victime. Le juge a qualifié les actes de Khirat de «tout simplement répugnants» lorsqu’il a donné des coups de pied à Petuhov alors que celui-ci gisait déjà inerte au sol.

«Il a agi par pure agression. Sa culpabilité morale est très lourde, et ses actes doivent être fermement condamnés.»

—  Extrait de la décision du juge Dennis Galiatsatos

«Pour aggraver encore les choses, après avoir gravement blessé Petuhov, Khirat et ses amis se sont enfuis des lieux, laissant la victime livrée à elle-même sans faire le moindre effort pour appeler à l’aide. L’agression s’est caractérisée par une violence extrême et le comportement de Khirat par la suite s’apparentait à une célébration.»

Khirat doit fournir un échantillon de son ADN et il lui est interdit de posséder des armes dans le cadre de sa peine.

Lorsque le juge Galiatsatos a déclaré Khirat coupable le 3 juin 2026, il a estimé que sa version des faits n’était pas crédible. Il a également rejeté son argument selon lequel il avait eu peur et avait agi en légitime défense lorsqu’il avait asséné un coup de pied «violent» et «gratuit» au corps inerte de Petuhov, «comme s’il s’agissait d’un ballon de soccer». L’agression a été filmée par une caméra de surveillance.

«La version de Khirat repose sur une réalité alternative qui exige de mettre de côté le bon sens et d’ignorer les preuves vidéo, lesquelles sont, après tout, indépendantes et objectives», a écrit le juge Galiatsatos dans son jugement.

«L’accusé n’a pas agi en légitime défense. Il a agi sous l’emprise de la colère, de la frustration et de la fanfaronnade. Il a pleinement participé à l’agression mortelle et, par conséquent, est coupable d’homicide involontaire.»

Il a également menti à la police lors de son interrogatoire «afin d’éviter les conséquences fâcheuses de ses actes».

«Douleur insupportable»

Dans sa déclaration de la victime, l’épouse de M. Petuhov, Sandra Mastronunzio, a écrit que la perte de son mari lui avait causé une douleur «insupportable» et que sa mort avait laissé un vide immense dans sa vie et celle de ses enfants.

«Andrei était un père, un mari, un beau-frère, un ami et un collègue aimant; il aimait ses enfants de tout son cœur et les soutenait lorsqu’ils en avaient besoin. Mes enfants ont perdu leur père, leur héros, ils ne le reverront plus jamais», a-t-elle écrit.

«La vie de mon mari n’était pas qu’une simple statistique; c’était un homme irremplaçable, travailleur et extraordinaire qui aimait la vie et dont la vie a été fauchée à l’âge de 50 ans.»

M. Petuhov a fait don de ses organes, sauvant ainsi trois vies, «et pour nous, il restera toujours un vainqueur», a-t-elle ajouté.

Avant son procès, Khirat n’avait pas de casier judiciaire.

Mardi, le juge a émis des doutes quant aux chances de réinsertion de Khirat après avoir purgé sa peine. S’il a reconnu que le procès et la peine d’emprisonnement lui rappelleraient constamment qu’il doit éviter les confrontations, sa conduite pendant et après l’agression «révèle sa véritable nature, marquée par des valeurs antisociales profondément ancrées».

La conclusion du procès marque la fin de l’affaire Orange Julep, puisque deux autres hommes ont déjà été reconnus coupables dans cette agression mortelle.

Ismail Karaoui, qui a porté le premier coup à Petuhov, a été arrêté en France à la suite de l’agression et extradé vers le Canada pour y répondre de ses actes. Il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt à l’échelle du Canada et à l’échelle internationale après s’être enfui de la scène du crime.

Il a plaidé coupable d’homicide involontaire et a été condamné à un peu moins de deux ans de prison, après qu’on lui eut accordé un crédit pour le temps déjà passé en détention préventive. Il sera également soumis à une période de probation de deux ans après sa libération, assortie de plusieurs conditions. Il lui est en outre interdit de posséder des armes et il doit fournir un échantillon de son ADN.

Yasser Sali a plaidé coupable d’avoir été complice après le fait d’une agression grave et d’avoir été complice après le fait de l’homicide de Petuhov après avoir appris, le 9 juin 2023, que la victime était décédée. Il a été condamné à un peu moins de deux ans de prison.