MONTRÉAL — La Cour supérieure du Québec a autorisé le lancement d'une action collective contre Uber concernant ses frais d'annulation.
Les avocats de la plaignante principale, Valérie Ohayon, affirment que l'entreprise enfreint la Loi sur la protection du consommateur du Québec en n'indiquant pas explicitement dans ses conditions d'utilisation qu'un montant fixe sera facturé en cas d'annulation.
Ils affirment que les conditions d'utilisation d'Uber indiquent seulement que des frais d'annulation peuvent s'appliquer.
Mme Ohayon s'est vu facturer 5,75 $ après que son fils mineur eut commandé puis annulé les services de transport d’Uber par l'application en 2022. La plaignante réclame des dommages-intérêts d'un montant non précisé, ainsi que le remboursement des frais d'annulation pour tous les membres admissibles de l'action collective. Elle demande également à Uber de mettre fin à cette pratique «trompeuse».
Uber nie ces allégations et a fait valoir à La Presse Canadienne dans un courriel que les frais d'annulation sont clairement indiqués aux utilisateurs dans l'application avant qu'ils ne procèdent à l'annulation.
Joey Zukran, l’un des avocats représentant Mme Ohayon, a déclaré lors d’une entrevue que cette affaire avait trouvé un écho auprès du public et que son cabinet avait été submergé d’appels depuis la publication de l’avis de l'action collective vendredi matin.
«Quiconque a utilisé Uber n'importe où dans le monde a déjà été confronté à ces frais, a-t-il noté. Étant donné que ces frais ne sont pas mentionnés dans le contrat… qu'est-ce qui les empêche de facturer 10, 20 ou 30 $ de plus?»
L'avocat a soutenu que l'entreprise profitait de sa position dominante sur le marché pour bafouer ses responsabilités envers les consommateurs, qui lui confient leurs informations de carte de crédit.
Outre le fait de tromper les utilisateurs avec sa politique de frais d'annulation, Uber facture également des frais lorsque aucun service n'a été fourni, a déclaré M. Zukran. «Si vous avez commandé un taxi et que vous ne montez pas à bord, ils ne vous facturent pas, car ils ne vous ont pas fourni de service», a-t-il fait valoir.
La poursuite vise également le service de livraison de repas d’Uber. Certains utilisateurs qui annulent leur commande — par exemple après s’être rendu compte qu’ils avaient inscrit une mauvaise adresse — peuvent parfois se voir facturer le montant total de la commande et les frais de livraison, a indiqué M. Zukran. Ces frais sont également omis dans les conditions d’utilisation, souligne-t-il, ajoutant que la situation est «tout à fait injuste pour le consommateur, car il n’a pas reçu la nourriture, et celle-ci n’a même pas été livrée».
Toute personne au Québec qui a été facturée après avoir annulé une course Uber ou une commande Uber Eats depuis 2019 est automatiquement incluse dans l'action collective.
Erika Morris, La Presse Canadienne
