Le Conseil de discipline du Barreau du Québec étudiera vendredi matin une requête en suspension ou limitation provisoire du droit d’exercer concernant l’avocat Daniel Rochefort, visé par 11 chefs d’accusation en lien avec des crimes de nature sexuelle.
Le Conseil de discipline est un tribunal administratif du Barreau indépendant dans l’exécution de ses fonctions qui entend toutes les plaintes contre les avocats qui sont déposées devant lui.
Comme Rochefort demeure détenu dans l’attente de son procès, l’audience aura lieu par vidéoconférence.
«Si la requête est accueillie, Me Rochefort pourrait se voir imposer une suspension ou une limitation provisoire de son droit d’exercer, soit une mesure provisoire qui permet de protéger le public dans un dossier où des procédures judiciaires en cours peuvent prendre plusieurs années», a précisé le Barreau dans un courriel envoyé à Noovo Info.
«La radiation permanente et l’amende sont des sanctions possibles à l’issue du processus disciplinaire émanant d’une plainte disciplinaire déposée devant le Conseil de discipline et pour lequel le syndic doit faire la preuve de ce qui est reproché à l’avocat.»
Piégé par un policier
Daniel Rochefort a été arrêté par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) le 7 mai dernier alors qu’il aurait communiqué en ligne avec un agent de police infiltré se faisant passer pour une fillette de 12 ans. Il a été accusé de leurre et de production de matériel pédopornographique.
Après l’arrestation de l’homme de 72 ans, le SPVM a lancé un appel au public afin de retrouver d’autres victimes potentielles. Selon l’enquête policière, Daniel Rochefort aurait contacté une enfant de moins de 14 ans sur Instagram sous le pseudonyme «dannyrock16752» et sur Snapchat sous le nom «dannyrock201721», ainsi que sur d’autres plateformes.
Dans un autre dossier, il fait face à neuf autres chefs d’accusation dont contacts sexuels, incitation à des contacts sexuels et agression sexuelle.
La médiatisation de l’affaire Rochefort a mis en lumière le congédiement de l’avocat par l’Université de Montréal en 2022 en raison de harcèlement sexuel. Daniel Rochefort était alors chargé de cours.
Une ex-étudiante de l’avocat a d’ailleurs confié à Noovo Info dans les dernières semaines que Rochefort aurait eu de nombreux comportements déplacés à son endroit, allant de regards inappropriés à des contacts physiques non consentis. Les faits se seraient déroulés lors de l’été 2011, dans le cadre d’un cours en droit du travail à l’Université de Montréal.
L’attention médiatique portée à la cause judiciaire de Daniel Rochefort a aussi fait ressortir des éléments du passé du civiliste qui le plaçaient régulièrement auprès de femmes et d’adolescentes, notamment dans des concours de beauté.
Depuis l’ouverture de son enquête, le SPVM traite de nouvelles plaintes. L’enquête du SPVM s’étend sur une vingtaine d’années. Il n’est pas exclu que d’autres accusations soient déposées contre le septuagénaire.

