Une ex-étudiante qui a eu comme chargé de cours Daniel Rochefort en 2011 allègue que l’avocat a eu de nombreux comportements déplacés à son endroit, allant de regards déplacés à des contacts physiques non consentis. Elle a raconté son histoire à Noovo Info.
Les faits se seraient déroulés lors de l’été 2011, dans le cadre d’un cours en droit du travail à l’Université de Montréal (UdeM).
«Des gens m’ont dit de faire attention […] Que ce professeur était reconnu pour avoir la réputation de coucher avec ses étudiantes», a expliqué Isabelle Nicolas lors de l’entrevue avec Noovo Info. «Je me disais que c’était une réputation, que ce n’était pas nécessairement vraiment […], mais dès le début j’ai été une de ses proies dans la manière dont il me parlait et qu’il me regardait», a assuré Mme Nicolas.
M. Rochefort, qui avait une relation de pouvoir sur l’étudiante, a proposé à l’étudiante de l’aide en dehors des heures de classe pour la soutenir pour son examen de fin de session. «Je me suis rapidement rendu compte que ce n’était pas une invitation pour m’aider dans mon droit du travail».
Il aurait par la suite eu de nombreux comportements déplacés à l’endroit de la jeune femme, notamment lors d’une fête où il aurait enlevé son soulier pour lui caresser la jambe lors d’un moment où les deux se sont retrouvés seuls.
«Il me disait : “tu me plais, tu le sais. Est-ce que je peux espérer qu’il va se passer quelque chose”», a-t-elle raconté à Noovo Info. Devant le refus de ses avances, Daniel Rochefort serait devenu très bête et aurait quitté le bar où ils se trouvaient.
La période précédant l’examen final a été stressante pour la jeune femme qui s’est fait corriger son examen en personne par Rochefort. «Il m’a donné une bonne note en me fixant en voulant dire : “je te donne une bonne note, mais arrange-toi pour ne pas parler de ce qui est arrivé», a conclu Mme Nicolas, qui confirme son intention de formellement porter plainte à la police contre l’ex-chargé de cours.
Congédié de son poste en 2022
Daniel Rochefort, qui était de retour au palais de justice de Montréal concernant de multiples accusations de nature sexuelle, a été congédié de son poste de chargé de cours à l’UdeM en 2022 en raison de harcèlement sexuel, a pu confirmer Noovo Info.
Selon un jugement du Tribunal d’arbitrage consulté par Noovo Info, M. Rochefort a fait l’objet d’une plainte officielle par au moins une étudiante pour «son comportement […] lors d’activités universitaires».
La plainte s’appuyait aussi sur le comportement répréhensible de l’avocat envers plusieurs autres étudiantes qui sont toutefois restées anonymes.
Les premières plaintes auraient été reçues par les autorités de l’UdeM dès 2017-2018, menant à une suspension en 2020.
Il a finalement été congédié en 2022 de son poste de chargé de cours à la Faculté des arts et des sciences ainsi qu’à la Faculté de l’éducation permanente après que le Comité de discipline de l’UdeM a conclu que M. Rochefort a contrevenu à la Politique contre le harcèlement.
M. Rochefort a contesté la décision, mais selon nos informations, il aurait abandonné la procédure.
L’avocat réputé a reconnu «avoir adressé certains compliments à des étudiantes […] Mais il a nié avoir adopté des comportements de flirt ou des comportements déplacés», poursuit-on dans le jugement.
Selon lui, ses agissements n’étaient que de simples «remarques spontanées destinées à se montrer courtois». Il a aussi affirmé ne jamais ressentir le «moindre malaise et ajoute que, s’il en avait constaté un, il aurait immédiatement cessé».
De nombreuses accusations
L’avocat montréalais, qui doit répondre de plusieurs accusations d’ordre sexuel impliquant une mineure, a été arrêté après avoir prétendument communiqué en ligne avec un agent de police infiltré se faisant passer pour une fillette de 12 ans.
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) recherche désormais d’autres victimes potentielles après avoir arrêté Daniel Rochefort, âgé de 72 ans, le 7 mai.
La police affirme qu’il a contacté une enfant de moins de 14 ans sur Instagram sous le pseudonyme «dannyrock16752» et sur Snapchat sous le nom «dannyrock201721», ainsi que sur d’autres plateformes.
Depuis son arrestation, il a été inculpé de nouvelles infractions, notamment d’atteinte sexuelle, d’incitation à des attouchements sexuels et d’agression sexuelle.
Il est également accusé de leurre d’enfant et d’un chef d’accusation de production de matériel pédopornographique à la suite d’une enquête menée par les unités chargées de l’exploitation sexuelle et des agressions sexuelles du SPVM.
Rappelons que Daniel Rochefort a été impliqué dans différentes Commissions d’enquête publique, entre autres, sur l’industrie de la construction au Québec et sur le scandale des commandites au niveau fédéral.
Avec de l’information de Marie-Christine Bergeron et Émilie Dupras pour Noovo Info

