Le président Donald Trump a ordonné jeudi à l’armée américaine de «tirer pour tuer» les petits bateaux iraniens qui posent des mines dans le détroit d’Ormuz. Cette annonce survient au lendemain d’une nouvelle démonstration par l’Iran de sa capacité à entraver la circulation dans ce passage.
Donald Trump a publié ce message sur les réseaux sociaux peu après que l’armée américaine a saisi un autre pétrolier impliqué dans la contrebande de pétrole iranien, exacerbant ainsi le bras de fer avec Téhéran au sujet du détroit par lequel transitent 20 % de l’ensemble du pétrole brut et du gaz naturel.
«J’ai ordonné à la Marine américaine de tirer pour tuer tout bateau, aussi petit soit-il (...) qui pose des mines dans les eaux du détroit d’Ormuz», a écrit le président américain, ajoutant que les dragueurs de mines américains «sont en train de nettoyer le détroit en ce moment même».
«J’ordonne par la présente que cette opération se poursuive, mais à un niveau triple !», a-t-il ajouté.
Donald Trump a également annoncé que le cessez-le-feu au Liban serait prolongé de trois semaines.
La décision de prolonger la trêve entre Israël et le groupe militant Hezbollah au Liban a été prise lors d’une réunion à la Maison-Blanche entre les ambassadeurs d’Israël et du Liban aux États-Unis.
Pendant ce temps, on ne savait toujours pas quand, ni même si les États-Unis et l’Iran se rencontreraient à nouveau dans la capitale pakistanaise, Islamabad, où des médiateurs tentent de rapprocher les pays pour parvenir à un accord diplomatique.
Les négociations initialement prévues pour cette semaine n’ont pas eu lieu. L’Iran insiste sur le fait qu’il ne participera pas tant que les États-Unis n’auront pas mis fin à leur blocus des ports et des navires iraniens. Du côté de Washington, on insiste pour que l’Iran rouvre le détroit au trafic international avant de reprendre les négociations.
Le pape Léon XIV, de retour d’un voyage en Afrique, a exhorté les États-Unis et l’Iran à reprendre les pourparlers pour mettre fin à la guerre.
Des forces américaines sur le pont d’un pétrolier
Le ministère de la Défense a diffusé jeudi matin une vidéo montrant des forces américaines sur le pont du pétrolier Majestic X, battant pavillon guinéen, qui a été saisi dans l’océan Indien.
Ces images ont été diffusées au lendemain d’une attaque menée par les Gardiens de la révolution, une milice paramilitaire iranienne, contre trois cargos dans le détroit, dont deux ont été capturés, un incident qui a ravivé les inquiétudes quant à la sécurité de la navigation dans cette voie maritime.
Le puissant chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholam Hossein Mohseni Ejei, a déclaré mercredi que trois «navires en infraction» dans le détroit avaient fait «l’objet de mesures coercitives».
«La démonstration de force des forces armées de l’Iran islamique dans le détroit d’Ormuz est une source de fierté», a-t-il écrit jeudi sur X, affirmant que les Américains «n’ont pas le courage» de s’approcher du détroit.
Les données de suivi des navires ont montré que le Majestic X se trouvait dans l’océan Indien, entre le Sri Lanka et l’Indonésie, à peu près au même endroit que le pétrolier Tifani, qui avait été saisi plus tôt par les forces américaines. Il faisait route vers Zhoushan, en Chine.
Le navire s’appelait auparavant Phonix et avait été sanctionné par le département du Trésor américain en 2024 pour avoir fait de la contrebande de pétrole brut iranien, en violation des sanctions américaines contre la République islamique.
L’Iran n’a pas immédiatement réagi à cette saisie.
Trump évoque une fracture au sein de la direction iranienne
Cette semaine, le président Trump a prolongé le cessez-le-feu afin de donner aux dirigeants iraniens plus de temps pour élaborer une «proposition unifiée» visant à mettre fin à la guerre, tout en maintenant le blocus américain des ports iraniens.
Dans un autre message publié jeudi, il a affirmé qu’une fracture au sein de la direction entre modérés et partisans de la ligne dure semait la confusion en Iran.
«L’Iran a beaucoup de mal à déterminer qui est son dirigeant! Ils n’en savent tout simplement rien!», a déclaré Donald Trump.
Le président a répété à plusieurs reprises, depuis le début du cessez-le-feu le 8 avril, que son équipe traitait avec des responsables iraniens désireux de conclure un accord, tout en reconnaissant que sa décision d’éliminer plusieurs hauts dirigeants avait entraîné des complications.
Le président iranien et le président de son Parlement ont publié des déclarations presque identiques sur les réseaux sociaux, affirmant que le pays ne comptait ni partisans de la ligne dure ni modérés.
«Nous sommes tous des Iraniens et des révolutionnaires», ont-ils soutenu.
S’adressant aux journalistes à la Maison-Blanche, Donald Trump a éludé les questions concernant le fait que le conflit dépasse le délai de quatre à six semaines que lui et ses conseillers avaient précédemment fixé pour la guerre.
«Je ne veux pas me précipiter», a-t-il dit.
Il a ajouté que les États-Unis avaient «neutralisé le pays» sur le plan militaire au cours des quatre premières semaines.
«À présent, nous nous contentons d’attendre et de voir quel accord peut être conclu. Et s’ils ne veulent pas conclure d’accord, alors je mettrai fin à tout cela par la force militaire», a lancé Donald Trump.
Il a assuré qu’il n’utiliserait pas d’arme nucléaire contre l’Iran.
Par ailleurs, l’armée américaine a indiqué qu’elle disposait désormais de trois porte-avions dans la région après l’arrivée de l’USS George H.W. Bush dans l’océan Indien. Un porte-avions se trouvait dans la mer d’Oman et un autre dans la mer Rouge, ont précisé des responsables militaires.