Conflit au Moyen-Orient

Le prix des préservatifs pourrait augmenter en raison du conflit au Moyen-Orient

Explications.

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Un employé emballe des préservatifs au siège social de Karex à Port Klang, en Malaisie, en septembre 2017. Manan Vatsyayana/AFP/ via CNN Newsource Un employé emballe des préservatifs au siège social de Karex à Port Klang, en Malaisie, en septembre 2017. Manan Vatsyayana/AFP/ via CNN Newsource

Le conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz perturbent les chaînes d’approvisionnement mondiales, ce qui entraîne une hausse du prix des carburants et bloquant l’accès à certaines matières premières. Cela pourrait également avoir un impact sur le prix et la production des préservatifs.

Dans une entrevue avec Reuters, le PDG de l’entreprise Karex, Goh Miah Kiat, a prévenu que les prix pourraient augmenter entre 20% à 30% dépendamment de la durée des perturbations liées à la situation géopolitique.

«La situation est clairement très fragile, les prix sont élevés», a-t-il dit.

«Nous n’avons d’autre choix que de répercuter ces coûts sur les clients dès maintenant.»

—  Goh Miah Kiat, PDG de Karex

Même si on ne sait pas encore quand exactement les prix augmenteront, M. Goh a précisé que les stocks pourraient tenir encore pour plusieurs mois.

L’Iran exclut une réouverture du détroit d’Ormuz Les tensions demeurent au Moyen-Orient, alors que l’Iran a exclu une réouverture du détroit d’Ormuz mercredi.

Outre la hausse des prix de fabrication et d’emballage, l’entreprise produisant des préservatifs, des lubrifiants, des gants, des cathéters médicaux et des housses de sonde, fait également face à des retards dans ses expéditions.

«Nous constatons qu’un nombre beaucoup plus important de préservatifs se trouvent actuellement à bord de navires qui ne sont pas encore arrivés à destination, alors qu’ils sont très demandés», a rapporté le dirigeant de l’entreprise basée en Malaisie, qui exporte vers plus de 130 pays.

Vers une pénurie de préservatifs?

Aux États-Unis, Global Protection Corp., une filiale de Karex située dans le Massachusetts, a constaté dans un communiqué diffusés par les médias américains, dont CNN, «une augmentation significative des coûts des ingrédients et des matériaux, due au conflit au Moyen-Orient, notamment à la fermeture du détroit d’Ormuz».

Depuis le début du conflit, l’entreprise observe des augmentations importantes au niveau des prix: de 20 % à 30 % pour les emballages, d’environ 30 % pour le latex, de 25 % pour le lubrifiant et jusqu’à 100 % pour le nitrile, utilisé dans les préservatifs sans latex.

«Mais si le détroit d’Ormuz reste fermé, non seulement nos coûts augmenteront encore davantage, mais nous risquons de nous retrouver face à une pénurie de préservatifs en raison du manque de matières premières»

—  Davin Wedel, PDG de Global Protection Corp. via un communiqué obtenu par CNN

«Notre objectif reste de maintenir les préservatifs disponibles à des prix abordables, mais le conflit au Moyen-Orient menace de rendre cette mission impossible», a dit M. Wedel, évoquant aussi l’enjeu lié aux droits de douane imposés par l’administration Trump à plusieurs pays.

Au-delà des coûts directs de production, la hausse du prix du pétrole pourrait également affecter la chaîne d’approvisionnement. Certaines matières premières, utilisées pour fabriquer du plastique ou d’autres matériaux, comme le naphta, l’huile de silicone et l’amoniac, subissent également des pénuries.

La responsable mondiale du secteur pétrole et gaz chez KPMG, Angie Gildea a affirmé que 41% du naphta asiatique provenait du Moyen-Orient et que cela pourrait forcer les fabricants à augmenter les prix.

Certains analystes craignent d’ailleurs que la production de préservatifs soit ralentie en raison du rationnement du carburant dans certains pays asiatiques. Par exemple, certains employés pourraient avoir de la difficulté à se rendre aux usines de production.