Conflit au Moyen-Orient

Trump menace de suspendre ses relations commerciales avec l'Espagne

«Nous ne voulons plus avoir affaire à l’Espagne.»

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President Donald Trump speaks during a meeting with German Chancellor Friedrich Merz in the Oval Office at the White House, Tuesday, March 3, 2026, in Washington. (AP Photo/Mark Schiefelbein) Le président Donald Trump s'exprime lors d'une réunion avec le chancelier allemand Friedrich Merz dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, mardi 3 mars 2026, à Washington. (Mark Schiefelbein/The Associated Press)

Le président américain Donald Trump a menacé mardi de mettre fin aux échanges commerciaux avec l’Espagne, invoquant le manque de soutien de ce pays à l’égard des attaques américaines et israéliennes contre l’Iran et sa réticence à augmenter ses dépenses au sein de l’OTAN.

«Nous allons mettre fin à tous nos échanges commerciaux avec l’Espagne», a déclaré M. Trump aux journalistes lors d’une réunion dans le bureau Ovale avec le chancelier allemand Friedrich Merz. «Nous ne voulons plus avoir affaire à l’Espagne.»

Les commentaires du président américain sont intervenus au lendemain de la déclaration du ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, selon laquelle son pays n’autoriserait pas les États-Unis à utiliser les bases exploitées conjointement dans le sud de l’Espagne pour des frappes non couvertes par la charte des Nations unies. M. Albares a souligné que les bases militaires en Espagne n’avaient pas été utilisées lors de l’attaque contre l’Iran cette fin de semaine.

M. Trump a déclaré que, malgré le refus de l’Espagne, «nous pourrions utiliser leur base si nous le voulions. Nous pourrions simplement y atterrir et l’utiliser. Personne ne nous empêchera de l’utiliser, mais nous n’avons pas à le faire».

On ne sait pas comment M. Trump pourrait interrompre les échanges commerciaux avec l’Espagne, étant donné que ce pays est membre de l’Union européenne. L’UE négocie les accords commerciaux au nom des 27 pays membres.

«Si l’administration américaine souhaite revoir l’accord commercial, elle doit le faire en respectant l’autonomie des entreprises privées, le droit international et les accords bilatéraux entre l’Union européenne et les États-Unis», a soutenu mardi un porte-parole du bureau du premier ministre espagnol, Pedro Sánchez.

L’UE a indiqué qu’elle attendait de l’administration Trump qu’elle honore l’accord commercial conclu l’année dernière en Écosse avec les 27 pays membres.

«La Commission veillera toujours à ce que les intérêts de l’Union européenne soient pleinement protégés», a déclaré le porte-parole de la Commission européenne, Olof Gill.

Il s’agit là du dernier exemple en date de l’utilisation par le président de la menace de droits de douane ou d’embargo commercial comme sanction, alors qu’une décision de la Cour suprême a récemment invalidé les droits de douane mondiaux imposés par M. Trump.

Si la Cour a déclaré que la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux n’autorise pas le président à imposer unilatéralement des droits de douane généralisés, M. Trump soutient désormais que la Cour lui permet d’imposer à la place des embargos à grande échelle aux autres nations de son choix.

Mardi, M. Trump s’est également plaint à nouveau de la décision prise l’année dernière par l’Espagne de renoncer à l’objectif de 5 % de dépenses de défense fixé par l’OTAN. À l’époque, l’Espagne avait déclaré qu’elle pouvait atteindre ses capacités militaires en consacrant 2,1 % de son PIB à la défense, une décision que M. Trump avait vivement critiquée et à laquelle il avait également répondu par des menaces de droits de douane.

Selon le président américain, l’Espagne est «le seul pays de l’OTAN qui n’accepterait pas de passer à 5 %» dans les dépenses de l’OTAN. «Je ne pense pas qu’ils aient accepté d’augmenter quoi que ce soit. Ils voulaient rester à 2 % et ils ne paient même pas les 2 %.»

M. Merz a fait remarquer que M. Trump avait raison et a ajouté: «Nous essayons de les convaincre que cela fait partie de notre sécurité commune, que nous devons tous nous y conformer.»

L’Espagne a défendu sa position mardi, un porte-parole du premier ministre ayant affirmé qu’elle est «une membre clé de l’OTAN, qui respecte ses engagements et apporte une contribution significative à la défense du territoire européen».

M. Sánchez a critiqué les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran, les qualifiant d’intervention militaire «injustifiable» et «dangereuse». Son gouvernement a exigé une désescalade immédiate et un dialogue. Il a également condamné les frappes iraniennes dans la région.